Monde

Derrière Donald Trump, une poignée de stars anticonformistes ou mal aimées

Grégor Brandy, mis à jour le 04.08.2016 à 18 h 08

Clint Eastwood, Jon Voight, mais aussi Kid Rock, Mike Tyson, Tila Tequila et l'homme le plus détesté du monde.

Clint Eastwood, le 4 juin 2016, lors des Guys Choice 2016. KEVIN WINTER / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

Clint Eastwood, le 4 juin 2016, lors des Guys Choice 2016. KEVIN WINTER / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

Clint Eastwood ne s'est pas lancé dans un grand portrait élogieux de Donald Trump, mais il a tenu à défendre le candidat à la présidence américaine, et indiquer qu'entre lui et Hillary Clinton, il choisirait le camp républicain. L'acteur et réalisateur, qui avait apporté son soutien à Mitt Romney en 2012, lors d'un discours qui avait surpris beaucoup de monde, a accordé une longue interview au magazine américain Esquire, dont on va surtout retenir ses mots sur le magnat de l'immobilier.

«C'est un choix compliqué, pas vrai? Je vais voter Trump... vous savez, parce qu'elle a déclaré qu'elle allait suivre les pas d'Obama. Il y a eu trop de problèmes chez les Démocrates comme chez les Républicains. Elle s'est fait beaucoup de thunes en étant une femme politique. Moi, j'ai perdu beaucoup d'argent pour ça. Je suis sûr que Ronald Reagan a perdu beaucoup de thunes pour être un homme politique.»

Quelques lignes plus haut, il se plaignait plus généralement de cette génération «lèche-cul», et estimait qu'une partie du succès de Trump était liée au fait que «tout le monde commence à être fatigué du politiquement correct». Il a néanmoins reconnu certains dérapages du candidat républicain avant d'exhorter les Américains à ne pas s'attarder dessus, et «passer à autre chose».

Comme l'explique justement Travis Andrews dans le Washington Post, il semble que Clint Eastwood soit passé de Dirty Harry à son personnage de vieux grincheux de Gran Torino, qui «se plaint de la génération d'aujourd'hui et regrette le passé»

Mais si l'interview de Clint Eastwood est autant reprise dans les différents médias aujourd'hui, ce n'est pas seulement parce que nous sommes au début du mois d'août. Les célébrités qui soutiennent Hillary Clinton sont légions. Celles qui ont choisi d'annoncer qu'elles voteraient en faveur de son adversaire républicain sont beaucoup plus rares, et sont soit très américaines (comme les stars de «Duck Dinasty»), ou sur le déclin, ou cherchent à attirer l'attention sur elles.

Les raisons de Jon Voight

En fait, l'un des seuls à avoir tenu un discours que l'on peut qualifier de cohérent jusque-là, est l'acteur Jon Voight. Oscarisé pour son rôle dans Le Retour, en 1978, l'acteur, qui avait déjà soutenu Mitt Romney, a envoyé un communiqué au site très ancré à droite Breitbart, en mars dernier, alors que le magnat de l'immobilier était encore en campagne pour remporter la nomination du Grand Old Party. Jon Voight y explique notamment connaître personnellement Donald Trump et qu'il est convaincu qu'il pourra ramener le pays à sa gloire passée.

«Il est le seul à pouvoir le faire. Pas de fioritures, pas de chichis, mais que la vérité pure et simple. De nombreux Républicains essaient de l'empêcher de remporter la nomination républicaine. Vous savez pourquoi? Parce qu'il n'a rien à nous vendre, et tout le monde va découvrir que ce que la plupart des politiciens racontent aux électeurs est pour leur propre bénéfice. Ils n'ont jamais imaginé qu'ils perdraient le contrôle.»

Et comme le reste des soutiens de Donald Trump, il dénonce les mensonges que son poulain doit affronter tous les jours. Interrogé par Breitbart, il explique d'ailleurs que le fait que Trump soit capable de conserver une attitude positive alors que tout le monde l'attaque «a été un argument fort en sa faveur».

Pour le reste, les justifications sont un peu plus compliquées, et elles viennent de personnes qui semblent plus sur le déclin qu'au firmament de leur carrière. L'ancien basketteur Dennis Rodman –également grand ami du dictateur nord-coréen Kim Jong-Un– et qui avait participé avec lui dans l'émission de téléréalité «The Celebrity Apprentice» avait tenu à apporter son soutien à Donald Trump au début de sa campagne. (D'autres anciens participants de l'émission ont également apporté leur soutien à Trump comme Jesse James).

Après le refus d'une rencontre avec Kim Jong-Un proposée par Donald Trump, l'ancien coéquipier de Michael Jordan s'était dévoué pour essayer de faire en sorte qu'elle puisse finalement avoir lieu:

Au même moment le Boston Globe diffusait cette caricature montrant les soutiens célèbres de Donald Trump:

Hulk Hogan, Kid Rock et Jesse Hughes

On y voit notamment l'ancien catcheur Hulk Hogan, dont l'affaire autour de la sextape diffusée en partie par Gawker a permis au fondateur de Pay-Pal Peter Thiel (également soutien de Trump) de se venger du média américain pour son outing, quelques années plus tôt, et d'amener le site à se déclarer en situation de faillite pour faire face au jugement et à la condamnation à 140 millions de dollars de réparations.

De son côté, Hogan avait, au tout début de la campagne, expliqué dans une vidéo de TMZ qu'il ne voudrait pas se retrouver avec un des candidats sur un ring, mais qu'il voulait devenir «le colisiter de Donald Trump», sans plus expliquer son choix.

Le chanteur Kid Rock –«l'une des voix conservatrices les plus influentes de la musique»– avait raconté à Rolling Stone qu'il aimait beaucoup Donald Trump, en février dernier, avant le début des primaires, et estimait que la candidat républicain allait remporter la nomination et qu'il fallait lui laisser sa chance:

«Mon sentiment: laissez le mec qui s'occupe du putain de business gérer ça comme un putain de business. Et sa campagne a été putain de divertissante.»

Kid Rock expliquait néanmoins quelques lignes plus loin ne pas être «expert en science politique ou quoi que ce soit du même genre».

Un autre chanteur de rock, le membre des Eagles of Death Metal, Jesse Hughes a également apporté son soutien à de nombreuses reprises à Donald Trump. Quelques semaines après les attentats du 13 novembre, Télérama le présentait comme un «chrétien ultra conservateur et anti-avortement, fervent soutien de Donald Trump, admirateur transi de Ronald Reagan et qui voit aussi en George Bush “un héros”, et enfin adepte du créationnisme».

Mike Tyson, l'ancien boxeur musulman qui soutient Trump

Parmi les soutiens de Trump on retrouve aussi l'ancien boxeur Mike Tyson, qui se reconvertit parfois en acteur. En janvier dernier, Tyson expliquait au Daily Beast que les deux hommes se connaissaient depuis les années 1980. Le site internet avait demandé à l'ancien boxeur, qui est musulman, ce qu'il pensait des plans de Trump d'empêcher les musulmans de venir aux États-Unis.

«Ça n'arrivera pas. Il ne le fera pas. Le Congrès ne le fera pas. Mais ça ne veut pas dire qu'il ne peut pas être président.»

Après un ancien boxeur et des anciennes stars de téléréalité, sachez que l'ancienne star de télé-réalité et de MySpace Tila Tequila a également apporté son soutien à Donald Trump. Dans une vidéo mise en ligne sur YouTube en octobre dernier, elle expliquait qu'elle s'était moquée de lui au départ et trouvait qu'il était une blague. Avant de réaliser son erreur:

Parce que Donald Trump est anti-vaccination, contre l'accord de partenariat transpacifique (contre lequel s'oppose également désormais Hillary Clinton), parce qu'il ne veut pas de guerre avec la Russie à cause de la Syrie, parce qu'il voulait supprimer les impôts de 31 millions de personnes, fermer les frontières et s'opposer aux élites «qui veulent tous nous tuer».

Elle s'est depuis un peu lâchée sur son compte Twitter:


Enfin, Martin Shkreli, «l'homme le plus détesté de l'Amérique», qui s'est notamment enrichi en spéculant sur le prix de médicaments, et a acheté l'unique copie d'un album du Wu-Tang Clan, avait indiqué qu'entre Hillary Clinton et le candidat républicain, son choix se porterait sur le second. Le tout avant de clarifier que c'était une blague, qu'il s'abstiendrait cette année, et qu'il ne voterait Trump que si on le forçait à voter en lui mettant une arme sur la tempe.

Une voix que Donald Trump ne regrettera probablement pas. Le candidat républicain l'avait qualifié de «gamin pourri gâté».

Sur une note plus légère, Afida Turner a également exprimé sur Facebook son soutien envers Donald Trump. Espérons que le candidat américain en a pris bonne note.

 

Grégor Brandy
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