Monde

Le site de streaming de la Corée du Nord n'aura rien à voir avec Netflix

Temps de lecture : 2 min

La dictature de Kim Jong-un s'apprête à lancer un service de streaming. Une étrange annonce dans un pays où l'accès à internet est rare et très limité.

Un écran de télévision montre Kim Jong-Un à Séoul en Corée du Nord, le 6 mai 2016 | JUNG YEON-JE / AFP
Un écran de télévision montre Kim Jong-Un à Séoul en Corée du Nord, le 6 mai 2016 | JUNG YEON-JE / AFP

Les abonnés à Netflix du monde entier peuvent regarder The Interview, film de Seth Rogen et Evan Goldberg racontant l'improbable voyage de deux hommes qui ont une chance d'interviewer le dirigeant de la Corée du Nord. Selon une annonce faite sur Korea Central Television (la chaîne de télévision nord-coréenne) la semaine dernière, un service de streaming va être lancé dans le pays. Peu de chance qu'il ressemble à Netflix en revanche, et encore moins d'y voir voir ce film que Sony avait eu bien du mal à diffuser à sa sortie.

Les habitants de Corée du Nord pourront regarder des programmes sur cinq chaînes différentes grâce à un boîtier baptisé «Manbang» (qui veut dire «partout» en coréen), souligne Forbes d'après un article de NK News, un site américain qui traite de l'actualité en Corée du Nord. Parmi les programmes disponibles: des documentaires (validés par l'État), l'actualité de Kim Jong-un ou des articles du journal Rodong Sinmum. Toute la programmation serait supervisée par les autorités. Rien à voir donc avec les services de streaming que l'on connaît où l'on peut trouver séries et films du monde entier.

Du streaming sans internet?

Cette annonce semble d'autant plus surprenante que l'accès à internet est très rare en Corée du Nord. Sur 25,2 millions d'habitants, seules trois millions de personnes ont un téléphone portable (souvent le moyen privilégié d'accéder à internet dans les pays en développement), selon Amnesty International. Mais ils ne peuvent pas naviguer sur internet et ceux qui s'y risquent peuvent finir en prison, toujours selon l'ONG. La Corée du Nord a en effet un département dédié, le «bureau 27», à la détection de ces utilisations (coups de fil à l'étranger et navigation sur internet). La navigation via un ordinateur est toute aussi compliquée. Les quelques sites où l'on peut se rendre permettre d'échanger des e-mails ou portent sur le pays. La Banque mondiale estime à zéro le nombre de serveurs sécurisés par million d'habitants qui permettraient à la population de se connecter.

Les Nord-Coréens pourront à la fois regarder les cinq chaînes en direct (dont KCTV, Mansudae Television, Ryongnamsan TV) et chercher parmi les programmes (seul point commun avec les autres services de streaming).

Interrogé par Forbes, Steven Weber, professeur de sciences politiques à l'université de Californie à Berkeley, est sceptique quant à la faisabilité du service puisque «si vous avez une box sur votre télévision, elle doit forcément se connecter au réseau via un câble ou le Wi-fi (...) Les Iraniens comme les Nord-coréens ont bien dû mal à se connecter à internet parce que les deux pays souhaiteraient vraiment avoir un internet national et non mondial.»

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