Santé

«Il m'a dit qu'il fallait arrêter ces bêtises, que sa copine rentrait»

Temps de lecture : 3 min

Cette semaine, Lucille conseille Laure, une jeune femme amoureuse d'un homme attiré par elle, mais qui est déjà en couple.

	Duty de Edmund Blair Leighton (domaine public) | via Wikimedia Commons
Duty de Edmund Blair Leighton (domaine public) | via Wikimedia Commons

«C’est compliqué» est une sorte de courrier du cœur moderne dans lequel vous racontez vos histoires –dans toute leur complexité– et où une chroniqueuse vous répond. Cette chroniqueuse, c’est Lucile Bellan. Elle est journaliste: ni psy, ni médecin, ni gourou. Elle avait simplement envie de parler de vos problèmes.

Si vous voulez lui envoyer vos histoires, vous pouvez écrire à cette adresse: [email protected]

Pour retrouver les chroniques précédentes, c’est ici.

Voilà j'ai 26 ans, et depuis des années, il y a ce garçon.

Il y a ce garçon, dont j'étais folle amoureuse en première année de fac. Il y a ce garçon que j'ai perdu de vue, recroisé en école, reperdu de vue. Il y a ce garçon que je ne côtoyais pas beaucoup, une à deux fois par an les années creuses, parfois plus intensément quand on se retrouvait dans une même ville mais mon manque de confiance en moi m'a toujours freinée («comment envisager qu'il puisse s'intéresser à moi»), et lui finissait par se lasser et ne semble même pas se souvenir de ces moments où nous avons été proches –alors que notre attirance mutuelle semble exister depuis toujours pour moi.

Seulement voilà. Aujourd'hui, il est en couple depuis trois ans. Il y a quelques mois, j'ai déménagé dans son quartier, et nous avons commencé à nous voir davantage, jusqu'à sortir tous les deux tous les soirs de la semaine à un certain moment. L'attirance était indéniable, mais nous ne faisions rien. Je savais qu'il était en couple, mais sa copine était en séjour trois mois aux États-Unis et nous passions seulement nos soirées à parler pendant des heures. Nous nous envoyions des textos très explicites, certes. Nous minaudions, certes. Nous nous draguions, certes. Mais ensuite il me raccompagnait chez moi et tout se terminait par un chaste calin.

Quelques jours avant le retour de sa copine, il a voulu clarifier la situation. Il a été très clair avec moi, n'a jamais joué de double jeu, a toujours été très honnête. Il m'a dit qu'il fallait arrêter ces bêtises, que sa copine rentrait, qu'il ne savait plus où il en était. Pourtant, les trois fois où nous avons eu cette conversation sont les trois fois où tout a dérapé. Comme si nos corps avaient besoin de compenser ce que disaient nos têtes, le fait de dire qu'il fallait arrêter nous a en fait poussé à aller plus loin, et si je ne l'avais pas arrêté nous aurions fais l'amour plusieurs fois déjà.

Depuis, sa copine est rentrée. Ça va faire deux semaines. On ne s'est pas vus depuis son retour.

Et depuis deux semaines, je ne sais pas trop quoi penser. Quand il me dit qu'il veut être mon ami, dois-je le croire? Je suis pourtant tellement convaincue que c'est la culpabilité et le désappointement qui parlent, davantage que le cœur. Mais ce n'est peut-être pas le cas. Peut-être voulait-il simplement passer le temps avant son retour? Ou peut-être a-t-il laissé un vieux fantasme prendre enfin le dessus? Mais s'en retourne avec elle maintenant qu'elle est rentrée...

S'il faut que je tourne vraiment la page, je préfèrerais m'y mettre rapidement. Mais si j'ai une petite chance, je m'en voudrais de la laisser passer. Rien n'est grave, mais je suis un peu perdue...

Merci beaucoup pour ton aide,

Laure

Chère Laure,

Si il a été très clair avec vous, qu’il ne vous pas recontactée depuis deux semaines, alors vous étiez probablement juste un frisson. Un sentiment fort et furtif qui n’a pas vocation à remettre en question sa vie, porté par le désir qu’il peut avoir pour vous, celui que vous avez pour lui et les souvenirs que vous partagez ensemble. Et ce fut moins un jeu

Il y aura d’autres rencontres, d’autres frisson

machiavélique que la recherche simple et instinctive du sentiment d’être vivant. Vous êtes son frisson. Est-ce que vous pouvez être son amie? Comme vous, j’en doute. Parce que l’ambiguïté est là et parce que vous êtes désormais la preuve vivante de sa faiblesse. S’il a disparu depuis deux semaines, c’est bien parce que celle-ci lui pèse. Et qu’il a fait son choix. Probablement que la question, même, ne s’est jamais posée pour lui.

Je crois que si vous aviez eu une chance, même une toute petite chance, vous l’auriez déjà eue. C’est une histoire morte dans l’œuf et à laquelle, cruellement, vous avez tout de même eu le droit de goûter.

Maintenant, votre histoire va s’écrire ailleurs. Il y aura d’autres rencontres, d’autres frissons et qui, je l’espère, seront pour vous le commencement de quelque chose de sérieux plutôt qu’un sursaut stérile. Laissez-le continuer sa vie, perdez-le de vue à nouveau. Peut-être qu’il réapparaitra dans votre vie comme ami cette fois, dans quelques mois ou dans quelques années. Mais là, vous avez besoin que vos chemins se séparent. Parce qu’il n’a rien à vous apporter et vous non plus.

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Je ne pense pas que vous devez lui en vouloir pourtant. Je crois qu’il a été très respectueux avec vous et qu’il n’a jamais imaginé pouvoir vous faire du mal. Et c’est aussi pour ça que, sans ressentiment, vous devez tourner la page.

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