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Pour obtenir la nationalité danoise, il faut passer un test si difficile que même les Danois le rateraient

Temps de lecture : 2 min

Au Danemark, pour obtenir la naturalisation, il faut bien connaître sa leçon.

Le 12 novembre 2015, des migrants prennent le train pour Copenhague à la gare allemande Flensburg | CARSTEN REHDER/DPA/AFP
Le 12 novembre 2015, des migrants prennent le train pour Copenhague à la gare allemande Flensburg | CARSTEN REHDER/DPA/AFP

Combien compte-t-on de villes en France? La réponse est loin d’être évidente, et pourtant c’est face à ce type de questions que les candidats à la naturalisation danoise doivent désormais plancher, rapporte le quotidien The Local. Résultat, ce nouveau test, passé pour la première fois en juin par 2.400 aspirants danois, a un taux de réussite exceptionnellement faible: 31.2%.

Au programme pour les postulants, quarante questions en quarante-cinq minutes. Trente-deux bonnes réponses sont exigées pour obtenir le précieux sésame de ce pays élu pour la troisième fois consécutive le plus heureux du monde. «Il ne fait aucun doute que le test vise à décourage les migrants de venir ici, conclut le rédacteur en chef du site Politiken Jakob Nielsen. Certaines questions sont juste ridicules, de nombreux Danois ne pourraient même pas y répondre.»

Luc de Visme, un Français de 70 ans résidant au Danemark depuis quarante-quatre ans qui a réussi à passer le test, admet auprès de l’AFP qu’il a répondu au hasard à huit des quarante questions. «Le gouvernement danois est en train de faire en sorte d’éviter de recevoir de nombreux personnes provenant de l’extérieur, réfugiés et migrants classiques réunis», lâche-t-il.

C'est la première fois que les autorités soumettaient ce questionnaire. Les libéraux-conservateurs, revenus au pouvoir en 2015, ont en effet souhaité mettre à jour ce test qu’ils jugeaient trop facile (il fallait notamment vingt-deux bonnes réponses sur quarante pour réussir) depuis que le gouvernement y avait appporté des modifications en 2014.

Mériter sa citoyenneté

«La citoyenneté est quelque chose qui se mérite», martèle aujourd’hui la ministre de l’Intégration Inger Støjberg, qui juge que le taux d’échec au test vient d’un manque de préparation des candidats. The Local, qui s’est permis de soumettre le test à ses lecteurs, n’est pas du même avis. Voici un échantillon des questions surprenantes posées début juin aux candidats à la naturalisation:

  • Quel restaurant danois a décroché la troisième étoile du Guide Michelin en février 2016?
  • Dans quelle constellation l’astronome Tycho Brahe a découvert une étoile au XVIe siècle?
  • Quelle est la trame du ballet La Sylphide, dévoilée en 1836?
  • En quelle année est sorti le premier volet de The Olsen Gang?

La réponse à cette dernière question cinématographique est 1968 mais même l’acteur principal de ce film, Morten Grunwald, a avoué à une radio danoise ne plus s’en souvenir.

L’année 2016 restera marquée par le restrictions des droits d’entrée sur le territoire daonois. En janvier, il a été demandé aux réfugiés d’abandonner leurs biens les plus précieux pour payer une partie du logement. Les conditions du regroupement familial ont également été durcies envers les couples dont l’un des membres est originaire d’un pays étranger. Depuis mars, une loi demande à ce que l’on teste la «capacité d’intégration» des enfants migrants de plus de 6 ans dont l’un des deux parents vit toujours dans le pays d’origine.

En France, le test de culture générale n’a pas tenu plus de trois mois. Lancé en juillet 2012 sur une proposition de l’ancien ministre de l’Intérieur, Claude Guéant, il a été supprimé par Manuel Valls peu après son arrivée place Beauvau, et remplacé par un «guide citoyen» distribué en amont d’un entretien individuel.

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