Monde

Pour se relancer, Trump embauche le dirigeant d'un média d'extrême droite

Repéré par Claire Levenson, mis à jour le 18.08.2016 à 7 h 02

Repéré sur Media Matters, Washington Post

Avant d'être embauché par Donald Trump comme directeur de campagne, Steve Bannon était le président de Breitbart News, un site conservateur qui a récemment viré à l'extrême droite.

Alors que l'ancien directeur de campagne de Donald Trump, Paul Manafort, était censé modérer et contenir l'impulsivité du candidat républicain, Steve Bannon, qui vient d'être recruté pour le remplacer, est plutôt d'avis qu'il faut encourager Trump à se lâcher au maximum. 

Sur CNN, le journaliste Brian Stelter a ainsi résumé l'impact de cette nouvelle embauche: 

«Tous les coups seront permis. Nous allons voir les idées les plus extrêmes, les idées les plus à droite remonter à la surface.» 

Steve Bannon, qui est un soutien enthousiaste de Trump depuis le début de sa campagne , est un ancien officier de la marine et ancien banquier chez Goldman Sachs qui est aussi l'auteur de plusieurs documentaires, dont un particulièrement élogieux sur Sarah Palin. Son ami Andrew Breitbart, qui a fondé le site conservateur Breitbart News, dont Bannon était jusqu'à cette semaine président exécutif, avait dit de lui qu'il était en quelque sorte le «Leni Riefenstahl du Tea Party», en référence à la cinéaste du Troisième Reich, auteure du Triomphe de la volonté et des Dieux du stade.

Depuis un an environ, Breitbart News, sous l'égide de Bannon, a une ligne éditoriale de plus en plus proche de l'extrême-droite. Ben Shapiro, un ancien journaliste du site, qui a démissionné en mars dernier, a écrit que «sous le leadership de Bannon, Breitbart a commencé à soutenir ouvertement les suprémacistes blancs de la droite alternative», (soit l'Alt-Right, un mouvement d'extrême droite en rebellion contre l’establishment républicain).

En mars dernier, un journaliste du site a par exemple écrit un article pour défendre des nationalistes blancs comme Jared Spencer, qui soutient l'idée que les Afro-Américains sont génétiquement prédisposés à être des criminels... Ce même journaliste a récemment été banni de Twitter pour avoir écrit un article sur le film Ghosbusters qui a entraîné une vague de harcèlement raciste contre l'actrice noire Leslie Jones.

Ces derniers jours, Breitbart News colporte des rumeurs absurdes sur les supposés problèmes de santé d'Hillary Clinton, qui serait atteinte de crises d'épilepsie et peut-être de démence. A chaque fois que la candidate démocrate trébuche, les articles insinuent qu'elle est trop malade pour être présidente.

Plusieurs journalistes qui travaillent pour Breitbart ont déclaré à la presse que le site était devenu une publication de propagande pro-Trump et que chaque article sur Trump devait être approuvé par la direction. Depuis peu, le site s'est également mis à vendre des t-shirts avec le message «Compagnie Breitbart de construction du mur», en référence au projet de mur annoncé par Trump. Le site Media Matters rapporte aussi que certains des articles publiés utilisent des mots homophobes comme «pédé» dans les titres. 

Le fait que le directeur de cette publication soit désormais à la tête de la campagne de Trump indique que le candidat républicain ne veut absolument pas modérer son discours, bien au contraire. Comme le rapporte le Daily Beast, plusieurs figures de l'extrême-droite américaine se sont rapidement réjouies de l'arrivée de Bannon dans l'équipe de Trump.

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