Monde

La coalition anti-Daech sait par où passent les djihadistes qui se rendent en Syrie

Repéré par Cyril Simon, mis à jour le 28.07.2016 à 17 h 53

Repéré sur New York Times

Washington a annoncé avoir récolté via la coalition arabo-occidentale une mine de renseignements sur des djihadistes partis en Syrie et en Irak ainsi que sur certains ayant choisi de retourner dans leur pays d’origine.

Un panneau indiquant la direction vers le bastion de Daech à Manbij, au nord de la Syrie (23 juin 2016) | DELIL SOULEIMAN/AFP

Un panneau indiquant la direction vers le bastion de Daech à Manbij, au nord de la Syrie (23 juin 2016) | DELIL SOULEIMAN/AFP

Il s’agit de la plus grosse saisie d’informations depuis l’intervention du raid américain dans la maison d’un responsable de Daech en juin 2015. Dix mille documents et 4,5 térabits de données numériques ont été retrouvés dans la région de Manbij, au nord de la Syrie, rapporte le New York Times le 27 juillet 2016. Un mois plus tôt, les milices arabes et les Kurdes de Syrie, appuyées par les États-Unis, avaient chassé Daech de ce point d’entrée du califat, situé entre la frontière turque et Raqqa, la capitale autoproclamée.

Les autorités américaines et ses alliés, notamment européens, en savent désormais plus sur les réseaux des soldats étrangers, leur pays d’origine et les chemins empruntés pour accéder aux portes du «califat islamique». «Le but est que nous puissions tracer leurs réseaux depuis la source et pister tous les points de connexion, que ce soit en Europe, en Afrique du Nord, ou en Asie du Sud-Est», a précisé Brett McGurk, le représentant du président des États-Unis auprès de la coalition.

Stopper le flux de combattants étrangers

Il a ajouté posséder davantage d’éléments sur l’un des corridors les plus fréquentés par les djihadistes, celui des terroristes ayant sévi le 13 novembre 2015 à Paris. «Nous avons une meilleure compréhension de la manière dont Daech a facilité l’arrivée des combattants étrangers sur le sol syrien, et de leur départ», développe le colonel Garver, le porte-parole des troupe smilitaires en Syrie. Ce qui nous donne une vision très précieuse de la façon dont stopper le flux de combattants étrangers dans la région.»

Le succès de l’opération de Mambij intervient alors même que les services de renseignements américains se montrent très dubitatifs vis-à-vis des efforts fournis par les autorités turques pour sécuriser la frontière avec la Syrie. Entre 500 et 1.000 personnes la traversent encore chaque mois, selon eux.

Environ 30.000 combattants étrangers se trouvent actuellement sur le territoire du califat autoproclamé, a estimé Jean-Paul Laborde, sous-secrétaire général de l’ONU, lors d’une conférence de presse à Genève le 5 juillet 2016. «Les combattants terroristes étrangers sont très nombreux [en Irak et en Syrie] et, maintenant que l’espace vital de Daech se réduit en Irak, on les voit revenir vers nous, pas seulement en Europe, mais dans leurs pays d’origine comme la Tunisie, le Maroc.» 43.000 combattants, en provenance de 120 pays différents, se sont rendus ou ont essayé de rejoindre la Syrie et l’Irak depuis 2011. Dont 7.400 occidentaux, parmi lesquels plus de 1.000 Français.

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