Monde

Les sous-entendus meurtriers de Trump envers Hillary Clinton

Repéré par Claire Levenson, mis à jour le 10.08.2016 à 7 h 46

Repéré sur Media Matters

Le candidat républicain a insinué que seules les armes pourraient empêcher la candidate démocrate de nommer des juges.

Donald Trump à Wilmington (Caroline du nord), le 9 août 2016. SARA D. DAVIS / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP.

Donald Trump à Wilmington (Caroline du nord), le 9 août 2016. SARA D. DAVIS / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP.

Lors d'un événement de campagne en Caroline du Nord, Donald Trump a livré, mardi 9 août, un petit commentaire plein de sous-entendus qui revenait quasiment à appeler à l'assassinat d'Hillary Clinton.

«Hillary veut abolir le deuxième amendement», a déclaré Trump, qui répète à tort depuis plusieurs mois que son opposante veut interdire le droit au port d'armes. «Par ailleurs, si elle a la possibilité de choisir ses juges [à la Cour suprême] –vous ne pourrez rien y faire, les gars. Enfin, les gens qui soutiennent le deuxième amendement, peut être, je ne sais pas.»

Le sous-entendu est que les pro-armes pourraient agir contre Hillary, et que cette action pourrait bien être violente. 

L'équipe de campagne de Trump a vite tenté de clarifier en disant que le candidat faisait référence au lobbying des défenseurs du deuxième amendement qui se mobiliseraient contre Clinton, pas à une action violente. Mais dans le contexte particulier du discours du candidat, il est assez clair que la blague suggérait la possibilité d'un assassinat.

La réaction d'un spectacteur (en chemise rouge) dans les gradins, qui semble très choqué par le propos, montre que le public a bien compris la phrase comme une menace grave:

En juillet, un conseiller de Trump avait déclaré à la radio que Clinton devrait être exécutée pour trahison (sans que la campagne du milliardaire ne sanctionne ses propos).

L'ancienne représentante démocrate d'Arizona Gabrielle Giffords, qui a été blessée en 2011 suite à une tentative d'assassinat qui a fait six morts, a publié un communiqué soulignant le danger de la remarque ambiguë de Trump.

«Des individus stables et responsables ne prendront pas la rhétorique de Trump au pied de la lettre, mais ses mots pourraient attirer ceux qui recherchent l'infamie. Ils pourraient inspirer et encourager ceux qui veulent tuer.»

Pour l'ancien directeur de la CIA Michael Hayden, si quelqu'un d'autre que Trump avait fait cette remarque en marge de l'événement, «il serait déjà dans un fourgon de la police pour être interrogé par le Secret Service», chargé de la protection des candidats.

Comme le rappelle le site Media Matters, ce genre d'insinuation menaçante est courante chez les leaders de la NRA, le lobby des armes. En 2009, le directeur de l'organisation déclarait que «ce sont les gars avec les revolvers qui font la loi». Et en 2012, Ted Nugent, un membre du conseil d'administration de la NRA avait fait une remarque proche de celle de Trump:

«Si vous voulez encore plus de juges malfaisants et anti-Américains à la Cour suprême, alors ne faites rien et laissez Obama être élu. Mais je vais vous dire quelque chose, si Barack Obama est réélu président en novembre, je serai soit mort soit en prison l'année prochaine».

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