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En Allemagne, trois ex-membres de Daech revenus de Syrie sortent du silence

Temps de lecture : 2 min

Ils ont quitté les organisations terroristes Daech ou Fatah al-Sham en Syrie et sont désormais prisonniers en Allemagne. Trois anciens terroristes ont livré leurs témoignages à la justice allemande.

Harry S. un des rares anciens membres de Daech à témoigner à visage découvert (source : capture écran vidéo NY Times)
Harry S. un des rares anciens membres de Daech à témoigner à visage découvert (source : capture écran vidéo NY Times)

Ils s'appellent Nils, Harry ou Harun et ont pour point commun d'avoir quitté leur Allemagne natale pour rejoindre les organisations terroristes Daech ou Jabhat Fatah al-Cham (anciennement Jabhat Al-Nosra) en Syrie. Aujourd'hui prisonniers en Allemagne, ils ont accepté de livrer leurs témoignages aux enquêteurs, brisant ainsi la loi du silence qui asservit les anciennes recrues. Des sources d'informations aussi rares que précieuses sur le quotidien des combattants de l'islamisme radical que le quotidien allemand Der Spiegel a pu retranscrire.

Les terroristes détenus par la justice allemande sont soumis à une implacable loi du silence, le témoignage aux autorités étant considéré comme une haute trahison par les organisations terroristes. Rares sont donc les détenus qui ont accepté de parler et la collaboration n'a pas toujours été facile. Dans un premier temps, l'un des djihadistes, Nils D., a même menacé les enquêteurs de riposter «une fois dehors».

Mais, au terme de journées et de mois d'auditions, les renseignements donnés par les anciens combattants se sont avéré indispensables pour la compréhension du fonctionnement interne des organisations terroristes. Nils D. a, par exemple, été qualifié de «mine d'or d'information» par les enquêteurs qui ont même fini par décréter qu'il ferait «un excellent agent de police» au vu de la précision de ses rapports.


Comme le rapporte une remarquable enquête de la journaliste du New-York Times Rukmini Callimachi, les repentis ont notamment raconté l'existence d'un «bureau» de l'État Islamique chargé «d'exporter la terreur» et de coordonner les attaques extérieures baptisé Emni en arabe.

Selon Harry, «ce n'est que le début», rapporte Der Spiegel dans la deuxième partie de son enquête: «Ils [Daech, ndlr] veulent ce genre de réactions, ils veulent que les politiques disent que c'est la faute des réfugiés, et qu'ils ont amené le terrorisme avec eux. Ils veulent créer la sensation que tout est tout blanc ou tout noir».

Grâce aux témoignages de ces trois hommes, certains agents de l'État islamique ont également pu être identifiés tandis que la hiérarchie de Daech s'est précisée au fil des témoignages.

Mais, malgré leur coopération, tous ne sont pas définitivement éloignés de la radicalisation. Si Harry S. témoigne aujourd'hui face à des adolescents en affirmant «qu'il n'y a aucune justification pour rejoindre l'État islamique, quelles que soient les crises ou les mauvaises situation que l'on peut traverser», Nils D., pour sa part, qui continue de purger sa peine refuse de renier l'islamisme radical. Le processus de réintégration pourrait prendre «des mois voire des années», selon les officiers de sécurité.

Slate.fr

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