Monde

Le porno à la demande disparaît des hôtels, et ça n’a rien à voir avec la morale

Temps de lecture : 2 min

C’en est presque fini des vidéos pornographiques à la demande dans les hôtels. Mais l’hôtellerie ne dit pas pour autant adieu au porno.

La consommation de films pornographiques changent, les hôtels s'adaptent | Nevit via Flickr CC License by

Mini-révolution dans les chambres d’hôtel. Leurs catalogues de vidéo à la demande se délestent petit à petit des contenus pornographiques, rapporte The Atlantic. Les groupes Hilton et Hyatt furent les pionniers en 2015. Intercontinental a pris le train en février 2016. Et tout cela à première vue au nom de la morale et du respect de la femme. «De plus en plus d’hôteliers commencent à reconnaître que la pornographie est une source de profit en partie liée à la prostitution, au trafic de drogue et à la violence sexuelle», estime Dawn Hawkins, le directeur exécutif du National Center on Sexual Exploitation (NCSE, c’est-à-dire le Centre national contre l’exploitation sexuelle).

Reste que, si tous ces groupes ont désormais l’assurance de ne plus figurer dans le «Dirty Dozens» –une sorte de liste noire des grands groupes diffusant des films pour adultes mis à jour par le NCSE–, la majorité des hôtels ne disent pas vraiment adieu au porno. En fait, c’est surtout le mode de consommation du porno qui a changé: une bonne connexion wifi suffit désormais au bonheur des clients.

«Je pense qu’aucun hôtel ne s’est débarrassé du porno parce qu’il a eu une illumination comme Paul sur le chemin de Damas et qu’il s’est dit: “Oh, c’est terrible, nous ne pouvons plus supporter cela”, avertit Jason Clampet, cofondateur de Sikft, un magazine spécialiste du voyage. Je pense qu’ils se sont juste dit qu’ils n’en tiraient plus beaucoup d’argent.» Les profits liés au porno à la demande ont en effet chuté de moitié depuis 2007, expliquait en 2015 un expert à Breitbart. De quoi remettre en cause les préoccupations morales avancées par les chaînes hôtelières, qui auraient pu choisir, comme McDonalds ou Starbucks, de bloquer l’accès wifi aux sites pornographiques.

Le sous-texte de la déclaration du groupe Hilton à l’été 2015 est d’ailleurs assez éloquent sur cette conversion: «Nous tenons à offrir à nos clients un haut niveau de choix et de contrôle durant leur séjour avec nous, notamment au niveau de l’accès au wifi sur vos appareils personnels. Cependant, nous avons écouté avec attention nos clients et en avons conclu que les vidéos pour adulte à la demande ne correspondaient pas à la vision et aux objectifs que s’est lancés l’entreprise.» Les clients, ce sont ceux passés au streaming et aux sites en ligne, les jeunes donc, cette cible partie découcher chez le concurrent Airbnb, et qu’il leur faut reconquérir .

Et puis quelques irréductibles hôteliers continuent à subvenir aux besoins d’une clientèle bien précise, déconnectée et/ou encore attaché aux vidéos à la demande. Cette clientèle, Jason Clampet la résume ainsi: c’est «le profil type vice-président souvent en déplacement, qui a son ordinateur professionnel IBM ou Lenobo et qui est stressé à l’idée de passer en navigation privée et d’avoir des problèmes au travail».

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