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Le brainstorming est mort, vive le brainwriting

Repéré par Cyril Simon, mis à jour le 05.08.2016 à 15 h 20

Repéré sur Fast Company

Donner son avis à voix haute et devant ses collègues ne serait pas aussi productif qu’escompté. Place aux stylos et aux petites bouts de papier.

Une méthode plus silencieuse nécessitant un crayon concurrence le brainstorming | Krzysztof Puszczyński via Flickr CC License by

Une méthode plus silencieuse nécessitant un crayon concurrence le brainstorming | Krzysztof Puszczyński via Flickr CC License by

L’information risque de remuer les méninges des managers. Bien qu’elle semblait incontestable, la méthode du brainstorming voit la concurrence se réveiller. Il faut dire que l’écart entre la théorie et la pratique de ce qu'on appelle en France les «tempêtes d'idées» est conséquent. Entre celui qui monopolise la parole, sa voisine toute rouge et paniquée, celui dans la lune qui perd son idée à force d’écouter celui qui monopolise la parole, l’horloge tourne.

«Le brainstorming est un processus complexe où les gens sont en train d’essayer d’écouter, de rebondir, de collaborer et de construire, observe Paul Paulus, professeur de psychologie à l’université du Texas. C’est fastidieux, difficile psychologiquement et les gens ne ne s’en sortent pas très bien».


Un dérivé de cette technique s’immisce donc depuis quelques années dans le monde de l’entreprise. Son nom: le brainwriting. Dans les faits, cela consiste à écrire ses idées sur un bout de papier au lieu de s’exprimer à voix haute. À chaque tour, chacun lit les idées des autres en silence tout en continuant de noter ses réflexions.

Il ne s’agit pas d'annihiler la fertilité de l’émulation collective, mais d’éviter que des personnalités restent effacées et de ne conserver que les qualités respectives du brainstorming et de la méthode individuelle. En pratique, beaucoup utilisent le stratégie du «6-3-5». Traduction: six personnes doivent inscrire trois idées sur un laps de temps de cinq minutes. L’opération doit être répétée six fois, ce qui permet d’obtenir 108 idées.


Une équipe de chercheurs américains, rattachée à l'organisation Human Factors and Ergonomics Society, a réalisé un test grandeur nature. Les cinquante-sept informaticiens et ingénieurs d'une entreprise de technologie très cotée à travers le monde ont été répartis dans différents groupes. En sont ressorties trois grandes tendances. Les groupes de brainwriting ont 37% d’idées supplémentaires que les personnes restées seules. Second enseignement: la meilleure stratégie pour réaliser un «grand bond de créativité», explique Paul Paulus, consiste à démarrer en groupe puis prolonger la réflexion seul –juste après la réunion afin de garder les stimuli intellectuels en feu.

Enfin, il est conseillé de privilégier la méthode asynchrone, c’est-à-dire d'alterner les phases solitaires et les phases de brainwriting. Cinquante idées ont émergé à la minute avec cette méthode contre vingt-neuf seulement chez un groupe consacré pleinement au brainwriting. Conclusion: mieux vaut tempérer l’intensité des interactions pour ne pas se focaliser sur les idées des collègues. Car paradoxalement, travailler seul permet de se nourrir des réflexions de l'autre. Moralité: éviter de parler pour ne rien dire.

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