Monde

Même les conservateurs américains ont aimé le discours d’Obama

Temps de lecture : 2 min

Les élites républicaines n'en peuvent tellement plus de Trump qu'elles ont passé la soirée de la convention démocrate à faire l'éloge d'un président qu'elles critiquent depuis sept ans.

Mercredi soir, lors de la convention nationale démocrate à Philadelphie, le président américain a donné à son pays des raisons d’être optimiste. Dans un style purement Obama, il a fait un discours réaliste quant aux problèmes (économiques, raciaux, politiques) auxquels les États-Unis sont confrontés, mais totalement enthousiaste sur les aptitudes du pays à faire des progrès collectifs malgré tout. Il y a rappelé de manière réconfortante, au milieu d’une époque troublée, que la plupart de nos concitoyens partagent nos croyances dans des valeurs telles que l’honnêteté et la tolérance, dans le fait d’éviter les raccourcis et de ne pas se laisser mal informer ou de céder à la folie. Son discours était exaltant et pas particulièrement partisan. Et nombre de spécialistes conservateurs qui n’ont pourtant pas particulièrement aimé les huit dernières années ont découvert, surtout en le comparant avec le genre de discours tenu par le candidat ouvertement conservateur, qu’ils l’avaient apprécié.

Le blogueur conservateur Erick Erickson, contributeur de FoxNews a même lancé:

«Je ne suis pas d’accord avec de nombreuses politiques ni avec le programme du Président, mais j’apprécie l’espoir et l’optimisme de son discours.»

«J'ai reçu un SMS d’un député républicain qui m’a permis de le tweeter: «C'est nous qui étions censés faire ce genre de discours.»

John Podhoretz, ancienne plume de Reagan et de H.W. Bush:

«Supprimez environ cinq paragraphes de ce discours d’Obama et cela aurait pu être un discours de Reagan. Faites-moi confiance. Je m’y connais.»

Tim Miller, l’ancien porte-parole de Jeb Bush:

«Est-ce qu’un apologiste de Trump pourrait m’expliquer comment un jeune de 18 ans regardant les conventions pourrait vouloir être républicain? Nous renonçons à toute une génération»

Le républicain Rory Cooper:

«Superbe discours. Et on lui a facilité le travail.»

Rich Lowry, rédacteur en chef du National Review:

«L’exceptionnalisme et la grandeur de l’Amérique, une ville qui brille en haut d’une montagne, les documents fondateurs, etc—ils essaient de tout nous piquer»

Ross Douthat, chroniqueur du Times:

«Un discours qui a de quoi rendre malades les élites républicaines (à juste titre) vu ce que leur parti a nommé»

Noah Rothman, de Commentary:

«"Ce que nous avons entendu à Cleveland n’avait rien de particulièrement républicain. Et ce n’était sûrement pas conservateur." - Barack Obama.
...
il a raison.»

Un certain nombre de conservateurs qui ont fait l’éloge d’Obama ont toutefois nuancé leurs louanges: ils gardent l’impression qu’Obama a gouverné en divisant la nation et que les électeurs ont de bonnes raisons de n’être pas satisfaits de la direction que prend le pays. Leurs commentaires ne traduisaient pas un soutien de la présidence actuelle suite à un soudain volte-face politique. Ce qui est compréhensible, étant donné qu’ils sont conservateurs et que les politiques d’Obama sont généralement progressistes. Et pourtant. Qui aurait pensé il y a un an, voire hier encore, qu’ils diraient ce genre de choses? Le monde nous réserve parfois de sacrées surprises.

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