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Simone Biles, reine des JO et d’internet

Grégor Brandy, mis à jour le 19.08.2016 à 9 h 44

La gymnaste américaine est aussi à l'aise avec des barres asymétriques qu'avec un smartphone.

Simone Biles, le 16 août 2016. Toshifumi KITAMURA / AFP

Simone Biles, le 16 août 2016. Toshifumi KITAMURA / AFP

Hors du monde de la gymnastique, peu de gens avaient entendu parler de Simone Biles avant ces Jeux olympiques. Un peu moins de deux semaines plus tard, la gymnaste américaine va pouvoir quitter Rio avec quatre médailles d'or, une de bronze et un statut de nouvelle «petite fille de l'Amérique».

Il faut dire que, comme prévu, la jeune femme de 19 ans a dominé ces épreuves de la tête et des épaules. Avant le début de la compétition, le New York Times a publié un superbe long format sur la gymnaste, détaillant notamment son mouvement caractéristique (le «Biles»), lors de sa routine au sol:

De quoi impressionner une bonne partie de la planète. À tel point qu'au jeu des comparaisons, on a ressorti Nadia Comaneci, la mythique gymnaste roumaine, médaillée d'or aux JO de Montreal en 1976, avec une note parfaite de 10, le premier de l'histoire, alors qu'elle n'avait que 14 ans.

Mais Simone Biles n'est pas qu'une athlète exceptionnelle. Comme l'indique Quartz, «elle nous a montrés que les adolescentes peuvent être à la fois des athlètes sérieuses et qui rigolent, et qui aiment s'amuser. Et ses victoires ont particulièrement résonné chez les femmes noires un peu partout dans le pays, sur fond de relations raciales tendues aux États-Unis».

Tout le monde aime Simone Biles

La jeune américaine a réussi à être aimée par tout le monde. Tout d'abord parce que son histoire est extraordinaire:

«Les États-Unis ont fait connaissance avec la triple championne du monde en titre au concours général –un record– il y a quelques années déjà. Dans les médias, son histoire a ému. Une fillette de 3 ans contrainte de quitter sa mère, en proie à l’alcool et à la drogue, pour grandir avec son grand-père maternel et la compagne de celui-ci. L’enfant trouvera en son entraîneur, Aimee Boorman, une “seconde mère”.»

Depuis sa love story avec les États-Unis n'est jamais retombée. Et cela ne risque pas de changer. Comme le raconte Le Monde, Biles a beau avoir été utilisée par Hillary Clinton, elle préfère se tenir éloignée du débat politique et ne pas s'exprimer sur ce terrain-là:

«David Barron, reporter au Houston Chronicle, attribue ce comportement à son jeune âge et à sa portée nationale: “Elle représente tout le monde, elle représente le pays.”»

Ainsi, quand un élu essaie de tirer profit des succès de l'Américaine, on lui tombe dessus.

Et si tout cela marche si bien, c'est aussi parce qu'elle a su créer le parfait storytelling. Elle sait utiliser les réseaux sociaux (Facebook, Twitter, Instagram, Snpachat) pour montrer les coulisses de sa vie de championne olympique: comme lorsqu'une alarme incendie a retenti et qu'elle a tout laissé derrière elle, à l'exception d'une médaille d'or qu'elle tenait fermement dans sa main (avec son smartphone dans l'autre).

 

Ou lorsqu'elle a publié cette vieille photo d'elle en compagnie de sa compatriote Laurie Hernandez, alors qu'elle devait s'affronter à la poutre le lendemain:

Ou lorsqu'elle réagit comme n'importe quelle adolescente qui rencontre la star de ses rêves, Zac Efron, après avoir eu quelques conversations avec lui sur Twitter qui ont fait sourire jusqu'au très sérieux Mediaite.

 

Une athlète qui a l'air sincère

Résultat, elle est devenue la gymnaste que les médias aiment s'arracher. Et quand elle rend hommage à son pays, qu'elle félicite sa meilleure amie, ou qu'elle quitte précipitemment une interview pour aller observer les performances de ses compatriotes et amis, tout le monde fond. Parce qu'elle a l'air véritablement sincère et pas pilotée par une équipe de communication.

En l'espace de deux semaines, Simone Biles a donc explosé aux yeux du monde entier, remporté quatre titres olympiques, été comparée à la plus grande gymnaste de l'histoire, fait la une du plus grand magazine sportif, et développé un culte autour d'elle. Difficile de faire mieux pour ses premiers Jeux.

Grégor Brandy
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Journaliste
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