Science & santé

Les jeunes américains font moins l'amour que leurs parents

Repéré par Agathe Charnet, mis à jour le 03.08.2016 à 13 h 36

Repéré sur Washington Post, Archives Sexual Behavior, Mic

Qui l'eut cru? La génération Tinder est plus prude que celle des babyboomers, selon une étude américaine. Et l'essor d'internet ne serait pas étranger à cette curieuse baisse de libido...

: Prude, la génération Tinder ?  | André via Flickr CC License by

: Prude, la génération Tinder ? | André via Flickr CC License by

À l'heure de Tinder et des conquêtes en un clic, on aurait pu croire qu'internet aiderait à rendre plus active la vie sexuelle des jeunes adultes des années 2010. Que nenni! Une enquête publiée ce mardi 2 août par The Archives of Sexual Behavior révèle que les Américains nés au début des années 1990 et aujourd'hui âgés de 20 à 25 ans ont deux fois plus de chance d'avoir une sexualité inactive que ceux de la génération précédente.

Les jeunes américains ont également connu moins de partenaires sexuels que la génération des babyboomers. Alors que ces derniers cumulent le chiffre moyen de 11 partenaires sexuels, les prévisions placent la nouvelle génération autour d'un tableau de chasse de 8 partenaires, renchérit le Washington Post qui s'est également penché sur le sujet.

Le déclin semble bel et bien être amorcé puisque les adolescent américains sont de moins en moins nombreux à faire l'amour. En 1991, 54% des lycéens déclaraient avoir eu une activité sexuelle dans l'année contre 47% en 2013.

«Modes de communication anti-sexuels»

Un constat étonnant pour cette génération pourtant communément représentée comme affichant une sexualité décomplexée via les applications de rencontre et plaçant le sexe au cœur de ses préoccupations dans la pop culture. Si le durcissement des règles de consentement rendrait les partenaires plus exigeants, paradoxalement, l'immiscion des technologies au cœur de la vie intime freinerait également la sexualité au lieu de la débrider.

«Nos modes de communication sont anti-sexuels, explique au Washington Post Norman Spack, enseignant à Harvard. Les gens ne passent plus assez de temps seuls à deux, ils sont toujours accaparés par ce qui est électronique.» 

Internet, une menace pour notre libido? Une théorie partagée par un des co-auteurs de l'étude, Ryne Sherman de l'université de Floride, interrogé par le site Mic.

«Internet donne accès à la pornographie, ce qui permet d'assouvir ses besoins sexuels sans pour autant pratiquer l'acte, développe le chercheur. De plus, internet permet aux usagers de se divertir sans avoir de vie sociale via Nextflix, les jeux vidéo, les réseaux sociaux etc. Les gens sont en contact mais ne se réunissent pas.»

Le smartphone sur lequel nous pianotons frénétiquement en quête d'un message pourrait-il être le principal obstacle au développement de notre vie privée? Pour le vérifier, il suffirait peut-être de l'éteindre...

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