Monde

Trump veut semer la peur avec de fausses statistiques sur la criminalité

Temps de lecture : 2 min

Selon les chiffres du FBI, les crimes violents sont en baisse aux États-Unis depuis 1990 mais l’équipe de Trump insinue que ces statistiques sont fausses.

Le candidat républicain à la présidentielle américaine Donald Trump à la Convention républicaine, le 21 juillet 2016, à Cleveland, dans l’Ohio | Brendan Smialowski/AFP
Le candidat républicain à la présidentielle américaine Donald Trump à la Convention républicaine, le 21 juillet 2016, à Cleveland, dans l’Ohio | Brendan Smialowski/AFP

Après une introduction par Ivanka Trump, qui a décrit son père comme quelqu’un qui «ne voit pas la couleur de la peau» et «traite les hommes et les femmes de façon égale», le candidat républicain Donald Trump a entamé un discours centré sur la restauration de l’ordre et de la sécurité:

«J’ai un message pour vous tous: la criminalité et la violence qui accablent aujourd’hui notre nation prendront bientôt fin. À partir du 20 janvier 2017, la sécurité sera rétablie.»

Le discours de Trump, qui a officiellement accepté la nomination du Parti républicain, part du principe que le problème principal des Américains en 2016 est la criminalité: «Des décennies de progrès pour faire chuter la criminalité sont actuellement remises en question à cause du repli des forces de police voulu par le gouvernement actuel.»

Or, bien que les dernières semaines aient été particulièrement violentes et que le nombre de meurtres soit en augmentation dans certaines grandes villes, les statistiques globales contredisent la rhétorique du candidat. Ce graphique du FBI montre une baisse des crimes violents entre 1990 et 2014 (les statistiques ne sont pas encore disponibles pour 2015).

Mensonges

Trump a aussi déclaré que les décès de policiers dans l’exercice de leur fonction avaient augmenté de 50% par rapport à 2015. Comme le note l’Associated Press, l’augmentation a en fait été très légère: on est passé de soixante-deux à soixante-sept décès sur la même période de l’année.

De même, le candidat a expliqué que «près de 180.000 immigrés illégaux avec des casiers judiciaires, et en attente d’expulsion, rôdent ce soir librement pour menacer les citoyens tranquilles». Or, parmi ces sans-papiers, beaucoup n’ont un casier judiciaire que pour des infractions administratives liées à leur statut d’immigré sur le territoire illégalement. Les présenter comme des dangers publics est un mensonge.

En ce qui concerne les chiffres généraux sur la criminalité, le manager de campagne de Trump, Paul Manafort, a été interrogé sur le sujet par CNN à la Convention. Le journaliste lui a rappelé que les statistiques du FBI indiquaient une baisse, ce à quoi Manafort a répondu: «Mais le FBI est suspect après ce qu’ils ont fait avec Hillary Clinton et, en ce qui concerne la criminalité dans certains quartiers, les gens ne se sentent pas en sécurité».

Chaque année, 18.000 départements de police envoient leur données au FBI pour qu’elles soient compilées, et ces statistiques ont été enregistrées sous plusieurs gouvernements différents, démocrates et républicains. Mais, selon l’équipe de Trump, tout cela serait faux simplement parce que le FBI a refusé de condamner Clinton dans l’affaire de ses e-mails au département d’État...

Comme souvent, Trump et ses collègues ne s’intéressent pas aux faits. Dès que le texte du discours de clôture de la Convention a fuité, les médias américains ont commencé leur travail de vérification et pointé de nombreuses autres inexactitudes.

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