Science & santé

Cinq histoires de baleines pour égayer votre été

Robin Panfili, mis à jour le 04.08.2016 à 10 h 59

Les baleines ont un héros: le professeur Moore. Et quatre autres belles histoires autour de ces animaux majestueux.

Une baleine à bosse au large aperçue sur une côte de l’Équateur, le 21 octobre 2015 | RODRIGO BUENDIA/AFP

Une baleine à bosse au large aperçue sur une côte de l’Équateur, le 21 octobre 2015 | RODRIGO BUENDIA/AFP

Alors que les drames se multiplient et que l’actualité se montre chaque jour plus tragique, que diriez-vous de couper quelques minutes avec le quotidien et de vous changer les idées? Pour mener à bien cet exercice, on m’a donné pour mission de vous offrir de belles choses à lire –ce que nous faisons régulièrement avec l’équipe de Reader.fr– et de partager avec vous l’une de mes passions: les cétacés et, plus précisément, les baleines. Il faut dire que la période s’y prête particulièrement, puisque de nouvelles espèces de baleines auraient été dernièrement découvertes en Alaska.

De la fosse des Mariannes aux rivages de l’Alaska, j’ai donc pioché dans mes archives et dans mes lectures personnelles cinq histoires hors du commun –articles, sons et quelques vidéos– qui s’intéressent à ces animaux majestueux, à leur environnement, à ceux qui les étudient où à ceux qui en prennent soin.

Bonne lecture.

1.La baleine la plus seule au mondeUn mystère de 52 Hz

Voici l’histoire de la baleine «la plus seule au monde» et de ce qui demeure comme l’un des plus grands mystères de nos océans. Repérée dans les années 1990, quelque part dans l’océan Pacifique, cette baleine a pour particularité de chanter avec une fréquence sonore inédite de 52 Hz, plus haute que tous ses autres congénères.

Depuis près vingt ans maintenant, le chant de cette baleine est entendu régulièrement dans nos océans, mais personne ne l’a encore aperçue. Nul ne sait à quoi elle ressemble, si elle est en bonne santé ou bien si elle vit véritablement seule. La légende urbaine, qui aime la présenter comme un animal esseulé et abandonné par ses pairs, a fait son chemin... mais la réalité n’est peut-être pas aussi simple.

«The Legend of the Loneliest Whale in the World»
À lire sur Slate.com et sur le site de la BBC.

2.L’homme qui parlait aux baleinesLe chant des profondeurs

Plonger dans le noir des océans, à plusieurs mètres de profondeur, et attendre que les baleines se mettent à chanter. Remonter à la surface, bredouille, avant de replonger à nouveau. Deux fois, dix fois, cent fois. Voilà le quotidien de James Nestor, écrivain et journaliste, passionné de baleines. Il étudie leur comportement mais, surtout, leur mode de communication par «clics».

Dans un silence absolu, en apnée, il part explorer les fonds marins à la rencontre de baleines. Il les filme, quand l’occasion se présente, et les enregistre, lorsque c’est possible. Dans un magnifique article publié dans le magazine Avaunt, en décembre 2015, James Nestor raconte ses aventures, ses explorations et ses surprises. Des histoires à couper le souffle qui donnent envie d’une seule chose: enfiler une combinaison et plonger avec lui.

«The Man Who Talks To Sperm Whales»
À lire dans le magazine Avaunt.

3.À la rescousse de l’insauvable
Le sédatif qui pouvait tout changer

Les baleines, piégées dans les filets de pêche, ont un héros: le professeur Moore. Ce biologiste a dédié sa vie au sauvetage de baleines mourantes en développant un sédatif permettant aux humains d’intervenir au plus près d’elles pour les libérer. Un jour de janvier, en Floride, lui et son équipe plongent pour venir en aide à un cétacé nommé Bayla. Et, en quelques minutes seulement, c’est le travail de toute une vie qui est mis à l’épreuve. Les sacrifices d’une vie, les années de recherche, sont-ils suffisants pour atteindre l’objectif qu’il s’était fixé, plusieurs décennies en arrière?

Cette histoire, finaliste du prix Pulitzer 2015, est remarquable, belle, immersive. Elle raconte, en parallèle, la vie de la baleine Bayla et celle du professeur Moore, tombé amoureux des ces animaux à l’âge de 23 ans. Une lecture indispensable (vraiment).

«Chasing Bayla»
À lire sur le site du Boston Globe.

4.Les baleines qui sauvent des viesL’altruisme en milieu marin

C’était une scène incroyable, car inédite. Imaginez-vous, d’abord, un phoque, esseulé sur un bout d’iceberg à la dérive, dans l’Antarctique, entouré par plusieurs orques prêtes à attaquer. Elles rôdent autour du glaçon, tentant de le faire basculer et de déséquilibrer le phoque. Imaginez, ensuite, l’arrivée soudaine d’un couple de baleine, comme des super-héros, venues intimider les orques et abriter le phoque en hauteur, hors de leur portée.

Pourquoi les baleines viennent-elles en aide à d’autres espèces? Par altruisme, gentillesse ou par volonté d’inculquer la tolérance aux baleines les plus jeunes? Science Magazine s’est penché sur le sujet et évoque plusieurs hypothèses qui rejoignent sensiblement toutes la même conclusion: les baleines sont des animaux incroyables.

«Why Did a Humpback Whale Just Save This Seal’s Life?»
À lire sur le site de Science Magazine.

5.Écoutez et regardez les baleinesTendez l’oreille, ouvrez les yeux

Le chant des baleines est unique. Tellement unique qu’il est très difficile à comprendre et à décoder. Voilà pourquoi, depuis plusieurs années, des chercheurs s’emploient à les enregistrer pour en étudier les caractéristiques et les particularités. À l’image de l’Agence américaine d’observation océanique et atmosphérique (NOAA) qui, en juillet 2015, a plongé un micro dans la fosse des Mariannes, l’endroit le plus profond de nos océans enregistré à ce jour.

Le NOAA y a enregistré plusieurs chants et gémissements venant contredire l’idée reçue très répandue selon laquelle les fonds marins les plus profonds seraient également les plus silencieux. Nous avions relayé quelques extraits sonores, en mars, avec, par exemple, le chant d’une baleine durant un séisme de magnitude 5:

Le gémissement d’une baleine pendant ce même séisme:

La BBC, de son côté, vous propose d’écouter le chant de baleines boréales sur son site internet. Ces chants ont été enregistrés en Alaska, en janvier 2015. Au rayon vidéos, en voici une première, filmée par un groupe de pêcheurs au large des côtes australiennes, qui montre plusieurs baleines se balader autour de leur embarcation.

Et, enfin, cette vidéo, filmée dans un port de la marina de Knudson Cove, dans l’Alaska, où l’on aperçoit une baleine venir se nourrir à quelques centimètres du ponton.

Robin Panfili
Robin Panfili (190 articles)
Journaliste à Slate.fr
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