Sports / Monde

L'histoire derrière la photo la plus marquante de la cérémonie d'ouverture

Temps de lecture : 2 min

Si proches et pourtant si loin...

Andrej ISAKOVIC / AFP
Andrej ISAKOVIC / AFP

C'est l'une des photos les plus commentées de la cérémonie d'ouverture. Et pourtant on n'y voit aucun athlète ou personnalité politique ayant fait le déplacement à Rio. La photo d'Andrej Isakovic, photographe à l'AFP, montre quatre personnes sur un balcon d'une des favelas sur les hauteurs de Rio, observant au loin le feu d'artifice tiré depuis le Maracana, où a lieu la cérémonie d'ouverture.

Alors que cette dernière vient de s'achever, l'agence de presse la publie sur son compte Twitter. La photo est ensuite largement repartagée, et des milliers de retweets et reprises de sites internet lui offrent une exposition mondiale.


Un joli coup pour le photographe qui n'avait jamais mis les pieds au Brésil jusque-là, comme il nous l'a répété par téléphone. En fait, a-t-il expliqué à El Pais, c'est un collègue qui lui a conseillé la favela Mangueira et ce lieu en particulier:

«C'est un lieu connu dans la profession pour les vues qu'il offre sur la ville et le stade. Pendant la Coupe du monde, un collègue y était allé et avait gardé le contact avec une des familles, et donc je les ai contactés pour voir si je pouvais travailler depuis leur terrasse.»

Dès son arrivée au Brésil, cette différence entre quartiers très riches, et quartiers pauvres lui saute aux yeux. Dans la favela, il explique que l'ambiance était très bonne au cours de cette soirée. Beaucoup de gens regardaient la cérémonie à la télévision, certains étaient sur leur balcon, d'autres chantaient et jouaient de la musique, des enfants jouaient au foot... Lui était au milieu de plusieurs autres photographes, pour observer au mieux le feu d'artifice depuis les hauteurs de la favela, nous explique-t-il.

«J'ai pris cette photo parce que je l'aimais. Elle montrait ce que je voyais dans cette favela. Je n'avais pas prévu de la faire. J'étais là pour les feux d'artifice, et tous les appareils photo des autres photographes étaient pointés sur le Maracana pour les feux d'artifice. Et puis j'ai vu quelques personnes bouger autour de moi. Au début, j'ai pris la photo d'une petite fille, seule devant le stade. C'était ma préférée, mais il n'y avait pas de feu d'artifice. Donc j'ai gardé un œil sur ce coin, en me disant qu'il y aura peut-être quelque chose à faire si des gens reviennent. Le feu d'artifice a commencé et j'ai pris mes photos et à la fin j'ai tourné mon appareil vers ces personnes. Ce n'était pas quelque chose d'arrangé. Ils sont allés sur leur terrasse, regarder le spectacle et j'ai pris cette photo.»

Et Andrej Isakovic ne s'attendait pas à un tel impact. Au quotidien espagnol, il expliquait que c'était sans doute parce que les gens ont vu ce que lui a également vu à cet instant. Et il semble vraiment heureux et fier d'avoir pu capturer ce moment, d'autant que les retours ont été quasi unanimement positifs:

«Beaucoup de Brésiliens et de personnes d'Amérique du sud ont essayé de me contacter, sur Facebook et d'autres réseaux. Il y a juste eu un e-mail d'une personne qui n'était pas contente de cette photo. Elle était brésilienne, je crois, et disait que cette photo était cliché. Mais c'est la seule critique que j'ai pu recevoir, et elle n'était pas si terrible», relativise-t-il.

Grégor Brandy Journaliste

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