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Oui, des esclaves ont participé à la construction de la Maison Blanche

Repéré par Cyril Simon, mis à jour le 27.07.2016 à 16 h 00

Repéré sur New York Times, Politifact

Dans son discours de soutien à Hillary Clinton, Michelle Obama a dit qu’elle vivait «dans une maison construite par des esclaves». Ce qui n’est pas tout à fait exact.

La façade sud de la Maison Blanche, à Washington | HiraV via Flickr CC License by

La façade sud de la Maison Blanche, à Washington | HiraV via Flickr CC License by

Lundi 25 juillet, Michelle Obama a apporté un soutien passionné à la candidate Hillary Clinton, lors de la Convention du Parti démocrate. Alors que la grande majorité des observateurs politiques estime que ce discours peut relancer la campagne de la rivale de Donald Trump, les fact-checkeurs de Politifact se sont intéressés à une autre phrase du discours de la Première dame: «Je me réveille chaque matin dans une maison construite par des esclaves.»

La Première dame des États-Unis n’a pas tort mais elle n’a pas entièrement raison non plus. Certes, de 1792 à 1800, des esclaves noirs travaillaient sur le chantier de la Maison Blanche, située entre deux États esclavagistes, la Virginie et le Maryland. Mais ils n’étaient pas les seuls, comme s’accordent à le dire les historiens, notamment ceux de l’Association historique de la Maison Blanche.

Au départ, le chantier ne devait être composé que de travailleurs européens. Leur travail étant jugé pas assez efficace (et peut-être aussi pour réduire les coûts), le recrutement a été ouvert aux ancêtres des Afro-Américains. Rien de surprenant, selon le journaliste Jesse J. Holland, auteur en 2016 du livre intitulé Les Invisibles: l’histoire méconnue des esclaves africains-américains de la Maison Blanche: «la majorité des demeures qui étaient construites dans le Sud durant l’esclavagisme l’étaient par des esclaves», résume-t-il au New York Times. Ces esclaves, dont les identités n’ont jamais été retrouvées, étaient envoyés par leur propriétaire. Ils n’ont jamais appartenu formellement à la présidence, comme le prouve une fiche de travail officielle.

Les esclaves dehors, les blancs à l’intérieur

Reste que la hiérarchie était claire entre blancs, noirs, originaires du coin, d’Europe ou d’Afrique. Les esclaves étaient sans surprise affectés aux tâches les plus ingrates. «Ces esclaves creusaient l’argile avec des pelles à main, travaillant jour et nuit pour livrer la matière première aux briquetiers qualifiés et, en même temps, ils creusaient le terrain qui allait devenir la fondation et la cave de la Maison Blanche», décrit le journaliste Jesse J. Holland dans son livre.

Les immigrants européens, eux, qui, pour la plupart, ne possédaient pas la nationalité américaine, s’occupaient de l’intérieur de la demeure. Les murs de grès ont été érigés par des immigrants écossais, tout comme la rose en haut-relief et les guirlandes situés au-dessus de l’entrée nord. Des immigrants irlandais et italiens se sont quant à eux occupés des briques et des plâtreries. On trouvait également sur le chantier des travailleurs du Maryland et de Virginie.

Après avoir construit la plupart des édifices gouvernementaux de la ville, dont le Capitole, beaucoup d’esclaves sont devenus domestiques. «Jusqu’à 1840, le Congrès n’allouait pas de fonds au président pour entretenir la résidence. C’était à lui de payer les factures d’entretien, et les noirs constituaient une main-d’œuvre idéale et bon marché», expliquait en 2009 Jesse J. Holland à Paris Match. Il faudra attendre 1955 et la nomination de Frederick Morrow comme officier administratif pour les projets spéciaux pour qu’un noir obtienne une haute fonction dans le palais présidentiel.

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