Sports

Être disqualifié après un faux-départ, horrible et à la fois tellement humain

Temps de lecture : 2 min

L’athlétisme applique désormais la tolérance zéro en matière de faux-départ. Si cela peut paraître injuste aux yeux de beaucoup, c’est aussi un moyen d’éviter tout abus.

Wilhem Belocian après sa disqualification au premier tour du 110m haies à Rio, mardi 16 août 2016. Franck Fife/AFP
Wilhem Belocian après sa disqualification au premier tour du 110m haies à Rio, mardi 16 août 2016. Franck Fife/AFP

Image atroce que celle de Wilhem Belocian s’écroulant au sol après sa disqualification au premier tour du 110m haies à Rio, mardi 16 août. Sa faute: avoir décollé ses pieds du starting-block quelques dizièmes de secondes trop tôt. Les règles en athlétisme sont strictes: un faux-départ est immédiatement sanctionné par la disqualification du coureur. Mais cela n’a pas toujours été le cas, comme le rappelle Slate.com.


L’Association internationale des fédérations d’athlétisme (IAAF) a modifié à deux reprises les règles à appliquer en matière de faux-départs, les rendant toujours plus strictes. Pendant de très longues années, les coureurs n’étaient disqualifiés qu’après leur deuxième faux-départ. Ce fut le cas du britannique Linford Christie, dit le Sphynx, en final du 100m aux JO d’Atlanta de 1996. Cette course reste d’ailleurs dans les annales, puisque les athlètes ont dû attendre le quatrième départ pour se lancer, après les deux faux-départs de Christie et celui d’Ato Boldon, coureur originaire de Trinité-et-Tobago.

Sans doute pour éviter que cette situation ne se reproduise, l’IAAF durcit les règles en 2003: désormais, un seul faux-départ est autorisé par course. Mais cette nouvelle règle pose problème car elle peut être détournée à mauvais escient. Certains sprinteurs sont plus lents que d’autres au démarrage. En faisant un faux-départ calculé, un coureur plus lent pourrait conduire les plus rapides à calmer leurs ardeurs par peur d’une disqualification. D’autant plus que bouger le pied dans le premier dixième de seconde après le coup de feu est déjà considéré comme un faux-départ. Pareille faute avait disqualifié Jon Drummond en quart de finale des Mondiaux de 2003, entraînant des images mémorables (et une course retardée d'une heure).

Pour limiter ces abus, en 2010, l’IAAF abat sa dernière carte et met en place la règle actuelle: un seul faux-départ, et c’est terminé. Usain Bolt est l’un des plus célèbres à en avoir fait les frais, disqualifié aux Mondiaux de 2011. Ironie du sort, il était l’un des premiers à avoir applaudi la nouvelle règle.

L'Association peut d’ailleurs être fière, car désormais, les faux-départs se sont largement raréfiés: 33 aux JO de Pékin en 2008 contre 10 seulement aux Mondiaux de 2011, un an après la mise en place de cette nouvelle règle.

Toutefois, faire un faux-départ est beaucoup plus facile qu’on ne le croit. Pour s’en rendre compte, il suffit de se tester grâce au petit jeu du Wall Street Journal. L'auteure de cette article a effectué trois faux-départs sur cinq (et pour les deux autres, elle était super lente, justement par peur d'en faire un).

En savoir plus:

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