Monde

En quinze jours, les chances de Trump d'être élu sont passées de 50% à 15%

Repéré par Grégor Brandy, mis à jour le 11.08.2016 à 7 h 19

Le candidat républicain a connu deux semaines compliquées.

FiveThirtyEight

FiveThirtyEight

Le changement a été assez drastique. En deux semaines, le site spécialisé dans l'analyse des sondages FiveThirtyEight a fait passer, dans l'un de ses modèles statistiques, les chances de Donald Trump de remporter l'élection présidentielle américaine de près de 50% le 30 juillet à moins de 15% ce 11 août. Le site fondé par Nate Silver n'est pas le seul à donner si peu de chances au candidat républicain de remporter l'élection en novembre, mais contrairement à The Upshot, le blog spécialisé du New York Times, FiveThirtyEight était jusqu'ici bien plus optimiste pour Donald Trump.

The Upshot

Ce chiffre de 15% ressort d'un des trois modèles statistiques moulinés en continu par FiveThirtyEight pendant cette campagne, basé sur l'analyse prospective de l'évaluation des sondages. Celui fondé sur les sondages actuels donne seulement 13% de chances à Trump; celui le plus complexe, qui inclut aussi dans l'équation les fondamentaux économiques (qui jouent normalement en faveur de Trump, mais cette élection est-elle normale?), donne désormais au candidat républicain moins de 25% de chances, après lui en avoir donné plus de 40% dans la deuxième quinzaine de juillet.

Et les soutiens de Trump ont beau se plaindre de sondages biaisés (comme ils se plaignaient des sondages qui désavantageaient Mitt Romney en 2012), le journaliste de FiveThirtyEight Harry Enten leur assure que ce n'est pas le cas, et que Donald Trump est effectivement en train de largement perdre cette élection.

Alors qu'a-t-il bien pu se passer en l'espace de quinze jours pour que le candidat républicain passe de potentiel vainqueur à largement distancé?

Pour le comprendre, il faut revenir quelques jours en arrière, et se souvenir que le pic de Donald Trump correspond aux sondages effectués peu de temps après la convention républicaine. Et il n'y a que de très rares cas dans l'histoire des présidentielles où les conventions n'ont pas permis au candidat investi de voir leur cote de popularité grimper dans les sondages, et leurs chances de remporter l'élection avec.

Alors forcément, quand la convention démocrate s'est terminée, il y a un peu moins de deux semaines, Hillary Clinton a connu, elle aussi un regain dans les sondages (qui était d'ailleurs plus important que celui de son adversaire). Mais ce qui a également coûté cher à Donald Trump, ce sont ses sorties post-convention plus osées les unes que les autres, et notamment sa critique de la famille Khan, dont le fils a été tué en Irak, et dont le père a attaqué Donald Trump lors de la convention démocrate, lui demandant les sacrifices que lui avait fait pour son pays et s'il avait déjà lu la Constitution. Pendant plusieurs jours, le candidat républicain s'est attaqué à la famille musulmane, un choix qui a été critiqué jusque dans son parti, ce qui a amené le parti à se déchirer une nouvelle fois.

Reste que comme le souligne Harry Enten (qui s'était trompé lors des primaires), jamais les États-Unis n'avaient connu un candidat comme Trump, et comparer cette élection à d'autres, comme celle de 1988, pour essayer d'en tirer des conclusions est plus que compliqué. Le mieux, c'est encore sans doute d'attendre et de voir si ces chiffres résistent au temps. Car si Donald Trump possède actuellement 15% de remporter l'élection, cela signifie surtout que si l'on répétait cette élection cent fois, il finirait à la Maison Blanche à quinze reprises.

«Hillary Clinton a plus de chances de remporter cette élection que Donald Trump. Mais il faudra quelques semaines pour qu'on sache à quel point.»

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