Boire & manger

Contre le gaspillage, des amendes pour les clients qui ne vident pas leur assiette

Temps de lecture : 2 min

Plusieurs restaurants offrant des formules à volonté ont mis en place ce système en Allemagne. Et ça marche.

Saumon/thon | Alpha via Flickr CC License by
Saumon/thon | Alpha via Flickr CC License by

Au restaurant Yuoki, à Stuttgart, les clients viennent de loin pour commander le fameux menu «Taste 120», qui a fait la réputation ce restaurant asiatique spécialisé dans la cuisine japonaise. Pour 12,95 euros le midi et 23,50 euros le soir, ils peuvent commander autant de plats qu'ils le veulent durant 120 minutes. Mais gare à ceux qui auraient les yeux plus gros que le ventre. Le patron de l'établissement, Guoyu Luan, fait payer une amende d'un euro symbolique aux clients qui ne finissent pas leur assiette, rapporte l'hebdomadaire Der Spiegel.

«Cela s'appelle “Tout ce que tu peux manger”, pas “Tout ce que tu peux jeter”, explique Guoyu Luan au magazine Stern. À la maison, d'ailleurs, les gens ne font pas ça.»

Pour ce restaurateur établi depuis plusieurs décennies en Allemagne qui explique avoir grandi en Chine dans une famille modeste «où nous étions très économes vis-à-vis de la nourriture», ce gaspillage est un non-sens. Et sa méthode marche, puisqu'il dit avoir très peu de clients qui laissent des restes. Il est ainsi passé de 6 à 7 kilos de déchets alimentaires par soirée à 1,5 kilo.

L'argent qu'il récolte auprès de ceux qui continuent à gaspiller, en moyenne 60 à 70 euros par mois, est reversé à des organisations caritatives qui organisent des distributions de nourriture.

Guoyu Luan n'est pas le seul à lutter contre le gaspillage, souligne Stern:

«Dans toute l'Allemagne, de plus en plus de restaurants tentent de discipliner les clients goulus, observe-t-on à la fédération hôtelière allemande. Les pionniers sont les restaurants asiatiques All you can eat, comme le Yuoki, le Mahlzeit à Hambourg, le Okinii à Dusseldorf ou l'Himalaya à Menden, dans le Sauerland. Les amendes sont plus ou moins sévères: le Yangste, à Hürth, dans la région du Rhin, exige deux euros pour 100 g de nourriture en trop, le Sushi am Ring, à Cologne, jusqu'à six euros par portion qui est rendue.»

En 2013, le site internet du quotidien région Rheinische Post consacrait un reportage à l'un de ces établissement qui luttent contre le gaspillage, l'Okinii, à Dusseldorf, lui aussi spécialisé dans la nourriture japonaise. Dans ce restaurant, les plats froids qui n'ont pas été entièrement mangés sont facturé un euro au client à la fin du repas, les plats chauds, deux euros. «Il ne s'agit pas de gagner de l'argent avec ça. Nous voulons seulement ne pas gaspiller tant de nourriture», expliquait le patron, Tien Tran, rappelant qu'il utilise des produits de grande qualité, tels le thon frais, pour préparer les sushis servis dans son restaurant.

En Allemagne, rappelle Stern, près de 10 millions de tonnes de nourriture finissent à la poubelle chaque année. Près d'un tiers proviennent de la restauration, soit 23,6 kilos par invité chaque année.

Slate.fr

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