Double X

Le mystère de l’orgasme féminin enfin résolu?

Repéré par Camille Malnory, mis à jour le 01.08.2016 à 18 h 58

Repéré sur The Guardian

Pour des chercheurs, il serait originellement utile à la reproduction mais aurait fini par abandonner cette fonction.

L'orgasme féminin, de la reproduction au plaisir | Navin75 via Flickr CC License by

L'orgasme féminin, de la reproduction au plaisir | Navin75 via Flickr CC License by

L’orgasme féminin fait encore beaucoup parler de lui. Il est partout dans les magazines, dans les films, il est un droit féministe, un grand quelque chose qui s’apprend, se médite, qu'on discute sous les draps ou carrément en conférence. Il interroge les scientifiques parce que sa fonction n’est pas clairement établie: à l’inverse de l'éjaculation masculine, dont le rôle à jouer dans le cycle de la reproduction est clairement défini (on ne va pas vous faire un dessin), l’orgasme féminin ne véhicule pas de gamètes et d’ailleurs, n’intervient pas à chaque fois. Pourtant, des scientifiques proposent aujourd’hui une réponse, comme le raconte le Guardian: il serait une version dérivée d’un orgasme autrefois utile à la reproduction.

Mihaela Pavličev, chercheuse en biologie à l’hôpital pour enfants de Cincinnati, et Günter Wagner, professeur à Yale, ont étudié tout un panel de mammifères –des primates aux éléphants– et ont ainsi fait plusieurs découvertes concernant l’orgasme chez les femelles et sur les poussées d’hormones qui l’accompagnent. Chez certaines espèces, l’ovulation dépend de ces poussées: on l’appelle «ovulation induite par le mâle». Chez d’autres – l’humain par exemple–, elle est spontanée et n’a donc aucun rapport avec l’orgasme.

Nouvelle fonction

En mettant en parallèle leurs recherches et l’arbre de l’évolution des mammifères, Pavličev et Günter ont découvert que l’ovulation induite était antérieure à l’ovulation spontanée, cette dernière arrivant chez les primates il y a 75 millions d’années. Pour eux, cela suggère que l’orgasme féminin avait à l’origine un but reproductif –libérer les ovules– mais, aurait perdu cette fonction avec l’évolution. Une fois l’ovulation devenue spontanée, l’orgasme féminin se serait trouvé d’autres fonctions, comme le plaisir.

Et pour appuyer leur théorie, les chercheurs se basent sur une analyse anatomique: chez les sujets à «ovulation induite par le mâle», le clitoris –point clé de l’orgasme et donc des poussées d’hormones– est très proche du vagin, voire à l’intérieur pour être mieux stimulé au cours du rapport. Chez les autres, il est éloigné et ne peut donc remplir cette fonction. D’ailleurs, pour Pavličev, cela permet d’expliquer pourquoi les femmes n’ont pas d’orgasme à chaque rapport, «cela semble même naturel», ajoute-t-elle. On va donc arrêter de se tourmenter.

Cette étude soulève cependant des questionnements dans le monde scientifique. Pour Elisabeth Lloyd, professeure et auteure de The Case of the Female Orgasm, si l’étude est «importante», elle ne l’a pas complètement convaincue, notamment parce qu’elle n’étudie que les hormones et l’anatomie. Comme elle l’explique au Guardian, pour elle, l’orgasme féminin est juste un hasard embryonnaire qui «n’a pas de fonction, à part procurer du plaisir, et ça ne veut pas dire que ce n’est pas important, mais simplement que cela n’a pas de sens dans l’évolution».

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