Monde

Wagner, l'entreprise russe qui envoie des mercenaires en Syrie

Temps de lecture : 2 min

La chaîne Sky News a interviewé d'anciens mercenaires de cette société aux activités secrètes.

Capture d'écran du reportage de Sky News.
Capture d'écran du reportage de Sky News.

La chaîne Sky News a réalisé une enquête sur les mercenaires russes qui se battent en Syrie aux côtés des forces du président Bachar el-Assad, ce que la Russie a jusqu’à présent démenti –admettant à tout le moins, en octobre 2015, l'envoi de «volontaires».

Au centre de l’article de la chaîne britannique se trouve Wagner, une entreprise qui recrute et envoie ces hommes en Syrie, nommée ainsi en raison du nom de guerre de son fondateur. Ce dernier, un ancien soldat des forces spéciales russes, aurait choisi ce nom en hommage à l’amour bien connu des nazis et d’Hitler pour le compositeur allemand.

Wagner cherche des hommes en bonne forme physique et prêts à prendre de gros risques pour l'équivalent de 3.500 euros par mois. Ils sont entraînés dans un village russe, Molkino, où s’entraînent par ailleurs des forces spéciales de l’armée. Selon un de ces mercenaires interviewé par Sky News, les soldats ensuite envoyés en Syrie forment de véritables armées avec unités de reconnaissance, de défense aérienne et d'assaut, le tout équipé d'artillerie lourde et de tanks. Sur place, un des anciens mercenaires interviewé par la chaîne explique qu'ils ont servi de «chair à canon», notamment à Palmyre, passant avant les troupes syriennes de l’armée d’Assad. Des centaines de mercenaires recrutés par Wagner seraient morts en Syrie, affirme-t-il encore, soit beaucoup plus que la poignée du décompte officiel.

L’existence de Wagner a auparavant été mentionnée en mars par un média indépendant russe, Fontanka. Officiellement, cette société n'existe pas puisque la loi russe interdit les entreprises militaires privées. «L’externalisation des missions de combats à des contractants privés» est une politique que la Russie a suivi également en Ukraine, comme le soulignait en avril dernier sur le site War on the Rocks Mark Galeotti, professeur à la New York University et auteur d’un ouvrage sur les Spetsnaz, les forces spéciales russes.

En Syrie, ces unités avaient initialement pour rôle de protéger des installations stratégiques du gouvernement et d’assister l’armée dans la sécurité de ses bases militaires.

Avec le passage d’une loi qui devrait rendre légales ces sociétés, poursuit le chercheur, on peut s’attendre à voir d’ici peu se multiplier les opérations de guerre «hybride» comme celles menées par Wagner.

Slate.fr

Newsletters

Pourquoi les États-Unis ne doivent pas entrer en guerre contre l'Iran

Pourquoi les États-Unis ne doivent pas entrer en guerre contre l'Iran

Tweets menaçants, discours belliqueux, attaques de drones et de tankers notamment dans le Golfe Persique. À quoi bon, puisque ces deux puissances ne souhaitent pas déclencher de conflit?

De 45 à 40 heures de travail par semaine, le Chili à la croisée des chemins

De 45 à 40 heures de travail par semaine, le Chili à la croisée des chemins

Mercredi 23 octobre, les parlementaires se prononceront sur la baisse de quarante-cinq à quarante heures de travail hebdomadaire, au grand dam du président conservateur Sebastián Piñera.

«Ma mère nous pinçait les joues pour vérifier qu'on était toujours vivants»

«Ma mère nous pinçait les joues pour vérifier qu'on était toujours vivants»

René, 67 ans, a toujours collectionné des œuvres d'art ou des petits objets puis il s'est créé un petit musée personnel. Des petites oeuvres, des jouets, des babioles qui lui rappellent l’Algérie, ce qu'il aurait aimé pouvoir ramener dans sa...

Newsletters