Monde

Le gouvernement chinois veut mettre fin au journalisme indépendant

Temps de lecture : 2 min

Pour l’Administration du cyberespace de Chine, la presse indépendante «viole les réglementations».

Le président chinois, Xi Jinping à Pékin, le 3 juin 2016 | Fred Dufour/AFP
Le président chinois, Xi Jinping à Pékin, le 3 juin 2016 | Fred Dufour/AFP

Il ne fait pas bon écrire librement en Chine. Plusieurs portails d’actualités diffusés par des géants de l’internet chinois comme Sina ou Netease ont été épinglés par l’Administration du cyberespace de Chine (CAC) –le service de surveillance d’internet–, qui leur a demandé de cesser leur activité, rapporte le Guardian.

Selon l’agence Reuters, les agents de surveillance avaient déjà demandé à plusieurs sites de faire des modifications dans des articles lorsque les informations avaient été obtenues à la suite d’une enquête journalistique. Les justifications? Pour le CAC, ces sites internet «violeraient sérieusement les réglementations en vigueur concernant les sites internet et auraient des effets néfastes». Le gouvernement chinois va désormais plus loin dans la censure. Citant un officiel du CAC, le tabloïd contrôlé par le gouvernement, Global Times, écrit que «les portails d’actualités n’ont le droit de publier des articles politiques et sociaux qu’en citant des sources d’agences de presse contrôlées par le gouvernement».

Journalistes «propagateurs du Parti communiste»

Cette censure intervient cinq mois après la visite de Xi Jinping, le président chinois, auprès des instances de presse de l’État à Pékin, où il avait demandé aux journalistes une «parfaite loyauté» et d’être des «propagateurs de la politique et des propositions du Parti communiste».

Après que Lu Wei, l’ex-chargé de la régulation d’internet, avait été renvoyé et remplacé par Xu Lin, proche de Xi Jinping, les actions contre la presse indépendantes se sont intensifiées, note Qiao Mu, professeur de journalisme à l’Université de langues étrangères de Pékin. Il ajoute que l’actualité récente, notamment depuis que les demandes du pays concernant la mer de Chine méridionale ont été rejetées au Tribunal international de La Haye, a inquiété le gouvernement concernant ce qui allait être diffusé dans les médias. «Cela n’a pas été un été calme [...], les autorités ont peur que des articles puissent avoir un effet négatif sur la stabilité de la société», ajoute Qiao. Mais, pour lui, «ce n’est que le début. Le pire s’annonce».

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