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Vos posts Facebook ne changeront vraiment pas l’opinion de vos amis

Repéré par Vincent Manilève, mis à jour le 17.08.2016 à 11 h 44

Repéré sur WIRED, The Verge

Une étude américaine montre l’inefficacité des messages politiques publiés sur les timelines.

Dislike |Global panorama via Flickr CC License by

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Il vous est peut-être déjà arrivé de ressentir le besoin, lorsqu’une information vous indigne, d’exprimer votre colère ou votre soutien sur votre mur Facebook (citons par exemple la loi Travail ou plus récemment le burkini). Et puis, en constatant un nombre de likes et de commentaires relativement élevé, vous finissez par être convaincus que votre message est passé et a pu faire basculer l’opinion de certains de vos camarades.

Sauf que, si l’on en croit un récent article du site Wired, qui cite une étude d’une entreprise spécialisée dans le marketing sur les réseaux sociaux, vos colères n’ont aucun effet sur l’opinion de vos contacts. Aux États-Unis, un sondage réalisé auprès de 10.000 personnes sur Facebook, avec des opinions politiques diversifiées et équilibrées, a montré que «94% des Républicains, 92% des Démocrates et 85% des indépendants disent n’avoir jamais changé leur opinion sur un débat après avoir lu un post Facebook». Pire, ces personnes estiment que les réseaux sociaux ne sont pas le bon endroit pour parler politique.

Il y aussi d’autres effets, plus pernicieux, causés par ce genre de publications. «La majorité des Républicains et des Démocrates disent juger leurs amis selon ce qu’ils écrivent sur les réseaux sociaux à propos de la politique. De plus, 12% des Républicains, 18% des Démocrates et 9% des indépendants qui ont répondu ont dit avoir supprimé quelqu’un à cause de ces posts.» Donc non seulement les posts politiques ne permettent pas d’alimenter un débat, mais en plus ils séparent les personnes ayant des opinions divergentes.

«Au final, quoi que j’essayais d’accomplir, cela échouait»

Au début du mois, un contributeur du site The Verge expliquait ainsi regretter d’avoir pris part au débat politique sur son mur Facebook. «Certains répondaient sans mots, écrit-il, relayant seulement des liens renvoyant vers des sites dont je n’ai jamais entendu parler et qui ne semblaient exister que pour satisfaire et cajoler des intérêts de niche. Des sites où l’opinion est plus valorisé que les faits (j’ai vérifié). […] J’ai aussi réalisé que vous pouvez “gagner” un débat politique sans avoir forcément raison.» «Au final, quoi que j’essayais d’accomplir, cela échouait», avoue-t-il finalement, dépité par sa tentative de créer un dialogue.

Ce genre de constat rejoint les précédentes études réalisées sur le sujet, que Slate.fr évoquait déjà à l’époque, où des chercheurs avaient trouvé une «spirale du silence» sur Facebook, qui pousse les gens aux opinions différentes de la majorité à ne pas exprimer la leur et alimentant un entre-soi dommageable pour les discussions.

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