Monde

Depuis 2002, l'«État islamique» a causé la mort de 33.000 personnes

Repéré par Agathe Charnet, mis à jour le 11.08.2016 à 13 h 01

Repéré sur Start, Washington Post

Soit, en prenant en compte ses prédécesseurs et ses alliés, 26% des attaques terroristes à l'échelle planétaire.

Carte interactive des attaques. Capture. Source: Start.umd.edu

Carte interactive des attaques. Capture. Source: Start.umd.edu

Entre 2002 et 2015, plus de 4.900 attaques terroristes ont été perpétrées par des groupes ou organisations affiliées à l’État islamique ou assimilées à ses prédecesseurs. Elles ont entraîné la mort de 33.000 personnes, soit 26% de l'ensemble des victimes liées au terrorisme à l'échelle planétaire. Près de 11.000 individus ont également été kidnappés et pris en otage, ce qui représente 24% des prises d'otages dues au terrorisme sur la même période, rapporte le Washington Post.

Source : Start.umd.edu - August 2016

Ces chiffres accablants sont révélés par une récente enquête du Consortium national pour l'étude du terrorisme et les réponses au terrorisme de l'université du Maryland et permettent d'appréhender l'évolution des pratiques terroristes commises par ce qui devenu aujourd'hui l’État islamique.

On constate que les attaques d'abord concentrées en Irak (95% des attaques de 2002 à 2013) puis en Syrie (5% à partir de 2011) évoluent jusqu'à la propagation de crimes sporadiques et globalisés à partir de 2015. Comme le précise cette analyse (qui s'accompagne également d'une carte interactive des attaques sur son site):

Les modes opératoires de la violence par Daech dépassent ses propres membres

 

«L'État islamique a commencé comme un petit réseau, commandé par le Jordanien al-Zarqawi et alors appelé Jama'at al- Tawhid w'al-Jihad. La première attaque terroriste attribuée au groupe fut l'assassinat du diplomate américain Laurence Foley à Amman en Jordanie en Octobre 2002. Depuis, le groupe connaît une évolution complexe qui comprend des changements de noms, de chefs et d'allégeances à d'autres organisations djihado-salafistes –la plus notoire demeurant al-Qaïda. De plus, les modes opératoires de la violence par Daech dépassent à présent ses propres membres, car des groupes ou des individus ayant prêté allégeance à Daech peuvent commettre des attaques sans avoir forcément établi de liens préalables avec l'organisation.»

 

Seules 1% des attaques imputées à des «loups solitaires»

Les différentes alliances de Daech avec d'autres organisations terroristes influent également sur le nombre d'attaques commises, selon les chercheurs. Lorsque Abu Bakr al Baghdadi –actuel leader de Daech– a déclaré en 2013 inclure le front Jabhat al-Nosra au sein de l'État islamique, le nombre d'attaques imputées à Daech en Syrie a augmenté de façon frappante.

Si cette alliance a été ensuite contestée par les leaders d'al-Nosra (aujourd'hui renommé Jabhat Fatah al-Cham ou Front de la conquête du Levant) et d'al-Quaïda, le nombre d'attaques terroristes commises chaque mois par l'État islamique et les organisations terroristes associées est passé de 46 attaques mensuelles en 2013 à 106 attaques par mois en 2014 et 102 par mois en 2015 exclusivement sur les sols syriens et irakiens. 

L’allégeance du groupe terroriste nigérian Boko Haram à Daech en mars 2015 a funestement fait augmenter le nombre de morts imputés à Daech. Près de 4.000 personnes ont ainsi perdu la vie dans des attaques commises par le groupe nigérian, dont 1.000 terroristes.

Comme le rapporte le Washington Post, il est alors paradoxal de constater que les attaques terroristes perpétrées par des individus solitaires ne représentent que 1% des attaques commises par Daech entre 2002 et 2015 alors qu'elles connaissent le plus de retentissement à l'échelle globale dans la stratégie de terreur de l'État islamique. Surnommés les «lone wolves» (les loups solitaires) par les adeptes de Daech et souvent recensés sur twitter sous le mot-clef #LW, ces terroristes s'inspirent de l'État islamique sans pour autant avoir de liens tangibles avec l'organisation. Deux-tiers de ces attaques –dont huit se sont déroulées aux États-Unis et six en France entre 2002 et 2015– ont été commises par des armes à feu.

Source : Start.umd.edu - August 2016

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