Boire & manger

Sept trucs à savoir avant de visiter une distillerie de whisky

Christine Lambert, mis à jour le 13.08.2016 à 9 h 56

Check-list indispensable avant d’attaquer le spiri-tourisme malté.

Photos: Christine Lambert

Photos: Christine Lambert

Et si vous profitiez des dernières semaines de vacances pour visiter une distillerie de malt, histoire de mettre à l’épreuve la somme de savoir inutile engrangée dans la lecture hebdomadaire de cette rubrique? Pas besoin de claquer vos miles: en France, bon nombre s’offrent au tourisme (la Distillerie des Menhirs ou Armorik en Bretagne, Mavela en Corse, Rozelieures en Lorraines, Uberach en Alsace, etc). Et l’Écosse, terre promise des alambics, n’est qu’à deux heures d’avion: ensuite, ne vous restera plus qu’à galérer dans les transports en commun plus rares que les apparitions du monstre du Loch Ness, ou à louer une voiture qui ne confond pas sa gauche et sa droite.

Selon les chiffres publiés le 10 août par la Scotch Whisky Association, 1,6 million de touristes ont visité les distilleries écossaises en 2015. à relativiser quand on sait que Kavalan, à Taïwan, en accueille à elle seule plus de 800.000 par an… Mais peu importe la destination, c’est le chemin qui compte. Alors avant de tracer la route, on coche la check-list.
 

1.Comptez vos sous avant la visite

Le billet d’entrée coûtant de 0 à plus de 250 euros, autant savoir dans quoi vous investissez avant de vous avancer. Combien de temps dure la visite? À moins d’une heure, vous ne ferez qu’effleurer le sujet. Les plus grandes distilleries proposent plusieurs programmes et circuits, parfois très inhabituels (face palm pour le Ghost Tour de Buffalo Trace, dans le Kentucky), en général assortis de différents types de dégustations. Si vous cramez la Platinium, on vous proposera en général de remplir vous-même votre bouteille de single malt tiré du fût, ou d’effectuer la visite en compagnie du manager, ou encore de créer vous-même votre propre assemblage… Pour 1.000 livres sterling, Highland Park vous propose même de bosser une journée à la distillerie (oui, c’est vous qui payez). Only in Scotland…

Les programmes sont consultables sur les sites internet des distilleries, et certaines exigeront que vous réserviez à l’avance. En France (la plupart du temps) et au Japon, les visites sont gratuites –en Écosse, seule Glenlivet propose encore une option de tour non payante. Moyennant quoi, au pays du Soleil-Levant les retraités désœuvrés déboulent en hordes pour s’arsouiller à l’œil, les distilleries affichent complet et les réservations sont obligatoires!
 

2.Jouez-la old school

En Écosse, arrêtez-vous au moins une fois dans une distillerie qui malte encore une partie de son orge –Balvenie, Bowmore, Laphroaig, etc.– ou qui a gardé en l’état ses aires de maltage, ses kilns (les foyers en pagode où séchait l’orge) et ses outils –c’est le cas de Glen Garioch. Une occasion rare d’entrevoir des pratiques qui ont quasiment disparu.


 

3.Tenez-vous prêt à placer vos enfants à l’adoption

Si vous voyagez avec des enfants, vérifiez que les mineurs sont admis, car ce n’est pas toujours le cas. En Écosse, il faut être majeur pour visiter Glenfiddich. Aux États-Unis, les dégustations qui terminent en beauté la balade sont interdites aux moins de 21 ans, âge minimum légal pour consommer de l’alcool –la peine de mort continuant à s’appliquer dès 18 ans.
 

4.Vérifiez que la distillerie est ouverte même quand elle n’est pas fermée (#WTF)

Attention, toutes les distilleries ne se visitent pas, loin de là: il leur faut pour cela se soumettre à un certain nombre de réglementations pour accueillir du public non professionnel. Vérifiez sur le site de celles qui vous tentent avant de vous déplacer. Il arrive que les distilleries ouvertes (aux touristes) soient fermées, tout en restant ouvertes (à la visite). Vous suivez? Hum. Explication alors: en période de fêtes de fin d’année (vacances) et en été (maintenance, restrictions d’eau dans certaines zones), de nombreuses distilleries interrompent la production. Et même si, parfois, les tours guidés continuent, il est toujours plus intéressant de lorgner les cuves de fermentation et les alambics en fonctionnement –sauf si vous aviez l’intention de passer une tête par le hublot.
 

5.Ne vous laissez pas berner par la taille de la distillerie

Edradour, l’une des plus petites distilleries d’Écosse (plus pour longtemps puisqu’elle construit de quoi tripler sa capacité), figure parmi les plus visitées du pays et son parking voit défiler du pot d’échappement. Ne froncez pas le museau devant les grandes maisons: certaines proposent des tours à la carte, ou des parcours très didactiques pour différents publics –Glenfiddich par exemple, la plus visitée d’Écosse (pas loin de 100.000 touristes), ou Jack Daniel’s, Disneyland du whiskey américain (275.000 au compteur).
 

6.Évaluez votre dépendance aux selfies

Certaines distilleries interdisent les photos pendant toute la visite (Dalmore), d’autres seulement dans la salle des alambics et/ou dans les chais, où un appareil électronique serait susceptible de provoquer une étincelle dangereuse dans l’atmosphère bombardée de vapeurs d’alcool. Dans ce cas, si vous comptez vous rattraper en postant vos selfies à l’extérieur, faites un petit repérage sur Google: certaines distilleries sont plus photogéniques que d’autres, ou nichées dans une nature plus ou moins spectaculaire. Si vous vous en fichez comme de votre premier Photomaton, vous découvrirez des trésors de distilleries sans charme mais passionnantes –contactez-moi, je songe à fonder un club des Amateurs de distilleries moches.


 

7.Visitez les distilleries dont vous n’aimez pas le whisky (et vice versa)

Ce chapitre va vous faire mal, je le case donc fourbement à la fin. Il se peut qu’une distillerie dont les whiskies vous arrachent des feulements de plaisir vous semble ennuyeuse à visiter; et qu’à l’inverse, la découverte d’une maison dont vous n’appréciez pas le malt vous enchante. L’attrait pour un whisky ne saurait donc être le seul critère pour réserver une visite, bien qu’il ajoute au plaisir de la dégustation et du passage en boutique. Même si vous n’appréciez pas les tourbés, les distilleries d’Islay sont par exemple toutes des must.

Cette règle tombe évidemment si vous souhaitez mettre la main sur un embouteillage vendu uniquement à la distillerie, flacons exclusifs, millésimes ou single casks (GlenDronach, Glenfarclas, Miyagikyo, Buffalo Trace sont des mines), comptes d’âge introuvables… Vous les dénicherez à des prix très intéressants, notamment au Japon ou aux États-Unis, où les tarifs par rapport à la France sont à diviser par deux au moins. Vous pourrez même parfois goûter avant d’acheter, moyennant paiement. Eh oui, dans la visite d’une distillerie, la sortie par la boutique coûte toujours plus cher que l’entrée.

Christine Lambert
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Journaliste
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