Sciences / Histoire

L'étrange histoire du sac baladeur de la mission Apollo 11

Temps de lecture : 2 min

Drôle d'imbroglio lunaire que le périple de ce sac ramené de la Lune en 1969 pour être d'abord volé, récupéré puis de nouveau cédé (par erreur!) par la Nasa.

Le 20 juillet 1969, Neil Armstrong, Michael Collins et Buzz Aldrin rangeaient quelque vingt kilos de précieux échantillons de Lune dans des sacs de textile blanc, zippés, longs d'environ 30cm et portant l'inscription «LUNAR SAMPLE RETURN».

Une fois nos astronautes de retour sur Terre à la fin de la mission Apollo 11, que sont devenus ces sacs? Classés dans les archives de la Nasa (qui vient d'annoncer sa décision d'offrir un accès public à ses recherches par le biais d'un site dédié) ou exposés dans divers musées spécialisés. Du moins, c'est ce que tout le monde imaginait jusqu'à ce jour de 2003, lorsque le sac qui nous intéresse a été retrouvé dans un garage.

A la Cosmophère d'Hutchinson, dans le Kansas, le «Hall of Space» fait figure d'attraction majeure. On peut notamment admirer dans l'Apollo Gallery véhicules lunaires, modules de commande, capsules spatiales ou des vêtements et du matériel utilisé par les cosmonautes au cours des différentes missions du programme Apollo à travers les décennies.

L'ancien directeur de la Cosmophère, Max Ary, lui-même collectionneur avisé, s'était approprié une série de souvenirs de missions lunaires prêtés par la Nasa. L'enquête menée à partir de 2003 avait permis de récupérer des objets encore stockés dans un garage, dont le sac qui avait contenu les précieux fragments de Lune. Entre-temps, Ary avait écoulé une partie de son butin aux enchères, dont un autre sac à échantillons, vendu pour la somme de 24.150 dollars en 2001.

Max Ary a écopé d'une peine d'emprisonnement, avec l'obligation de retourner au gouvernement les 132.274 dollars qu'avaient rapporté les ventes successives d'articles détournés. Sa collection personnelle, saisie par la Nasa, devait permettre de rembourser la dette. Le petit sac blanc était au nombre des trésors listés.

Le personnel de l'agence spatiale a alors commis une erreur qui allait entraîner de cocasses complications: le sac déniché a été attribué à la mission Apollo 17, la dernière qui, en décembre 1972, avait transporté des hommes sur la Lune. Le supposé vestige d'une aventure d'exception s'est alors vu étiqueté, au cours d'une vente aux enchères spécialisée dans la conquête de l'espace, d'une mise à prix supérieure à 42.000 dollars. La maison de ventes texane Gaston & Sheehan, mandatée par le gouvernement, a vu à plusieurs reprises le lot «ravalé»: un petit sac déchiré ne trouvait pas preneur. À nouveau listé en 2015, sans précision sur sa provenance cette fois, le sac a été acheté par une certaine Nancy Carlson pour 995 dollars.

L'acheteuse, qui voulait en avoir le cœur net, a décidé d'envoyer pour authentification le sac blanc déchiré, supposément porteur de poussière de Lune, à la Nasa –tout en conservant chez elle l’enveloppe de mousseline qui s'y trouvait. Elle a ainsi adressé son emplette à Ryan Zeigler, responsable du département des échantillons estampillés Apollo du Johnson Space Center à Houston, au Texas. Stupéfait, Zeigler s'est rendu à l'évidence: non seulement le sac était authentique, mais il provenait de la première mission ayant vu l'homme poser un pied sur la lune.

L'affaire du sac baladeur serait-elle passée inaperçue si Nancy Carlson n'avait pas été avocate de profession? Plongée dans la confusion, la Nasa a décidé de conserver le sac, arguant par le biais de ses avocats qu'il s'agissait d'un «trésor national» qui n'aurait jamais dû changer de mains. Ceux-ci ont proposé à Nancy Carlson de la rembourser, de prendre à leur charge les frais d’acheminement et d'ajouter un millier de dollars en guise de dédommagement. Carlson a refusé l'offre sous le prétexte que la saisie n'était pas justifiée ni préalablement notifiée et qu'elle n'était en aucun cas responsable de la panade dans laquelle le gouvernement s'était fourré. Avant de déposer une plainte, le 27 juin dernier, contre Ziegler et Charles Bolden (adminsistrateur de la Nasa), pour que le sac lui soit retourné, accompagné d'une compensation. La Nasa a alors attaqué à son tour, le 3 août, Max Ary: l'ancien directeur de la Cosmophère, sorti de prison, est désormais... le directeur du Stafford Air & Amplifier Space Museum en Oklahoma.

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