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Pour la Turquie, l'Iran est un ami, la France est injuste

Temps de lecture : 2 min

Image de Une: Drapeau turc, KLMircea, Flickr, CC
Image de Une: Drapeau turc, KLMircea, Flickr, CC

Dans une longue interview au quotidien britannique The Guardian, le premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan explique les positions de son pays sur les relations internationales, de son soutien à l'Iran, pays «ami», à la perception de plus en plus critique envers les pays européens et le dédain qu'ils ont parfois envers la Turquie.

«Il ne fait aucun doute que l'Iran est un ami, affirme Erdogan. En tant qu'ami, nous avons eu de très bonnes relations jusqu'ici et n'avons rencontré aucune difficulté.» Cette bienveillance envers l'Iran a de quoi surprendre certains occidentaux qui voient en la Turquie une démocratie tournée vers l'ouest, membre de l'Otan depuis 1952.

Mais c'est oublier qu'Erdogan fut l'un des premiers à féliciter Ahmadinejad après sa réélection de juin dernier, ignorant les manifestations de masse et les inquiétudes de la communauté internationale sur la légitimité du vote. Le premier ministre turc se délace cette semaine à Téhéran pour y rencontrer Ahmadinejad et l'Ayatollah Khamenei et discuter des liens commerciaux entre les deux pays. Mais a dores et déjà prévenu qu'il n'y abordera pas les problèmes internes iraniens, et notamment la forte répression de l'opposition depuis les élections, car cela représenterait une «interférence» avec les affaires intérieures iraniennes.

Et les adversaires du premier ministre en Turquie l'accusent de vouloir transformer le pays en un Etat religieux ressemblant à l'Iran.

Sur l'entrée de la Turquie dans l'Union européenne, Erdogan se montre moins clément:

Parmi les dirigeants européens, certains comme en France ou en Allemagne ont des préjugés sur la Turquie. Sous Chirac, nous avions de très bonnes relations [avec la France] et il était très positif envers la Turquie. Mais sous Sarkozy, ce n'est pas la même chose. C'est une attitude injuste. L'Union Européenne viole ses propres règles. Etre dans l'Union européenne nous permettrait de construire des ponts entre le monde musulman, qui compte 1,5 milliard d'individus, et le reste du monde. Il faut qu'ils s'en rendent compte. S'ils l'ignorent, cela affaiblira l'UE.

«Amical envers la théocratie religieuse qu'est l'Iran, cupide et de plus en plus pleine de ressentiment envers une Europe séculaire mais dédaigneuse: cela résume parfaitement la dichotomie est-ouest de la Turquie» écrit le quotidien britannique.

[Lire l'article complet sur guardian.co.uk]

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