Culture

Pourquoi nous prenons du plaisir à regarder des nanars

Repéré par Camille Malnory, mis à jour le 05.08.2016 à 10 h 35

Repéré sur The Independant

Pour la première, une étude dessine le profil de ceux qui adorent les mauvais films.

«The Pervert!»

«The Pervert!»

Se poser devant un film, avec un pot de pop-corn, du coca, un plaid, tout en sachant pertinemment qu’on va passer 1h30 à regarder un ramassis d’âneries, d’horreur ultra cheap et d’acteurs qui surjouent est quelque chose qu’on a tous déjà fait et que d’ailleurs, pour beaucoup, on aime faire. D’ailleurs, certains films sont tellement mauvais qu'ils en deviennent fascinants à regarder, à l’instar de The Room, de Tommy Wiseau qualifié de «Citizen Kane des mauvais films», le top du top du nul, mais culte aux États-Unis.


Il était donc temps que des chercheurs se penchent sur cette consommation cinématographique et analysent nos rapports aux très très mauvais films. Le résultat de leurs travaux est résumé par The Independent.

Pour commencer, il faut se poser la question de savoir déjà qu’est-ce-qu’un très mauvais film? Pour les chercheurs, on peut communément considérer qu’une œuvre est à difficilement regardable quand elle est trop cheap: pas de décors, pas de budget, pas de scénario. Des films comme ça, le cinéma d’horreur en regorge, et pourtant ce sont parfois des perles de nanars: La Main qui tue, Leprechaun, voire même l’horrifique Ça, le top étant quand même Pervert! et son pénis tueur.


D’après Kevyan Sarkosh, professeur de littérature comparée et post-doctorant au Max Planck Institut for Empirical Aesthetics, «cela paraît paradoxal que quelqu’un regarde un film qu’il soit mauvais, embarrassant voire même dérangeant et y prenne du plaisir».


Regarder ce type de production ciné est clairement ironique et pour se marrer. Pour les chercheurs d’ailleurs, on aime regarder ce type de films parce qu’on adore pouvoir en descendre les dialogues, les cadrages, les effets spéciaux dégueux et les maladresses. Il faut donc y voir une signe d'intelligence et de culture à travers la maîtrise des codes.

«Pour des cinéphiles de ce genre, les films poubelles sont une parenthèse appréciable du cinéma mainstream. Ils sont intéressés par un large éventail de formes artistiques qui dépassent les frontières de la “bonne” et de la pop culture», écrit Sarkosh.

Continuons donc d’aimer les mauvais films, ça veut dire que nous sommes ouverts d’esprit.

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