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L’auteur de la tuerie de Munich jouait à Counter-Strike. Et alors?

Repéré par Annabelle Georgen, mis à jour le 25.07.2016 à 17 h 03

Repéré sur Spiegel TV, Spiegel

Et voilà revenu le débat sur la dangerosité supposée des jeux vidéos violents.

Les clichés sur la violence engendrée par les jeux vidéo sont légion | Brendan Riley via Flickr CC License by

Les clichés sur la violence engendrée par les jeux vidéo sont légion | Brendan Riley via Flickr CC License by

Parmi les premières informations qui ont filtré dans la presse allemande au sujet de l’adolescent qui a abattu neuf personnes à Munich le vendredi 22 juillet 2016 durant le week-end qui a suivi le massacre, un détail a particulièrement focalisé l’attention outre-Rhin: Ali David Sonboly passait des heures à jouer à Counter-Strike, ce jeu de tir à la première personne très populaire à travers le monde, lors duquel plusieurs équipes de joueurs s’affrontent en ligne.

D’après les informations diffusées par Spiegel.TV, l’adolescent y utilisait des pseudos qui trahissaient ses desseins criminels, tels que «Amok» et «Hass» (qui signifie haine). Mais cette seconde information semble être passée à la trappe, à en voir les nombreux commentaires de lecteurs indignés et la nuée de tweets réunis sous le hashtag #Killerspiele («jeux de tueurs»), les uns faisant le parallèle désormais classique entre jeux vidéo et violence, les autres criant halte aux raccourcis faciles, avec quelques détournements bien sentis.

Gamers vs responsables politiques

Le ministre de l’Intérieur allemand Thomas de Maizière a mis de l’huile sur le feu en déclarant qu’«il ne fait aucun doute que l’intolérable ampleur de jeux sur internet qui font l’apologie de la violence a aussi des conséquences néfastes sur le développement des jeunes gens».

Toutes ces réactions confondues ont particulièrement agacé le journaliste allemand Markus Böhm, spécialiste du web au Spiegel Online, qui estime que l’intensité de cet énième débat au sujet de la dangerosité supposée des jeux vidéos violents, qui n’attend qu’une occasion comme celle-ci pour être ravivé, ne montre qu’une chose: «Les relations entre, d’un côté, les gamers et, de l’autre, les médias et les responsables politiques posent problème, elles semblent empoisonnées. Beaucoup de clichés sont brassés, on parle les uns sur les autres plutôt que de se parler. Il y a peu d’écoute et de confiance.»

Le journaliste plaide pour plus de compréhension mutuelle et rappelle que ces groupes ne sont pas homogènes: «Ces groupes sont en constante transformation, sans compter que les gamers sont souvent journalistes ou que les députés du Bundestag sont fans de jeux vidéos.»

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