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Les raisons du débat sur l'identité nationale (MàJ)

Eric Besson veut que la société française s'empare de la question et la mette au centre du débat politique.

Mardi 27 Octobre 2009
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Le ministre de l'Immigration, Eric Besson, a indiqué vendredi 22 janvier dans la soirée à l'issue d'un débat sur l'identité nationale organisé à Lyon qu'il achevait «son premier tour de France» et qu'il présenterait sa «synthèse dans quelques jours». «Il y a déjà eu 350 débats locaux, il en reste encore une centaine à venir dans le mois qui vient», a-t-il ajouté.

«Maintenant, je vais me retirer pendant une semaine avec mon équipe pour faire la synthèse de toutes les contributions, puis dans quelques jours, à l'occasion d'un séminaire gouvernemental, je présenterai ma synthèse, je la soumettrai à l'arbitrage du Premier ministre et du Président de la République qui pourront reprendre certaines des propositions», a dit le ministre. Il a cité à titre d'exemple, l'idée d'une «service citoyen», ou encore d'un «serment citoyen pour les jeunes accédant à la majorité». Eric Besson a dit s'être assuré les services d'un consultant pour étudier le contenu des contributions déposés sur le site Internet.

 

Il y a des initiatives politiques plus ou moins fines. Celle là a la finesse d'un vieux dragueur de la côte qui demanderait à une serveuse à son goût si elle habite chez ses parents. Monsieur Besson on voit trop bien dans votre jeu. Vous proposez que la société française se saisisse de la question de «l'identité» de notre pays. Vous lancez comme ça, un débat en l'air, vous décidez que nous devons nous pencher sur cette question: «qu'est-ce qu'être français aujourd'hui?». C'était au Grand jury RTL-Le Figaro-LCI dimanche 25 octobre.

«Je voudrais que l'on débatte sur ce sujet» dites vous ... hé bien poursuivons votre pensée parce qu'il y a des pointillés au bout de cette phrase. Vous voulez que l'on débatte de l'identité nationale, et vous voulez surtout que toute une partie de la gauche, qui réagit habituellement de façon pavlovienne, saute à pieds joint dans ce piège, et s'insurge contre ce dévoiement du mot «identité». Vous voulez que les commentateurs (encore eux !) vous rappellent que l'identité française n'a rien à voir avec l'immigration et que l'accolement des termes «immigration» et «identité» est une atteinte à l'esprit des Lumières comme l'a si bien montré Alain Gérard Slama dans La Société d'indifférence (Plon 2008), vous voulez que cette question qui ne semble pas particulièrement préoccuper nos concitoyens en ce moment redevienne une question polémique, qu'il y ait d'un coté, vous, les réalistes gardiens d'une identité nationale, ceux qui osent enfin relever la tête face à une invasion de voiles et de burqas? De l'autre coté, il y aurait une armée de «droit-de-l'hommistes» irresponsables.

Devant une telle alternative caricaturale, le bon peuple et son bon sens saurait choisir (notamment aux régionales). Vous voulez une bonne bagarre sémantique et idéologique, à l'ancienne, avec du BHL, de l'Hortefeux bien frais, avec ces excommunications en page «idées» des quotidiens, ces pétitions germanopratines, ces effets de tribunes, ces arguments maintes fois répétés de part et d'autre. Et au bout du compte, puisqu'il y aura eu bagarre, il y aura eu victoire politique d'un camp, le vôtre. Votre nouveau camp, celui des braves gens. Vous êtes censé être Républicain, monsieur Besson. L'identité française ou de la nation ne devraient rien dire pour vous! Ce qui compte c'est l'identité Républicaine, la liberté, la laïcité. Pourquoi ne pas demander au peuple de réfléchir sur les valeurs et l'identité républicaine, plutôt que sur l'identité de la France?

Pourquoi rouvrir ces débats? Ou est le problème? Est-ce en redéfinissant l'identité de la France que vous réglerez la question de la burqa, n'est-ce pas plutôt en étant au clair avec la République? Est-ce en redéfinissant l'identité de la Nation que vous nous ferez mieux comprendre pourquoi vous renvoyez trois afghans dans leur pays en guerre? Faut-il plus de drapeaux, plus de marseillaise, plus de nationalisme? Faut-il que les immigrants passent des tests de français, c'est-à-dire qu'un algérien soit avantagé par rapport à un afghan, un homme par rapport à une femme qui n'a pas eu le droit d'aller à l'école dans son pays? Quel rapport avec l'identité de la France?

Et puis surtout, monsieur le ministre, puisque vous avez des idées sur la question, formulez-les, traduisez-les en texte de loi et soumettez les au Parlement. D'où vient cette idée de faire des débats dans des préfectures? Qui peut croire qu'il peut sortir une nouvelle vision de notre identité de réunions en préfecture? Le débat est libre et débridée sur Internet et dans la presse, dans les partis ou les associations. Il est codifié et organisé pour représenter la diversité politique et fabriquer du droit dans le cadre de nos institutions. A moins de nous ressortir la fameuse «démocratie participative»...

C'est au Parlement que doivent se tenir les débats politiques. Le parlement a vu, parait-il, ses droits et pouvoirs renforcés par la réforme des institutions, votée en Juillet 2008. S'il y a un débat législatif, autour d'un projet, il sera relayé, n'ayez crainte, hors des murs du Parlement. Mais vous ne procédez pas ainsi parce que vous ne voulez pas, au fond, légiférer. Vous voulez que la société s'agite sur ce thème porteur pour vos nouveaux amis. Les régionales arrivent.

C'est vrai que l'on a l'habitude de dire qu'en politique plus c'est gros plus ça passe... mais là, c'est immense! Gigantesque... Et surtout, on nous a déjà fait le coup.

Thomas Legrand

Lire également: Honnir Eric Besson: la communion des bien-pensants.

Image de Une: Eric Besson Benoit Tessier / Reuters

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Comments

Avec Besson et Legrand, vive la polémique !

"L'identité française ou de la nation ne devraient rien dire pour vous! Ce qui compte c'est l'identité Républicaine, la liberté, la laïcité. Pourquoi ne pas demander au peuple de réfléchir sur les valeurs et l'identité républicaine, plutôt que sur l'identité de la France?"

La Mr Legrand, il va falloir m'expliquer !

Cela fait 3 fois que je relis votre article et j'avoue que j'ai du mal à vous suivre,à vous comprendre.

"Pourquoi rouvrir ces débats? Ou est le problème?" Vous osez poser la question de la justification de ce débat ? Sortez-vous, Mr Legrand, de temps en temps de votre bureau ? Allez faire un tour à Sarcelles, Stains, Belleville, aux Minguettes ou dans certains quartiers de Nice ou de Marseille.

Oui, il est tout a fait justifié d'ouvrir le débat sur l'identité nationale, sur le plaisir, la honte ou la fierté d'être français. Oui, il faut le rouvrir,sans doute pas tel que le propose Besson et ses ficelles politiciennes un peu grosses, sans doute pas tel que vous le proposez avec vos ficelles polémistes évidentes.

Pourquoi serait-il tabou de savoir si Français veut encore dire quelque chose aujourd'hui ? Pourquoi devrait-on être taxé de raciste, de réac ou pire dès que l'on veut parler d'identité nationale, de communauté d'histoire, de devenir du pays France ?

Pourquoi la gauche bienveillante, parfoir germanopratine ( vous aimez ridiculement l'expression) a-t-elle peur de ce débat ? Pourquoi le PS n'aborde -t-il cette question qu'en réaction à une poussée de "fièvre" de la droite ?

Mr Besson est aussi maladroit que vous dans la manière d'aborder la question de l'identité française; lui place le débat avec des vues évidentes: piquer des voix aux frontistes, les régionales, rassurer une partie de l'électorat de NS, masquer d'autres réalités, certes ! Vous placez le débat sur le front de la polémique, sur le front du rejet d'un débat naturel, vous réagissez tel un gauchiste peu éclairé sur le sujet, réagissant plus par animosité politique que par reflexion philosophique.

Enfin, pas d'accord avec vous, l'identité républicaine s'est forgée postérieurement à l' identité française, c'est une question de bon sens et d'histoire, Mr Legrand.

A vous lire,

un petit détail

La république dont nous parle Mr Legrand est-elle bien la république française?

- si oui alors l'identité française précède son régime actuel la Véme République décidée démocratiquement par la nation... française. Pas d'autre superstructure idéologique légitime.

- sinon alors il s 'agit d'une entité supranationale, transcendante, propriétaire singulier de l'universel, dont les "valeurs" transcenderaient toute identité communautaire nationale et politique jusqu'à les récuser.

Il ne s'agit plus d'un problème national mais d'une religion universelle qui dénie l'existence communautaire des nations. Une maladie française (génétique?).
Il y a deux gauches qui ne veulent pas de ce débat :
- la gauche rationaliste pour qui ce ne sont que questions formelles conventionnelles à ne pas laisser aux mains de l'adversaire.
- la gauche matérialiste pour toute individualisation, même collective est une atteinte à l'universalité n'y ayant d'autre valeurs que l'international...
Elles se conjuguent aussi dans les courants modernistes.

Question philosophique et, par suite, question politique et communautaire.

Investigations en tous genres

les mauvaisea habitudes sont difficile a perdre

BESSON a été longtemps membre du parti socialiste où jusqu'a il y a peu on ne jurait que par le desir de remplacer la démocratie réprésentative par une démocratie participative...manière Facebook

Ceci dit pourquoi fulminer contre ce debat et y entrer de plein pieds ? comme vous le faites

"Ce qui compte c'est l'identité Républicaine, la liberté, la laïcité. Pourquoi ne pas demander au peuple de réfléchir sur les valeurs et l'identité républicaine, plutôt que sur l'identité de la France?"
ecrivez vous...
pourquoi pas les deux mon colonel ?
- l'identité de la France républicaine dans l'Europe de 2009
- l'identité de la république française dans le monde de 2009
VOIRE
- La vie quotidienne des républicains en France au début du XXIeme siecle ?
:-)

Barba-Papa

Etre Français, c'est être né

Etre Français, c'est être né de parents Français, en gros. Mon père a même une cousine Française née aux USA en 1920 et qui n'a jamais mis les pieds en France.

Pour le reste il y a des Français intelligents, beaux, cons, gros, petits. Il y en a même qui sont des traitres ou des salopards (salopard: individu méprisable, répugnant). C'est à peu près le seul intérêt de cette histoire, voir jusqu'où ira la traitrise de M. Besson. Il y a des gens qui sont salops pendant des guerres, parce qu'ils ont peur, doivent choisir un camp (souvent le mauvais). Et il y en a d'autres qui le sont uniquement par ambition, par petitesse comme ce Monsieur Besson. C'est quand même assez cocasse de voir un type jouer les monsieur la vertu et trahir chaque jour ce qu'il a été pendant les 50 années précédentes.

La langue française : ciment des Français

Tous les Français du monde, doivent leur identité avant tout à leur langue.
Tous ceux qui ont choisi le français comme langue de prédilection, quelle que soit leur origine, leur race, leur religion ou la couleur de leur passeport, sont des Français, de fait ou de coeur.
Et cette identité-là on peut tous en être fiers.

Marianne Arnaud

Donc tous ceux qui n'ont pas

Donc tous ceux qui n'ont pas "choisi" le Français (comme la plupart des Français) ne seraient pas Français ? Être "fier" parcequ'on parle une langue, ça veut dire quoi ? Votre argumentaire est bien léger.

Être français…

Être français, c’est être un enfant de l’univers qui a le droit d’être là ou il est, et d’exister en tant que tel.
Être français, c’est avoir un patrimoine qui s’est construit dans la violence et la paix.
Être français, c’est être un individualiste aux multiples solidarités.
Être français, c’est une langue aux multiples patois et accents.
Être français, c’est mettre en doute tous ceux qui nous servent leur vérité comme une évidence.
Être français, c’est être capable de concevoir que le bonheur est préférable à la misère.
Être français, c’est jouir pleinement de l’existence.
Être français, c’est préférer la liberté à la contrainte…

Être français, c’est tout ça et bien plus encore…

Jen

Le français et les Français

Il est normal que Marianne Arnaud suggère que la langue française est l'indicateur le plus sûr de la nationalité française, grand défenseur comme elle est de ce patrimoine français.

Il est vrai que les langues peuvent servir à identifier un peuple. Parfois c'est le seul moyen restant – demandez aux Kurdes ou même aux Bretons!

Mais c'est un indicateur très insuffisant, pittoresque mais parfois perturbateur.

Que faire de ceux qui, comme moi, ont choisissent de vivre en France et de se servir tant bien que mal de cette belle langue? Somme-nous devenus un peu Français? De nouveaux 'malgré nous', ose-je dire?

Et que faire de ces Français que Marianne elle-même critique à juste titre - ces Français (un sur deux si l'on prendre comme base les commentateurs de 'Slate'!) qui font des fautes de français plus ou moins graves? Doivent-ils perdre des points de nationalité comme on perd des points sur son permis de conduire?!

La réelle question est tout autre. La nationalité aujourd'hui, surtout en Europe, est un concept désuet et anachronique. Elle porte avec elle des relents de xénophobie et même de racisme qui n'ont plus aucune place dans une géographie mobile comme celle que nous vivons depuis au moins 1945. C'est une affaire du 19e siècle.

Un politicien anglais a bien cerné la question il y a 100 ans quand il a commenté « l'appel au patriotisme est le dernier recours des scélérats »

Ce dernier appel, ici en France, n'est autre que cela. Une tentative en dernier recours d'un gouvernement en manque de souffle de gagner quelques votes à droite (et peut-être ailleurs!) en faisant appel à un 'fibre' nationaliste au dépens des sans papiers et d'autres malheureux.

Etant, comme nous sommes en France et en Grande Bretagne, de deux pays qui ont spolié via le colonialisme tant de pays pauvres, nous devrions en avoir honte.

Peter Wright

Oui!

Vous avez raison mille fois chère Marianne et je vous remercie de me considérer française de coeur parce que je le suis et depuis longtemps.
Vous avez raison parce que à l'age de 14 ans, au moment de choisir les langues (j'étais inscrite au licée linguistique à Naples, ville qui garde des liens culturels très forts avec la France) je n'ai pas eu de doutes pour ce qui concerne la première: le français.
Au début ça été un choix émotif et sentimental (les sons et l'élégance de la langue) mais, en étudiant l'histoire et la littérature de la France, cette belle langue si douce et sensuelle à l'oreille, a pris toute sa signification et son pouvoir car dans chaque langue gît toute l'histroire de son peuple et arriver à bien la maîtriser donne comme u statut intérieur d'appartenance à ce même peuple.
Ca m'est arrivé aussi avec le javanais...l'indonésien étant une langue récente et construite qui manque d'âme.
Voilà pourquoi j'incite tous ceux qui le veulent à l'apprentissage des langues care c'est bien plus qu'un excercise de mémoire, c'est la découverte de tous les monde dans le monde.

Ombre ou lumière

Se discours s’adresse à la part d’ombre qui habite chacun d’entre nous ne fera que nous rabaisser alors que le rôle du politique devrait être de nous élevé. Montrons que nous valons mieux, faisons scintiller la lumière qui nous habite, montrons à Nicolas Sarkozy que nous ne voulons pas d’une société dominé par les forces négatives.

Oui à un vrai débat sur l’identité. Mais ici la ficèle est trop grosse et nous ne devons pas nous laisser abuser.

La ficelle est trop grosse car ce débat vient alors que les affaires récentes ont affaibli le Président auprès de son électorat et plus particulièrement auprès de sa droite nationaliste. La ficelle est grosse quand on sait qu’on doit avoir un discours identitaire à 15 jours des régionales ; il nous a déjà fait le coup.

Par ailleurs, faut-il un débat sur l’identité nationale alors que l’on essaye de construire l’Europe ?

Enfin, il me semble utile de travailler en premier lieu sur l’identité des individus qui est l’élément de base de la société. Or aujourd’hui l’approche est plus de s’appuyer sur les peurs que sur l’identité.

Oui un débat pas une manipulation.

http://zebres.eu/blog/identite-nationale-peur-et-repli-sur-soi/2009/10/27/

Fred le Zèbre http://zebres.eu/blog

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