Monde

Un ado à l'origine de l'attentat le plus meurtrier de l'année en Turquie

Temps de lecture : 2 min

Le jeune homme avait entre 12 et 14 ans, selon les déclarations du dirigeant turc Recep Tayyip Erdogan, qui parle d'«attentat» pour qualifier l'explosion survenue lors d'un mariage à Gaziantep au sud du pays.

Un jeune homme regarde les impacts de balle sur une façade de Gaziantep en Turquie, le 21 août 2016 | ILYAS AKENGIN / AFP
Un jeune homme regarde les impacts de balle sur une façade de Gaziantep en Turquie, le 21 août 2016 | ILYAS AKENGIN / AFP

L'explosion a fait au moins 50 morts et une centaine de blessés samedi soir lors d'un mariage organisé à Gaziantep, non loin de la frontière entre la Turquie et la Syrie. La fête du mariage était organisée à l'extérieur dans un quartier kurde de la ville prisé par les étudiants, précise la BBC.

Comme notre journaliste Ariane Bonzon le rappelait après l'attentat du 12 janvier à Istanbul (avant un autre attentat à l'aéroport de la ville fin juin qui a fait 44 morts), Daech ne revendique pas les attentats en Turquie. Mais le président Recep Tayyip Erdogan a expliqué qu'il porte «probablement» la signature du groupe Etat islamique. «C'est un kamikaze âgé de 12 à 14 ans qui soit s'est fait exploser, soit portait des explosifs actionnés à distance», a-t-il affirmé lors d'une conférence de presse, rapportent les agences citées par Le Monde. La justice soulignant que des restes de veste explosive ont été retrouvés sur les lieux.

«Je tiens à le souligner une nouvelle fois: il n’y a aucune différence entre FETO, qui a tué 240 citoyens le soir du 15 juillet lors de la tentative de coup d’État, le PKK qui, au cours de ce dernier mois, a assassiné 70 membres de nos forces de sécurité, et Daech, probable auteur de ce nouvel attentat», avait-t-il lancé plus tôt dans un communiqué.

Un «bain de sang»

«Ils ont transformé notre mariage en bain de sang», raconte la mariée, Besna Akdogan, en larmes à l'agence de presse Anatolie. «Tout le monde est dévasté. Nous ne pouvons pas organiser les funérailles parce que les corps sont en pièce. L'identification est difficile à mener», raconte au New York Times Hilmi Karaca, un militant kurde qui a vu l'explosion samedi soir un peu avant 23 heures. «Nous vivons dans un endroit où les mères pleurent leurs enfants morts quelques heures seulement après avoir pleuré de joie à leur mariage.»

La proximité de Gaziantep avec la Syrie peut expliquer cette attaque. Comme le note Yohanan Benhaim, doctorant à Paris 1 Panthéon-Sorbonne, interrogé par Libération:

«Il s'agit de la ville turque la plus touchée par le conflit syrien en raison de sa proximité avec la frontière. L'impact a été démographique –on dénombre plusieurs centaines de milliers de Syriens sur place–, mais aussi économique. (...) C’est aussi une ville où l’Etat islamique a des réseaux particulièrement importants, des cellules que l'Etat turc démantèle depuis un an. Le groupe y a déjà commis des enlèvements et des assassinats sur les activistes syriens.»

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