Sciences

Avoir les gènes de trois parents permettrait de mieux vieillir

Temps de lecture : 2 min

Les «bébés à trois parents» en font hurler plus d'un sur un plan bioéthique, mais une étude tend à prouver que le transfert mitochondrial est plutôt une très bonne nouvelle sur un plan médical

Une séquence d'ADN | via Pixabay CC 0 public domain License by
Une séquence d'ADN | via Pixabay CC 0 public domain License by

L'ADN mitochondrial (ou ADNmt) intervient dans bon nombre de processus vitaux, notamment la respiration cellulaire, pour laquelle il collabore avec l'ADN «classique», présent dans le noyau des cellules. Une étude publiée dans Nature le 6 juillet laisse entendre que la santé et la longévité d'un organisme pourraient être liées au mélange entre gènes des mitochondries et des chromosomes –et plus les premiers sont différents des seconds, mieux c'est.

Une configuration rendue aujourd'hui possible chez les bébés dits à «trois parents». Des enfants ayant hérité, comme tout le monde, de l'ADN nucléaire d'une mère et d'un père, mais chez qui l'ADN mitochondrial est issu, par transfert d'ooplasme, d'une deuxième «mère», celle qui a fait don de son ovocyte. Cette procédure permet aux femmes porteuses de mutations délétères pour leur descendance de se reproduire malgré tout, sans risquer la vie et la santé de leurs enfants.

Les mitochondries sont souvent qualifiées de «centrales énergétiques» des cellules, car elles se servent de l'oxygène pour produire de l'ATP, le carburant de tous les processus cellulaires. Issues, voici à peu près 2 milliards d'années, de la symbiose d'une bactérie et d'un autre organisme, elles gardent la trace de cet héritage dans un ADN bien à elle.

L'étude de Nature porte sur des souris génétiquement modifiées pour renfermer des ADN mitochondrial et chromosomique ayant 34 bases de différence –soit pas grand chose puisque, précisent les chercheurs, c'est à peu près le même degré de variabilité que l'on observe entre un Africain et un Eurasien moyens.

Les souris ont été soumises à tout un tas de tests visant notamment à examiner leur métabolisme et diverses fonctions physiologiques et biochimiques. Les souris porteuses d'un ADNmt «étranger» avaient une durée de vie médiane plus longue (sans que cela améliore significativement leur durée de vie maximale) et étaient bien moins sujettes au cancer. De même, les cellules de ces souris réagissaient bien mieux au stress oxydatif –un phénomène en corrélation directe avec le vieillissement– et les animaux avaient moins de cholestérol. Selon les scientifiques, il est probable qu'une adjonction d'ADNmt «promeuve un vieillissement plus sain».

En attendant d'être validée sur des humains, dont la complexité génétique est éminemment plus élevée que celle des souris de laboratoire, cette étude montre que différentes variantes d'ADNmt peuvent affecter les fonctions et le métabolisme des cellules et, dès lors, jouer un rôle très important sur la santé de l'organisme concerné tout au long de sa vie. Un rôle jusqu'ici insoupçonné.

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