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À cause du réchauffement, des déchets radioactifs vont émerger au Groenland

Repéré par Emeline Amétis, mis à jour le 10.08.2016 à 14 h 28

Repéré sur Smithsonian Mag

Abandonnée depuis 1966, une base militaire américaine enterrée sous la glace va émerger d'ici 2090 à cause de la fonte des glaces.

Le camp disposait de sa propre centrale nucléaire, de laboratoires scientifiques, d’une bibliothèque et même d’une chapelle.

Le camp disposait de sa propre centrale nucléaire, de laboratoires scientifiques, d’une bibliothèque et même d’une chapelle.

«Alors que le réchauffement climatique fait grimper les températures, la fonte des glaces révèle des trésors culturels et des dangers que l’on pensait à jamais oubliés –que ce soient des cadavres momifiés et d’anciennes pièces de monnaie ou des carcasses de rennes, infectées à l’anthrax», raconte le site du magazine américain Smithsonian. La prochaine découverte, malgré son attrait historique, se range dans la catégorie des dangers: les vestiges d’une base militaire secrète des États-Unis, abandonnée il y a plusieurs dizaines d’années au nord-ouest du Groenland, et qui abonde de déchets radioactifs…

Selon une étude publiée le 4 août dernier dans le journal des Lettres de recherches géophysiques, les déchets toxiques et radioactifs seraient à l’air libre d’ici 2090.

Une ville militaire sous la glace

Construit à la fin des années 1950, en pleine Guerre froide, le camp Century prend la forme de larges tranchées enterrées sous 35 mètres de glace pour protéger la base et son personnel du vent et des températures glaciales du Groenland. Il dispose de sa propre centrale nucléaire, de laboratoires scientifiques, d’une bibliothèque et même d’une chapelle, selon l’historien Frank Leskovitz. Une véritable «ville sous la glace»

En 1959, alors que la course à l’armement entre l’Union soviétique et les États-Unis faisait rage, l’armée américaine cherchait un moyen de conserver des armes nucléaires à l’abri des regards. Le Groenland constituait alors l’emplacement idéal, pour que les missiles puissent passer par le cercle Arctique, au cas où la guerre serait explicitement déclarée entre les deux pays.

À terme, le déplacement continu des calottes glaciaires du Groenland a poussé l’armée à abandonner le camp en 1966. «Il était inconcevable que ces 35 mètres de glaces puissent fondre un jour», raconte le glaciologue William Colgan.

«Il semblerait que l’une des conséquences inattendues du réchauffement climatique soit que les nations ne puissent plus glisser leurs problèmes sous le tapis. Même si ce tapis est le Groenland», déduit le Smithsonian.

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