Monde

Eh bé, Ted Cruz, vlà la surprise pour les anti-Trump

Rachael Larimore, traduit par Peggy Sastre, mis à jour le 22.07.2016 à 9 h 15

Lors de son discours à la Convention républicaine, le sénateur Cruz a ravi les partisans du «Tout sauf Trump».

Le sénateur Ted Cruz après son discours à la Convention républicaine, le 20 juillet 2016, à Cleveland, dans l’Ohio | CHIP SOMODEVILLA/GETTY IMAGES NORTH AMERICA/AFP

Le sénateur Ted Cruz après son discours à la Convention républicaine, le 20 juillet 2016, à Cleveland, dans l’Ohio | CHIP SOMODEVILLA/GETTY IMAGES NORTH AMERICA/AFP

Personne ne pouvait prédire ce qu’il allait en être de l’intervention de Ted Cruz à la Convention républicaine, vu qu’il avait accepté d’y apparaître tout en refusant de soutenir formellement Trump. Mais jamais je n’aurais pu parier sur un tel feu d’artifice.

Si d’autres Républicains d’envergure se sont évertués à ne pas se mettre les partisans de Trump à dos, tout en gardant leurs distances avec le milliardaire, mercredi 20 juillet au soir à Cleveland, Cruz a tout donné à la tribune. Le seul candidat qui aura véritablement pu faire de l’ombre à Trump lors de la primaire a déroulé un laïus enlevé sur la liberté, grande tradition américaine, et la fière histoire du Parti républicain. Pour autant, et malgré les huées, il n’a pas appelé à voter Trump. Des huées que Cruz semblait attraper au vol comme des points supplémentaires d’énergie. Une énergie dont avaient bien besoin les partisans du «Tout sauf Trump» pour recouvrer un peu d’espoir

Que des vieux Républicains en fin de course politique –les Bush, Mitt Romney ou même John McCain– aient pu assez facilement conspuer Trump et ne pas mettre un pied à la Convention, certes, mais cette ligne de conduite est autrement plus difficile à tenir quand vous envisagez un avenir quelconque dans le parti. Quelques rares élus s’y sont risqués. D’autres ont trouvé d’ingénieux prétextes pour ne pas pointer leur nez à Cleveland. Le sénateur de l’Illinois Mark Kirk –premier politique à désoutenir Trump– a plaisanté sur un rendez-vous chez le coiffeur qu’il n’avait pas réussi à décaler. De son côté, le sénateur de l’Arizona Jeff Flake a affirmé qu’il avait sa pelouse à tondre.

Pâle figure à côté de Cruz

Et d’autres ont globalement déprimé ceux qui, parmi nous, espéraient percevoir un peu de poigne et de détermination lors de cette grand messe. Nikki Haley, gouverneure de Caroline du Sud, avait d’abord refusé l’invitation, pour finalement intervenir à Cleveland et dire combien il fallait que Hillary Clinton soit battue, sans jamais citer Trump. Paul Ryan, en tant que président de la Chambre des représentants, est dans la pire des positions et je ne l’envie pas. Il avait commencé par refuser d’accorder son soutien à Trump, posture qu’il a réussi à tenir tout un mois durant. Sauf qu’au lieu de profiter de son avantage politique pour oser frapper un grand coup il a finalement appelé à voter Trump dans son discours. Insupportable, j’ai dû changer de chaîne.

C’est à Marco Rubio que revient sans doute le choix le plus bizarroïde, lui qui a accepté d’apparaître lors de la Convention, mais en images. Son petit film était à mi-chemin entre le clip de campagne et la vidéo d’otage. Avec le recul, sa manœuvre semble parfaitement stupide. Il voulait probablement passer pour courageux, il a eu l’air d’un pleutre.

Tous font aujourd’hui bien pâle figure face à Cruz. Pour ceux qui ont regardé le vote des délégués lundi 18 en espérant assister à un événement relativement historique, avec une Convention républicaine actant des fissures au sein du parti, la déception aura été cuisante. En fin de compte, c’est peut-être l’allocution de Cruz qui restera comme le moment fort de cette Convention.

Rachael Larimore
Rachael Larimore (4 articles)
Journaliste
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