Santé / Monde

L'association américaine de psychiatrie demande à ce qu'on arrête de psychanalyser Trump

Temps de lecture : 2 min

Dans les médias, plusieurs psychologues et journalistes ont fait des diagnostics sur la santé mentale de Donald Trump, une pratique condamnée par l'association américaine de psychiatrie.

Donald Trump, le 5 août 2016 I Darren Hauck / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP
Donald Trump, le 5 août 2016 I Darren Hauck / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

Début août, une députée démocrate de Californie a lancé une pétition pour demander une évaluation de la santé mentale du candidat républicain Donald Trump. Le texte a pour l'instant été signé par cent mille personnes.

«Notre campagne #DiagnostiquezTrump est une tentative très sérieuse pour attirer l'attention sur le comportement imprévisible, choquant et souvent compulsif de Trump», a expliqué la députée Karen Bass.

Dans les médias et les réseaux sociaux, des professionnels de la psychiatrie et des journalistes non spécialistes s'aventurent à diagnostiquer Trump: les termes «trouble de personnalité narcissique» et «sociopathe» reviennent souvent.

Un professeur de médecine à Harvard a récemment tweeté:

«Trouble de personnalité narcissique. Non seulement Trump en souffre, mais il en est la définition même.»


Et le journaliste de la chaîne MSNBC Joe Scarborough a dit qu'il se demandait si Trump était un «sociopathe».

Contraire à l'éthique

Dans ce contexte, la présidente de l'association américaine de psychiatrie a publié un communiqué pour condamner cette pratique de diagnostic à distance, rapporte New York Magazine.

«L'atmosphère unique de cette campagne électorale peut conduire certains à vouloir psychanalyser les candidats, mais il s'agit d'une pratique non seulement contraire à l'éthique mais aussi irresponsable.»

Cette problématique avait déjà fait débat pendant l'élection présidentielle de 1964, lorsqu'un magazine avait demandé à des milliers de psychiatres si le candidat républicain ultra-conservateur Barry Goldwater était psychologiquement apte à être président. Plus de mille psychiatres avaient déclaré qu'il en serait incapable, et Goldwater avait par la suite gagné un procès pour diffamation contre le magazine.

Pour la présidente actuelle de l'association américaine de psychatrie, cette erreur faite par un grand nombre de psychiatres «aurait pu éroder la confiance du public en la psychiatrie».

Suite à cet incident, le manuel d'éthique de l'association américaine de psychiatrie avait d'ailleurs été complété avec les règles suivantes:

«Il arrive qu'on demande aux psychiatres leur opinion concernant une personnalité publique et médiatique. Dans ces circonstances, un psychiatre peut partager son expertise sur des questions psychiatriques générales. Mais il n'est par contre pas éthique pour un psychiatre de donner une opinion professionnelle sans avoir examiné la personne en question et sans avoir obtenu l'autorisation de diffuser tout commentaire.»

Slate.fr

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