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Daech, l'organisation officielle des nuls en Islam

Le Coran | Emna Mizouni via Wikimédia CC License by

Le Coran | Emna Mizouni via Wikimédia CC License by

Les recrues du groupe terroristes sont largement ignorantes vis-à-vis de la religion musulmane.

L’Associated Press a publié le 15 août une enquête très étonnante sur les recrues de Daech, et notamment sur leur connaissance des textes religieux. Plus de 3.000 documents (concernant 4.030 étrangers) leakés et récupérés par l’agence montrent les profondes lacunes des futurs djihadistes concernant la Charia, les hadiths ou le Coran de manière générale.

Dans le système de recrutement des futurs djihadistes venus de l’étranger, étudié par AP sur la période 2013-2014, Daech distribue d’abord des questionnaires pour noter leurs connaissances de l’Islam sur une échelle allant de 1 à 3. Les recruteurs ont vite réalisé qu’ils avaient affaire à des gens ne connaissant par le Coran ou l’Islam:

«Près de 70% des recrues étaient listées [par Daech] comme ayant une connaissance “basique” de la Charia, la qualification la plus faible possible. Environ 24% étaient catégorisés comme ayant une connaissance “intermédiaire”, et seulement 5% étaient considérés comme des personnes ayant une connaissance avancée de l’Islam. Cinq recrues auraient mémorisé le Coran.»

«L’Islam a été utilisé pour me piéger comme un loup»

Les exemples de cette ignorance ne manquent pas quand on étudie de plus près les profils de certains djihadistes. On peut ainsi citer ces deux Britanniques ayant commandé en 2014 Le Coran pour les Nuls pour préparer le djihad. AP cite aussi l’exemple d’une autre recrue qui pensait rejoindre un groupe dont le but était de combattre Bashar el-Assad et d’aider le peuple syrien.

Mohamed Lahouaiej Bouhlel, l’auteur du massacre à Nice le 14 juillet dernier, était également décrit par ses proches comme quelqu’un d’indifférent vis-à-vis de la religion, qui buvait et entretenait son image de séducteur. Les documents récupérés par AP citent également de nombreux interrogatoires d’hommes partis faire le djihad sans pour autant savoir de quoi parle les textes.

«Mes croyances religieuses n’ont rien à voir avec mon départ, a ainsi expliqué le frère d’un terroriste du Bataclan Karim Mohammad-Aggad avant d’être condamné à neuf ans de prison. L’Islam a été utilisé pour me piéger comme un loup.»

In fine, écrit AP, «le groupe extrémiste ne pouvait pas espérer mieux», car l’ignorance de la religion lui permet d’imposer sa vision fausse à ses recrues, dans le but de causer un maximum de haine et de destructions. Une étude de l’U.S. military's Combating Terrorism Center, cité par AP, expliquait ainsi que «ceux ayant la plus grande connaissance religieuse dans l’institution elle-même sont les moins à même de se porter volontaire pour être kamikazes».

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