Et pour vous, c'est quoi être Français?

Slate.fr lance un appel à ses lecteurs: C'est quoi, pour vous, être français? Envoyez-nous vos contributions, vos témoignages, à etrefrançais.slate @ gmail.com. Nous publierons vos tribunes.
Une question vieille comme la Nation, un débat vieux comme la République, et récurrent en période électorale. Eric Besson, ministre de l'Immigration et de l'Identité nationale (ministère dont l'intitulé a toujours fait polémique, depuis sa création en 2007 par Nicolas Sarkozy) a proposé dimanche 25 octobre un «grand débat sur l'identité nationale». Comme prévu, le sujet et le mode d'organisation du débat a fait polémique et Nicolas Sarkozy s'y est invité avec son habituelle dialectique:
J'ai été élu pour défendre l'identité nationale française. Ces mots ne me font pas peur, je les revendique. La France a une identité particulière qui n'est pas au-dessus des autres mais qui est la sienne», a déclaré mardi Nicolas Sarkozy en marge d'un déplacement sur le thème de l'agriculture. Des mots qui «ne sont agressifs envers personne» (...) «Je ne comprends pas qu'on puisse hésiter à prononcer ces mots: 'identité nationale française'. (...). [Ils]sont simplement l'expression du devoir que nous devons aux générations qui nous ont précédées et qui ont fait, au prix de leur vie et de leur sang, ce que la France est devenue».
L'historien Patrick Weil, directeur de recherche au CNRS, auteur de l'ouvrage de référence «Qu'est-ce-qu'un Français? Histoire de la nationalité française depuis la Révolution» a jugé lundi «insupportable» la volonté de Besson d'encadrer quelque chose qui a «toujours été très divers et fluide».
Etre français, c'est se rattacher à des traditions extrêmement différente. On peut se sentir Français en relation avec Jeanne d'Arc, Louis XIV, Danton ou Robespierre, de Gaulle ou Clemenceau. Il n'y a pas une seule façon d'être Français. M. Besson a une volonté d'encadrer quelque chose qui a toujours été très divers et fluide, ce qui est insupportable. (...) Ce n'est pas au pouvoir politique de décréter qu'est-ce que c'est qu'être Français.
Ce n'est pas la position d'un autre historien Daniel Lefeuvre:
Le fait qu'Eric Besson s'engage dans la clarté, que chacun puisse s'exprimer, me semble plus sain, mieux qu'un débat larvé qui peut générer des effets nauséabonds. Cela me paraît positif que l'Etat offre cet espace de débat sur une question centrale à laquelle la France est confrontée.
Le débat et la question sont à vous: être Français, ça veut dire quoi? La République française, comme le disait Thomas Legrand sur Slate? Quelles sont, selon vous, l'identité et les valeurs républicaines? Envoyez-nous vos contributions, vos témoignages, à etrefrançais.slate @ gmail.com. Nous publierons vos tribunes.
Image de une: Supporter français en 1998, lors de la Coupe du monde de football/Reuters, Ian Waldie
Mis à jour le 28/10/2009 à 14h23

























Être français, c'est être râleur, prétentieux, et donneurs de leçon (en plus d'être des alcooliques notoires). Il n'y a qu'à demander à tout nos voisin de pays, c'est ce qu'ils diront (:
Être Français, c'est être né de parents Français (99,5% des cas) ou avoir été naturalisé. C'est tout.
Me remémorant mes discussions avec des amis étrangers, j'en étais arrivé aux mêmes conclusions que Anonymous on Tue. Me trouvant trop négatif, j'avais renoncé à publier un commentaire.
La question ne devrait-elle pas être plutôt : Comment les français se voient-ils ? et dans ces conditions, il risque d'être sacrément difficile pour un immigré d'accéder au club.
Vieille histoire que racontent nos amis belges : "pour faire fortune, achetez des français pour ce qu'ils valent et vendez-les pour ce qu'ils pensent valoir"
La question devrait être inversée:
Quel contrat propose la France à ses habitants pour qu'ils aient envie de participer à une aventure commune?
Être français me paraît être un sentiment avant tout. Que la question se pose me semble être une bonne chose. Les raisons pour lesquelles on peut-être amené à la poser peuvent parfois être suspectes. Pour ma part, il me semble que la mondialisation, l'américanisation du monde, la flambée internet et la concrétisation de la noosphère de Theilhard des Chardins ont commencé d'atténuer la force des sentiments nationaux. Le rhizome tend à se substituer à la racine. Un sondage mené chez les jeunes devrait assez bien illustrer cela. Face à cet affaiblissement, il semblerait que la droite (pour certains dans le but louable de renforcer la nation dans la perspective d'une guerre économique sans précédent) prenne à bras le corps ce problème. Il aurait été dramatique qu'elle ne l'eût pas fait. La droite est donc bien dans son sillon. Que fait la gauche? Nier l'évidence, craindre l'instrumentalisation, agiter l'épouvantail FN (ce qui est devenu pavlovien chez eux)... Cela me rappelle l'indignation de Moscovici aux propos de Besson chez X (le présentateur de "C'est dans l'air"). Evidemment que la gauche a un problème avec la nation, le socialisme est un internationalisme et c'est une très bonne chose. Mais la gauche n'a plus d'identité ce qui ne fait pas d'elle une candidate sérieuse à la table des discussions sur l'identité nationale. Et si être français résidait avant tout dans la capacité à s'enfermer dans une topologie politique singulière :
-euh? Tu es de droite ou de gauche toi Butterfly?
- De gauche bien sûr mais libéral ;-)
Butterfly
http://philosoffense.blogspot.com
Difficile de dire ce que signifie pour moi être français (et même être française pour être plus précise)
En effet physiquement déjà, je ressemble à ma grand-mère arrivée d'Espagne en France dans les années 20 avec sa famille qui avait quitté son pays pour cause de misère économique et sociale.
J'avoue que je ne me suis jamais sentie bien dans ce pays que je trouve trop conformiste, trop bureaucratique, manquant d'ouverture, à l'esprit étriqué, à la mentalité frileuse, je me suis toujours fait regarder de travers avec mes désirs d'autre chose et d'ailleurs. Il n'y a qu'en France où l'on serine aux jeunes "passe ton bac d'abord" et où les gens recherchent un boulot stable même ennuyeux et mal payé, partout ailleurs on veut faire un boulot passionnant et gagner bien sa vie avec.
Aux Etats Unis mes désirs d'expansion, mon originalité et ma créativité ne faisaient pas tache mais j'ai dû rentrer faute de papiers (j'aurais bien échangé mes papiers français contre une green card) !!!! Maintenant je fais le projet de repartir encore ailleurs car ici je ne vis pas, je ne travaille pas, je ne crée pas, prise sans fin dans des démarches administratives à rebondissement juste pour essayer de m'assurer une sorte de survie comateuse.
Ici on décourage et on écrase ceux qui veulent s'en sortir (tout en les culpabilisant, c'est le règne de la fausse méritocratie) on remet en doute leurs idées, leurs envies, leurs aptitudes, leurs compétences, il faut être dans le moule sinon rien.
Vivre en France et mourir étouffée !!! Non la Marseillaise ne veut rien dire pour moi, je l'ai apprise à l'école mais je ne m'en souviens même plus.
Quant aux Françaises, femmes les plus sexys du monde, laissez-moi rire !
Chaque fois que j'arrivais de New-York (la ville de Sex and the City quand même) la différence me sautait aux yeux, à Paris je trouvais les femmes tristes, effacées, courant en tous sens comme de petites souris grises pour concilier vie professionnelle et vie privée. Pas de vague, toutes avec les mêmes coupes de cheveux au même âge, habillées pareil de couleurs indistinctes, marine, gris, beige, marron, pour ne surtout pas se faire remarquer sinon ça fait mauvais genre.
Que sont devenues les petites femmes de Paris ? Ces femmes des classes populaires, coquettes et démonstratives mais sans vulgarité, dotées de gouaille et du sens de la répartie, si bien incarnées à l'écran par Arletty.
Bon voilà, je veux bien faire un mariage blanc avec un africain sans papier si ça l'arrange pour qu'il puisse continuer à ramasser les poubelles dans le métro alors qu'il a fait de longues études !
Je ne comprends toujours pas comment les Polonaises et les Bulgares (sachant à peine le français ou même pas du tout) trouvent du travail ici et moi pas. Donc je m'en vais. Bye bye
Je ne suis pas Français, je suis de nationalité haïtienne. Chez nous (que j’ai quitté pour la première fois à 18 ans, il y a 6 ans, pour des études en économie et finance en France) le « Français » est un être cultivé, aimant la bonne cuisine, avec un langage soutenu, très ouvert d’esprit (héritage des lumières), un peu porté sur l’homosexualité, s’habillant en haute couture, contestataire et souvent en grève, blanc, avec un prénom composé, et on aime bien dire qu’on lui a mis une sévère raclée en 1804 quand on a gagné notre indépendance. Quand je suis arrivé en France, à Bordeaux, j’avais donc un peu peur, peur du blanc car je ne connaissais que les « blancs d’Haiti », je n’avais jamais vu en face d’homo. Et dans ma tête pour être honnête le français était devenu raciste depuis 2002, car il avait failli élu un monsieur d’extrême droite. Alors je ne vous dis pas ma surprise en arrivant à la Fac, et de voir une France métissée (à majorité blanche, mais métissée), mangeant épicée, dansant la salsa, mangeant au mc do, habillé un peu n’importe comment, parlant un français que je ne comprenais pas toujours (j ai appris le français à l’école des frères de l’instruction chrétienne, alors ouf, chelou, gavé…), athée, pas si homo que ça, et pas raciste pour un sou. Je ne connais pas l’identité nationale francaise, je ne connais que la France universitaire (et je dois avouée que depuis que je cherche du boulot j’ai tendance à voir moins de métissage mais ce n’est pas le sujet), ce que je veux dire, c’est mon avis sur la France des jeunes à l’Université je dirais,
l’ »acceptation » des Français (Plus d’une fois ils se sont étonnés que moi qui me prénommais Michel Edouard et parlait si bien français, et aimait autant Sartre, et cuisinant aussi bien n’était pas Français)
Leur capacité à boire de l’alcool (le vin de Bordeaux mais aussi la vodkah absolut qui est français depuis son rachat à la Suède cela dit…
Leur humour
Leur internationalisme (ils parlent de voyage, d’Obama, de Dalai Lama, d’humanitaire)
leur fierté d’être de ce petit pays que toute la planète reconnait (tour Eifel, cuisine mode, Trichet à la BCE, Strauss Kahn au FMI, Pascal Lamy à l’OMC…)
leur liberté sexuelle (ils sont tout le temps en couple et c’est jamais le même/la même)
leur capacité à être contre (jamais d’accord avec les règlements des profs, les idées politiques de ceux qui les gouvernent, le repas du jour à la cafétéria…
Ma femme est Sénégalo-Malienne, moitié Lébou et moitié Peul.
Je suis français tout comme ma famille depuis plusieurs siècles (c'est vérifié) mais aussi Breton, Lorrain, Bourguignon et 1/4 d'un peu partout.
Nous vivons en Côte d'Ivoire.
Alors je me demande ce que sera mon enfant à sa naissance dans 6 mois ? Et bien j'espère qu'il se sentira français et qu'il en sera fier. Tout comme il sera fier d'être Européen et Africain et Sénégalais et Malien et même Ivoirien.
Alors être français ? J'essayerais de lui apprendre qu'il est français comme moi parce que son histoire paternelle est ancrée et liée à celle de ce pays tout comme mes valeurs. Pendant ce temps là, sa mère lui apprendra l'histoire de l'Afrique, de sa famille maternelle de Gao à Dakar en passant par Bamako et Thiès et les valeurs qui en découlent.
Et j'espère bien qu'il se sentira autant européen et français que moi tout comme il se sentira Africain et sénégalais.
Etre français, c'est un état d'esprit et une appartenance à une histoire et/ou des valeurs et une communauté de personnes qui s'y reconnait. Alors oui, c peut-être être râleur, manger du fromage qui pue, être prétentieux, etc. Mais chaque Nation et chaque peuple a ses défauts. Il faut vivre en autarcie pour ne pas le savoir et passer son temps à critiquer ce pays.
DV