SportsEconomie

Impôt: le coûteux revers de la médaille

Agathe Charnet, mis à jour le 17.08.2016 à 9 h 08

Qu'elles soient d'or, d'argent ou de bronze, les médailles olympiques rapportent aussi aux athlètes de beaux avis d'impositions!

Charline Picon I WILLIAM WEST / AFP

Charline Picon I WILLIAM WEST / AFP

Dans une précédente version de l'article, nous présentions des chiffres erronés sur les revenus de Teddy Riner entre 2015 et 2016. Nous avons effectué la mise à jour avec son salaire mensuel pour l'année dernière. 

Ciel, mes impôts! C'est ce pourraient s'exclamer les athlètes olympiques en recevant leurs médailles. Certes, ils éprouvent quatre années durant leur corps et leur esprit dans le but de gravir les marches du podium avec la médaille tant convoitée. Mais, au delà du prestige et des lauriers, s'impose une considération plus triviale: les médailles et les récompenses associées sont sujettes à l'impôt depuis 2011. Le Sénat ayant alors annoncé dans son projet de loi de finance que si cette décision n'allait rapporter à l'État un gain fiscal de 46.000 euros, il s'agissait avant tout d'une «valeur symbolique: tous les revenus doivent contribuer à l'effort contributif national

Les champions olympiques, qui reçoivent de la part de l'État des primes de 50.000 euros pour une médaille en or, 20.000 pour l'argent et 13.000 pour le bronze, sont donc redevables à l'État d'une partie de ces coquettes sommes. Comme mentionné dans l’arrêté du 15 juillet 2016 relatif au versement des primes pour les athlètes olympiques et paralympiques, les sports collectifs divisent ces sommes entre les joueurs tandis que les athlètes qui ne sont pas soumis au système fiscal français voient leur prime diminuer de 15%.

Seuil de pauvreté

Une contrainte qui peut s'avérer difficile à assumer pour ces sportifs qui associent parfois leur pratique à la précarité. Comme le rappelle un article publié dans le Nouvel Observateur, «quatre sportifs de haut niveau sur dix gagnent moins de 500 euros par mois et vivent sous le seuil de pauvreté», cumulant les emplois alimentaires et les entraînements quotidiens. Si certains ne devraient pas avoir de surprises en remplissant leur déclaration de revenus –comme Teddy Riner et ses 30.000 euros mensuels grâce à la mairie de Levallois–, d'autres risquent de connaitre un véritable choc fiscal.

Afin de soutenir les athlètes, le ministère de la Ville, de la Jeunesse et des Sports a annoncé fin 2015 un système d'équité pour les futurs médaillés favorisant «la mise en place d’un dispositif d’étalement de la prise en compte des primes versées aux sportifs» sur une durée de quatre années.

Aux États-Unis, même la médaille est imposable

Des états généraux des sports de haut niveau devraient se tenir en octobre sous l'égide du gouvernement français, visant notamment à mieux protéger les sportifs. En espérant pour les athlètes que personne ne cherche à prendre exemple sur les américains. Outre-Atlantique, non seulement les récompenses sont imposées mais les médailles elles-mêmes sont soumises à une taxe, comme le rapporte la chaîne CNN. L'or de Simone Biles, Michael Phelps ou Katie Ledecky sera imposé à environ 564 dollars tandis que les détenteurs de médailles d'argent paieront 305 dollars au gouvernement américain en plus des impôts alloués à leurs récompenses.

En France, les médailles des athlètes seraient soumises à la taxe sur la cession ou l'exportation de métaux précieux seulement s'ils décidaient de vendre leur médaille –et uniquement celles en or massif, précise le service de presse du ministère de l'Économie à Slate.fr. En espérant que leurs impôts ne réduisent pas nos dieux de l'Olympe à cette extrémité! 

Agathe Charnet
Agathe Charnet (22 articles)
Journaliste
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