Monde

Un ado à l'origine de l'attentat le plus meurtrier de l'année en Turquie

Repéré par Mélissa Bounoua, mis à jour le 21.08.2016 à 18 h 47

Repéré sur The Guardian, Libération, BBC

Le jeune homme avait entre 12 et 14 ans, selon les déclarations du dirigeant turc Recep Tayyip Erdogan, qui parle d'«attentat» pour qualifier l'explosion survenue lors d'un mariage à Gaziantep au sud du pays.

Un jeune homme regarde les impacts de balle sur une façade de Gaziantep en Turquie, le 21 août 2016 | ILYAS AKENGIN / AFP

Un jeune homme regarde les impacts de balle sur une façade de Gaziantep en Turquie, le 21 août 2016 | ILYAS AKENGIN / AFP

L'explosion a fait au moins 50 morts et une centaine de blessés samedi soir lors d'un mariage organisé à Gaziantep, non loin de la frontière entre la Turquie et la Syrie. La fête du mariage était organisée à l'extérieur dans un quartier kurde de la ville prisé par les étudiants, précise la BBC.

Comme notre journaliste Ariane Bonzon le rappelait après l'attentat du 12 janvier à Istanbul (avant un autre attentat à l'aéroport de la ville fin juin qui a fait 44 morts), Daech ne revendique pas les attentats en Turquie. Mais le président Recep Tayyip Erdogan a expliqué qu'il porte «probablement» la signature du groupe Etat islamique. «C'est un kamikaze âgé de 12 à 14 ans qui soit s'est fait exploser, soit portait des explosifs actionnés à distance», a-t-il affirmé lors d'une conférence de presse, rapportent les agences citées par Le Monde. La justice soulignant que des restes de veste explosive ont été retrouvés sur les lieux.

«Je tiens à le souligner une nouvelle fois: il n’y a aucune différence entre FETO, qui a tué 240 citoyens le soir du 15 juillet lors de la tentative de coup d’État, le PKK qui, au cours de ce dernier mois, a assassiné 70 membres de nos forces de sécurité, et Daech, probable auteur de ce nouvel attentat», avait-t-il lancé plus tôt dans un communiqué.

Un «bain de sang»

«Ils ont transformé notre mariage en bain de sang», raconte la mariée, Besna Akdogan, en larmes à l'agence de presse Anatolie. «Tout le monde est dévasté. Nous ne pouvons pas organiser les funérailles parce que les corps sont en pièce. L'identification est difficile à mener», raconte au New York Times Hilmi Karaca, un militant kurde qui a vu l'explosion samedi soir un peu avant 23 heures. «Nous vivons dans un endroit où les mères pleurent leurs enfants morts quelques heures seulement après avoir pleuré de joie à leur mariage.»

La proximité de Gaziantep avec la Syrie peut expliquer cette attaque. Comme le note Yohanan Benhaim, doctorant à Paris 1 Panthéon-Sorbonne, interrogé par Libération:

«Il s'agit de la ville turque la plus touchée par le conflit syrien en raison de sa proximité avec la frontière. L'impact a été démographique –on dénombre plusieurs centaines de milliers de Syriens sur place–, mais aussi économique. (...) C’est aussi une ville où l’Etat islamique a des réseaux particulièrement importants, des cellules que l'Etat turc démantèle depuis un an. Le groupe y a déjà commis des enlèvements et des assassinats sur les activistes syriens.»

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