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Un filtre Snapchat jugé raciste crée la polémique

Temps de lecture : 2 min

Le filtre censé «rendre hommage» aux anime ressemble davantage à une caricature de «yellowface» qu'à un personnage de Dragon Ball Z.

Capture d'écran du tweet de Grace Sparapani (@tequilasunrise sur Twitter)
Capture d'écran du tweet de Grace Sparapani (@tequilasunrise sur Twitter)

Tout est possible sur Snapchat: avoir une couronne de papillons dorés, le visage d’une poupée Bratz, la voix d’une abeille ou les oreilles et le museau d’un chien. Mais certains utilisateurs ne s’attendaient pas à ce que des yeux bridés, de grosses joues et des dents déformées fassent un jour partie des nombreux filtres que proposent l’application.

Capture d'écran d'un tweet de @tequilasunrise

«Un hommage aux anime»

Pour de nombreux utilisateurs, le filtre n’est ni plus ni moins qu’une caricature raciste des asiatiques: un «yellowface», selon un article du New York Times. Si Snapchat s’est empressé de supprimer l’option, l’entreprise s’est ensuite expliquée en rétorquant qu’il s’agissait d’un hommage aux personnages d’anime.

«N’importe quoiii. Les personnages d’anime sont connus pour leurs visages anguleux, leur chevelure hérissée, leurs grands yeux et leurs expressions faciales vives», réagit Katie Zhu –cheffe de produit et ingénieure– dans une tribune publiée sur Medium.

Le filtre ne présente effectivement aucune de ces caractérisques. En revanche, il ressemble davantage aux stéréotypes mis en avant par le «yellowface», qui comme le «blackface», est utilisé au théâtre et au cinéma par des acteurs blancs pour jouer des personnages asiatiques.

Le filtre ressemble plus au maquillage de Mickey Rooney dans «Diamants sur canapé» qu'à Son Goku

Un manque de diversité

«Il est difficile de nier quand on met une horrible caricature à côté des effets du filtre. Cela montre qu’il ne s’agit pas seulement d’un yellowface, mais d’un yellowface poussé à son extrême le plus dénigrant», explique Grace Sparapani au New York Times, une étudiante en art coréano-américaine, dont un tweet sur le sujet a été largement partagé sur le réseau social.

Pour Katie Zhu, la source du problème pourrait être le manque de diversité de l’entreprise:

«Soit les racisés ne sont pas suffisamment représentés chez Snapchat pour que l’entreprise soit capable de prendre des décisions pareilles, soit les racisés qui y travaillent ne se sentent pas assez à l’aise pour prendre la parole.»

En avril, un filtre Bob Marley avait déjà suscité de nombreuses critiques.

Slate.fr

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