Sports

Katinka Hosszú, la super-héroïne de la natation mondiale

Temps de lecture : 2 min

La nageuse magyare de 27 ans spécialiste des épreuves quatre nages arrive ultrafavorite aux JO de Rio. Hors piscines, la «Dame de Fer» brasse une tonne de produits dérivés et bouscule sa propre fédération.

Katinka Hosszú I En mai 2016 I GLYN KIRK / AFP
Katinka Hosszú I En mai 2016 I GLYN KIRK / AFP

Onze titres intercontinentaux. Vingt-quatre couronnes européennes. Six médailles d’or aux récents championnats du monde de Netanya en Israël (décembre 2015). Soixante breloques accumulées dans les grandes compétitions. Dix-neuf records internationaux explosés. Pas étonnant que Jérémy Stravius, champion olympique du relais 4x100 mètres nage libre à Londres (2012) la considère comme la «boss» de la natation féminine. Il ne manque qu’une distinction de cet acabit à son palmarès dingue.

Katinka Hosszú tentera le sacre dès ce samedi sur 400 mètres 4 nages, sa discipline de prédilection où elle avait échoué au pied du podium lors des Jeux britanniques d’il y’a quatre ans. Pour laver l’affront. Elle enchaînera avec le 200 mètres quatre nages, le papillon (même distance) puis le 100 et 200 m dos. Son surengagement éxaspère le «tsar» Alexander Popov et fait douter le Phocéen Clément Mignon. La Hongroise laisse couler les critiques. Elle a des chronos à améliorer et un business florissant à gérer.

«Le travail paie toujours»

Appelée «Iron Lady» comme Margaret Thatcher, Hosszú l’insubmersible pilote avec l’aide de son mari et coach américain Shane Tusup une boutique en ligne réunissant casquettes, T-shirts, mugs, sacs à dos, bonnets ou bracelets affichant soit son surnom, soit la devise «HWAPO» (Hard Work Always Pays Off, ndlr) chère à l’esprit de la sportive. Et même une bande dessinée disponible depuis le 1er juillet où la naïade se transforme en super-héroïne combattant les forces du Mal tel un personnage de Marvel.

«Plutôt que d’attendre les contrats publicitaires, je prends les devants en gérant cette marque, explique la businesswoman accomplie. La signification d’Iron Lady est très puissante et grâce à ça, les gens s’intéressent à mon histoire. S’entraîner dur pendant quatre ans pour une seule compétition est extrêmement risqué. Mon objectif est de remporter l’ensemble des courses et de décrocher les compensations financières qui vont avec. Je me considère comme une professionnelle de la natation.»

Un Messi ou un Ronaldo n’avance pas sans une véritable équipe derrière lui

La «professionnelle» dévoile les coulisses de ses échauffements et meetings via son vlog Inside The Forge (Dans la forge, dame de fer, vous l’avez?) hébergé sur YouTube. Partage le mariage de deux membres de la «Iron Team» et son départ pour le Brésil auprès de ses 104.000 abonnés Instagram. Évoque ses partenariats avec les compléments alimentaires BioTechUSA et le géant de l’hygiène Procter & Gamble sur sa page Facebook. Sans oublier d’enfiler ses vêtements siglés à chaque occasion.

Déesse des lignes d’eau

Porte-drapeau inamovible de la nage magyare loin devant l’hypnotisante Zsuzsanna Jakabos et László Cseh chez les hommes, Katinka Hosszú utilise sa popularité pour contester sa fédération. Comment? En déchirant publiquement un contrat à 40.000 euros offert par la MÚSZ. Motif: le document obligeait la championne à participer à des événements promotionnels liés au Mondiaux de 2017 en Hongrie. Hosszú n’avait aucune envie d’aider une instance dont elle dénonce le manque de soutien à son égard.

«Il y a six ans, j’ai dit à son père qu’il y’avait une Rita Kőbán [double médaillée d’or olympique de kayak, ndlr] en elle, raconte Máté Petrekanits, chercheur à l’université d’éducation physique de Budapest et ami de la famille Hosszu. Elle avait déjà la musculature, l’allure, le poids, les mouvements et les fonctions respiratoires adéquates pour devenir athlète de haut niveau comme son papa qui était un excellent basketteur. Un Messi ou un Ronaldo n’avance pas sans une véritable équipe derrière lui.»

Comprenenez: les personnalités exceptionnelles ont besoin d’une attention du même calibre. Depuis le conflit avec la MÚSZ, Katinka s’est définitivement affirmée et assume sa soif de succès. Shane Tusup lui a apporté richesse et gloire en affûtant la fibre marketing de sa déesse des lignes d’eau. Son ancien entraîneur Dave Salo, pourtant ex-superviseur de la team USA incluant le légendaire Michael Phelps, n’a jamais réussi à emmener le phénomène aussi haut. Un phénomène qui devrait valoir de l’or à Rio.

Joël Le Pavous Journaliste

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