Science & santéScience & santé

Notre amour des bouledogues mignons les menace de disparition

Repéré par Jean-Laurent Cassely, mis à jour le 30.07.2016 à 14 h 01

Repéré sur The Independent, National Geographic

Le bouledogue est devenu trop consanguin pour être en bonne santé

Un bouledogue anglais à New York, en 2016. Jamie McCarthy/Getty Images/AFP

Un bouledogue anglais à New York, en 2016. Jamie McCarthy/Getty Images/AFP

Le professeur Niels Pedersen a récemment poussé un coup de gueule contre les propriétaires de bouledogues anglais. Selon ce chercheur, auteur d’un article publié dans une revue spécialisée dans la génétique et la santé canines, l’animal a «atteint un point où sa popularité ne peut plus excuser les problèmes de santé qu’il va endurer tout au long de sa vie souvent courte».

La cause de ces nombreux problèmes de santé, des troubles respiratoires aux irritations des yeux en passant par l’incontinence, est la trop forte consanguinité des bouledogues anglais, que le chercheur a établi en étudiant leur patrimoine génétique. C'est la première fois qu'une telle étude est menée, auprès d'un large échantillon de plus de cent bouledogues anglais.

L'étude a révélé que de larges régions du génome étaient identiques d'un bouledogue à l'autre, comme l'explique le site du National geographic. L’élevage des bouledogues anglais a commencé avec seulement 68 individus au XIXème siècle. Certaines caractéristiques morphologiques, comme le visage aplati, ont depuis été privilégiées pour la reproduction de l'espèce pour des raisons esthétiques, aboutissant à une sélection génétique extrême. Les bébés bouledogues sont très populaires, et les éleveurs répondent à une demande du marché pour des animaux plus mignons, poursuit le magazine. Or la malédiction du bouledogue est que «beaucoup des traits physiques qui le rendent désirable sont aussi porteur de problèmes de santé». Par exemple sa mignonne tête aplatie est aussi la cause d'une maladie, le syndrome brachycéphale.

Il n’est selon le chercheur plus possible de pratiquer une sélection génétique inversée, c'est à dire de faire varier l’ADN des futurs animaux par des accouplements au sein de la même race de chiens, car il n’existe plus assez de diversité. La solution serait donc un croisement avec d’autres races de bouledogue, une expérience déjà en cours pour donner naissance à un «bouledogue continental»... dont les puristes questionnent l'identité même de bouledogue.

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites, vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêt et nous suivre sur les réseaux sociaux. > Paramétrer > J'accepte