Monde

Ouvert Vs Fermé: le nouveau clivage politique?

Repéré par Jean-Laurent Cassely, mis à jour le 30.07.2016 à 21 h 30

Repéré sur The Economist

Le magazine The Economist ausculte l'état de l'opinion occidentale, et ses conséquences sur l'évolution des forces politiques.

Wall / Moritz Reisinger via Flickr CC License By

Wall / Moritz Reisinger via Flickr CC License By

Oubliez l'opposition gauche / droite, écrit le magazine The Economist dans un éditorial du 30 juillet. Il y a un nouveau clivage fondamental qui organise la vie politique, et on l’observe dans tous les pays riches. Les marqueurs classiques, comme les choix de fiscalité et de redistribution n’ont pas disparu, mais ils sont mis au second plan par rapport au clivage, plus fondamental, qui oppose dans les termes du magazine les partisans de l’ouverture en matière de commerce international, d’immigration, de culture et d'identité, et «les bâtisseurs de murs». Donald Trump prend évidemment la tête de cette coalition, à laquelle le magazine rattache des partis «populistes, autoritaires de droite ou de gauche» européens.

La Grande Bretagne a vécu avec la campagne du Brexit ce que la France avait connu dix ans auparavant: une ligne de partage non pas entre la gauche et la droite sur la construction européenne, mais qui passe à l’intérieur de chaque camp. Dans une autre métaphore empruntée à la construction, le dirigeant de l’institut de sondage YouGov expliquait en 2005 que la ligne de fracture s'établissait entre ceux qui veulent baisser les pont-levis et ceux qui veulent les relever.

Selon le dossier du magazine libéral, qui tire ses conclusions d'enquêtes d'opinion et d'évolutions économiques de part et d'autre de l'Atlantique, c'est la stagnation ou la baisse du niveau de vie et le changement démographique qui nourrissent le camp de ceux qui proposent de relever les ponts. Se caractérisant par un désaveu de leurs élites locales, ces responsables politiques peuvent parfois sombrer dans le complotisme, et la campagne présidentielle américaine a crument montré que les faits et la notion même de vérité s’estompaient face aux mensonges assénés.

Le magazine rouvre un débat devenu récurrent sur la manière dont les individus et les groupes se réalignent à partir de l’expérience de la mondialisation, qu’il faut selon lui «manager» plutôt que rejeter, voire nier. «La chose la plus urgente à faire est de concevoir des politiques qui diffusent plus largement les bénéfices de la mondialisation.» Tactiquement, les partis qui défendent l'ouverture devraient pouvoir s'allier temporairement pour contrer l'avancée du camp opposé, nourri par la vague d'attentats. La question se posera dès 2017 en France lors de l'élection présidentielle, prévient encore le magazine. Mais un argument opposable est qu'assumer ce réalignement opposant «mondialistes» et «nationalistes» donnerait une légitimité au discours des seconds. Et l'amalgame courant entre partis classés soit très à gauche de l'échiquier politique comme Podemos ou Syriza soit à l'opposé comme le FN ou Ukip ouvre plus de questions qu'il n'apporte de réponses.

Quand aux personnes qui incarnent ce libéralisme contemporain, The Economist cite le premier ministre canadien Justin Trudeau et le ministre français de l'économie, Emmanuel Macron.

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