Sports

Pourquoi les boxeurs ne portent plus de casques aux Jeux olympiques

Repéré par Grégor Brandy, mis à jour le 11.08.2016 à 18 h 08

Repéré sur Wired, The Ne York Times

Depuis 2013, la fédération de boxe a décidé d'abandonner leur usage.

L'Indien Shiva Thapa face au Cubain Robeisy Ramirez lors d'un combat en 56kg aux JO de Rio, le 11 août 2016. Yuri CORTEZ / AFP

L'Indien Shiva Thapa face au Cubain Robeisy Ramirez lors d'un combat en 56kg aux JO de Rio, le 11 août 2016. Yuri CORTEZ / AFP

Les combats de boxe ont quelque chose d'étrange depuis le début de ces Jeux olympiques. À Rio, et pour la première fois depuis 1984, les boxeurs ne portent pas de casque. La décision de l'AIBA, la fédération internationale de boxe, date de 2013, et les organisateurs des Jeux ont visiblement décidé de suivre ce choix, en mars de cette année (ils ont aussi opté en juin pour l'intégration des professionnels).

Comme le rappelle le New York Times, les casques avaient été ajoutés aux Jeux olympiques de Los Angeles, «en réaction aux moments particulièrement brutaux, lors de rencontres professionnelles, qui avaient mené à la mort d'un athlète. Mais malgré leur drôle d'apparence, les casques n'empêchaient pas les coupures, particulièrement celles autour du cuir chevelu et du front, qui résultent des coups de tête».

Alors pourquoi choisir soudainement de les abandonner? En fait, contrairement à ce que l'on pourrait penser, la raison avancée est la sécurité, explique Wired:

«Les arbitres ont dû arrêter des combats pour des blessures à la tête (et donc probablement des commotions cérébrales) plus souvent lorsque les boxeurs portaient un casque, selon une étude de l'AIBA.»

D'après cette étude menée entre 2009 et 2013, le nombre de combats arrêtés à cause de coups répétés à la tête reçus par un boxeur ont diminué de 43% pour ceux qui combattaient sans casques par rapport à ceux qui en portaient un.

La fédération émet plusieurs théories à ce sujet. Une d'entre elles est que ces casques donnent peut-être un faux sentiment de sécurité (la mousse ne protège pas indéfiniment et contre tous les coups) et encourage les boxeurs à prendre plus de risques, mais il pourrait aussi faire de la tête des athlètes une plus grosse cible.

L'AIBA a cependant décidé de n'appliquer la suppression des casques qu'aux combats entre hommes, assurant ne pas avoir assez de résultats pour en faire de même pour les femmes. CBC explique néanmoins que les boxeuses s'attendent elles aussi à une suppression l'année prochaine.

Un choix critiqué

Reste que comme l'expliquent de nombreux médias, cela ne veut pas dire que les boxeurs sont plus en sécurité sans ce casque. Dans le New York Times, un médecin qui a travaillé sur les problèmes de commotions cérébrales dans le football américain explique que si avoir des casques ne diminuait pas les risques de commotions cérébrales, les enlever ne veut pas dire qu'il y en aura moins.

Selon lui, l'étude de l'AIBA se base sur un échantillon trop mince. Radio Canada évoquait d'ailleurs plusieurs failles dans cette étude, et Wired rappelait que les commotions cérébrales ne sont pas les seules blessures que les boxeurs peuvent subir sans les casques et que des coups consécutifs peuvent eux aussi mener à des commotions cérébrales.

Par ailleurs, la suppression des casques signifie aussi plus de coupures au niveau du visage (qui peuvent coûter un combat), de nez cassés et d'autres blessures, souligne le quotidien américain. Mais pour l'un des co-auteurs de l'étude, l'augmentation de ce type de blessures, était un compromis qui permet cependant de réduire le nombre de blessures plus sérieuses.

Plusieurs personnes critiques de ce choix indiquent que la décision de supprimer les casques a également été prise pour d'autres raisons, comme rendre la boxe olympique plus attirante pour les fans, et attirer des boxeurs professionnels.

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