France

Que sait-on de Saint-Étienne-du-Rouvray, la ville où s'est déroulée la prise d'otages?

Camille Jourdan, mis à jour le 26.07.2016 à 16 h 21

Cette jeune banlieue rouennaise de gauche a été victime de désindustrialisation, et le taux de chômage est élevé.

Église Saint-Étienne de Saint-Etienne-du-Rouvray, après la prise d’otages de ce mardi 26 juillet | MATTHIEU ALEXANDRE/AFP

Église Saint-Étienne de Saint-Etienne-du-Rouvray, après la prise d’otages de ce mardi 26 juillet | MATTHIEU ALEXANDRE/AFP

C’est dans cette ville moyenne d’à peine 30.000 habitants que s’est déroulé un nouveau drame, ce mardi 26 juillet 2016, un «ignoble attentat terroriste» commis par «deux terroristes se réclamant de Daech», selon les termes du président de la République.

À 10 kilomètres du centre-ville de Rouen, Saint-Étienne-du-Rouvray tient son nom de son église, l’église Saint-Étienne, scène de la prise d’otages qui a fait une victime. Rouvray est le nom d’une forêt de 2.300 hectares qui borde la ville. Située en Normandie, et plus précisément en Seine-Maritime, Saint-Étienne-du-Rouvray est parfois un lieu de passage pour les touristes qui visitent la région.

Avec ses 29.118 habitants d’après le recensement de janvier 2015, la ville est la troisième agglomération rouennaise. Elle peut également se vanter d’être relativement jeune, 28% des Stéphanais ayant moins de 19 ans. Mais les anciens sont eux aussi restés dans cette ville à l’histoire riche: un habitant sur six a plus de 60 ans.

Une ville traditionnellement communiste

Ville très ouvrière à partir de la fin du XIXe siècle et la Révolution industrielle, notamment avec une société cotonnière prospère, Saint-Étienne-du-Rouvray s’est tournée très tôt vers le communisme. Elle fut d’ailleurs l’une des premières villes françaises à élire un maire du parti dans les années 1920. Depuis, la commune reste à gauche.

En 2002, c’est Hubert Wulfranc qui est élu, sous l’étiquette du Parti communiste. Il n’a pas quitté son poste depuis. En 2014, il a été reconduit à près de 85% au premier tour sous une liste regroupant le Parti communiste, le Parti socialiste et le mouvement Ensemble. En face, une liste «vraiment à gauche», emmenée par le Nouveau Parti anticapitaliste, ce qui montre l’ancrage de la commune sur ce bord politique. Hubert Wulfranc est également conseiller départemental du canton de Saint-Étienne.

Chômage et pauvreté

Victime de la désindustrialisation, Saint-Étienne-du-Rouvray souffre du chômage depuis plusieurs années. Selon l’Insee, 21,9% des Stéphanais âgés de 15 à 64 ans étaient au chômage en 2013. Un taux deux fois plus haut que le niveau national (stable autour de 10% cette année-là). La pauvreté fait également des victimes dans cette banlieue rouennaise, puisque le taux de pauvreté s’élevait à 24% en 2012. 

Mais la ville ne peut se résumer à cela; proche d’une ville étudiante, et à un peu plus d’une heure du Havre, Saint-Étienne-du-Rouvray est aussi une commune qui abrite des centres socioculturels, un conservatoire de musique et de danse, ou encore le Rive-Gauche, salle de spectacle et centre culturel.

Saint-Étienne-du-Rouvray abrite en son sein une église évangélique, une association musulmane, et deux églises catholiques, dont celle qui a été attaquée ce mardi 26 juillet.

Camille Jourdan
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Journaliste
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