Boire & manger

Les Américains doivent cesser d'utiliser le nom de nos fromages!

Repéré par Mélissa Bounoua, mis à jour le 19.08.2016 à 12 h 39

Repéré sur The Awl

Les fromages produits aux États-Unis ont beau porter le nom de spécialités italiennes, grecques ou françaises, ils ne correspondent pas toujours aux normes européennes.

Une femme porte un chapeau en forme de fromage lors de la Convention du parti démocrate organisée à Philadelphie, le 27 juillet 2016 | Nicholas Kamm / AFP

Une femme porte un chapeau en forme de fromage lors de la Convention du parti démocrate organisée à Philadelphie, le 27 juillet 2016 | Nicholas Kamm / AFP

Les amateurs de parmesan n'aimeront peut-être pas leur fromage préféré s'ils en mangent aux États-Unis. Il y a en effet de forte chance que le fromage d'origine italienne n'ait pas le goût attendu. Même chose pour les amoureux de feta. Et l'Europe estime que cela ne peut plus durer: le texte du Partenariat transatlantique de commerce et d'investissement (TTIP) argumente en faveur d'une interdiction pour les marques américaines d'utiliser ces noms s'ils ne correspondent aux normes qui définissent ces fromages grec et italien, et plus généralement européens. Depuis le début des négociations autour de ce texte en 2013, les vendeurs de fromage tremblent de l'autre côté de l'Atlantique. 

La France encadre déjà le nom de certaines de ses spécialités comme le Roquefort depuis 1925. La Grèce précise depuis 1930 que la feta doit absolument associer du lait de brebis à du lait de chèvre d'une certaine région et dans certaines quantités pour obtenir ce nom. En 1992, l'Europe a réuni ces différentes règles pour créer le label Appellation d'origine contrôlée et protéger les noms des spécialités régionales à travers l'Union européenne. Cela s'applique aujourd'hui à 180 fromages dont le brie, le gruyère, le camembert, le gouda... Et l'idée est aujourd'hui d'étendre la protection outre-Atlantique, ce que propose un nouveau texte en 2014, précisent les Américains de The Awl

Des milliards de dollars

Soixante-dix utilisations de noms sont abusives, selon Massimo Vittori, le directeur du groupe de défense des appelations régionales oriGIn, basé à Genève et interrogé par The Awl. Les fabriquants de fromage américains ne peuvent pas donner de chiffre précis mais parlent d'un secteur qui rapporte des milliards et qui risque de perdre beaucoup si les noms changent. Ils insistent en disant que de nombreux producteurs et agriculteurs seront menacés.

Face à la pression –les Américains ont même créé un Consortium for Common Food Names (en français, «Consortium pour les noms communs donnés aux produits alimentaires»)–, l'Europe ne cède pas, 78 règles protégeant les fromages européens figurent dans le TTIP.

L'auteur de l'article souligne pourtant qu'il serait bon que les fermiers américains soient fiers de leurs produits et se détournent de la récupération des noms européens pour promouvoir les bons fromages de leur pays. Les Américains ayant des problèmes de santé liés à leur alimentation, il serait bon qu'ils connaissent mieux l'origine de ce qu'ils mettent dans leurs assiettes.

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