Sciences

Ne pas ressembler à ses parents peut être un gage de survie

Temps de lecture : 2 min

Pour certaines plantes du genre Nicotiana, l'hybridation génère une morphologie moins sélective pour les pollinisateurs.

Papillons | benjamine scalvenzi via Flickr CC License by
Papillons | benjamine scalvenzi via Flickr CC License by

Chez les humains, quand des enfants rompent avec leurs parents, c'est souvent une affaire de style ou de mode de vie. Chez les plantes à fleurs, la disjonction peut être bien plus cruciale sur un plan existentiel, vu qu'elle permet aux nouvelles générations de mettre toutes les chances de leur côté en matière de survie.

Selon une étude menée par des chercheurs en sciences biologiques et chimiques de l'Université Queen Mary, à Londres, ce phénomène touche particulièrement certaines espèces du genre Nicotiana, auquel appartient le tabac.

Contrairement aux cellules des humains qui sont diploïdes –avec deux exemplaires de chacun de leurs 23 chromosomes, paire formée d'un côté par l'apport génétique maternel et de l'autre par le paternel lors de la fécondation–, celles de ces fleurs sont polyploïdes, avec trois ou quatre versions d'un même chromosome. Par conséquent, ce sont des végétaux où les hybrides sont très fréquents et, contrairement aux idées reçues nées de l'observation des mulets ou des bardots, tout à fait féconds.

Une astuce

Et ce qu'on remarqué les scientifiques, c'est qu'au lieu de ressembler à leurs parents, ces hybrides ont tendanciellement des fleurs aux corps plus courts et aux calices plus larges. Une astuce qui leur permettrait de contourner les culs-de-sac évolutifs en les rendant moins tributaires d'un pollinisateur spécifique.

De fait, ce genre de relation particulière entre une plante et son pollinisateur, aujourd’hui décrite sous le terme de «coévolution», est très courante chez les fleurs. Darwin avait même été le premier à estimer qu'une orchidée, l'étoile de Madagascar, devait sa morphologie à son pollinisateur, un papillon au proboscis extrêmement long. Il fallut attendre 1903 –soit vingt-et-un an après la mort du naturaliste à l'origine de la théorie de l'évolution– pour que ce papillon soit découvert, et l'hypothèse de Darwin empiriquement confirmée.

Le problème, c'est que si la coévolution peut avoir ses avantages, comme toute relation fusionnelle, elle peut avoir de gros inconvénients, notamment quand l'un des deux membres du couple vient à disparaître. Les hybrides Nicotiana peuvent avoir trouvé la solution: en devenant moins sélectifs que leurs ancêtres, ils diminuent aussi les risques que l'extinction d'une espèce de pollinisateur signe la leur.

Slate.fr

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