Culture

Des chercheurs veulent savoir ce qu’il se cache derrière vos «Trop mignon!!!»

Temps de lecture : 2 min

Des scientifiques cherchent à comprendre ce qui attendrit le public.

Image tirée du clip d'une chanson de Kumamon

Connaissez-vous Kumamon? C’est un ours noir aux joues roses, aux grands yeux très ouverts et extrêmement câlin avec ceux qui l’approchent. Ce personnage japonais, évidemment fictif, n’est pas une gentille bestiole de dessin animé comme Pikachu, ni même l’icône d’une marque comme Hello Kitty. Kumamon est la «mascotte» de la préfecture de Kunamoto, créée pour booster le tourisme et la production agricole locale. Pas très sexy comme fonction et pourtant il fait fondre les Japonais. Pourquoi? Parce qu’il est «kawaii», c’est-à-dire extrêmement mignon aux yeux de ses fans. Jugez plutôt.


Difficile de résister, et ce, même si un simple zoom sur son regard suffit à le transformer en dangereux psychopathe.

Comment expliquer alors son succès et son statut d’icône de la «mignonnerie»? On sait que les visages de bébé (grosses joues et grands yeux) sont des facteurs déterminants. Mais, pour aller plus loin, les institutions japonaises et certains scientifiques travaillent à comprendre les mécanismes qui provoquent ce genre de réactions chez les humains, explique sur son site le Guardian. Joshua Dale, de l’université de Tokyo Gakugei, estime que, pour l’instant, une douzaine de scientifiques dans le monde travaillent sur le sujet mais que la «mignonnerie» est un phénomène en train d’exploser, comme les études sur la pornographie l’ont été par le passé. La force de ce domaine, estime-t-il, c’est qu’il «rassemble des gens de différents champs d’étude pour parler sur le même sujet».

Christine R. Yano, professeure d’anthropologie à l’unversité de Taïwan, signale aussi que «le kawaii joue un rôle important dans le besoin émotionnel. […] [Elle voit] les choses kawaii comment de potentiels générateurs d’empathie». Et quand on sait que le Japon est l’un des pays les plus tristes au monde, comme le soulignait le Japan Times en avril 2016, on peut comprendre l’importance de ces petits personnages adorables.

Reste que les Japonais ne sont pas les seuls à y trouver leur compte. Hiroshi Nittono, directeur du laboratoire de psychophysiologie cognitive d’Osaka, explique l’intérêt des industries et des institutions pour ce champ de recherche: «Les choses kawaii ne sont pas menaçantes, c’est la partie la plus importante, elles sont petites et incapables de faire du mal. Un produit de bonne qualité est quelque peu distant de ses acheteurs; il paraît cher. Mais si vous mettez une nuance kawaii sur ces produits, peut-être que ces objets seront plus abordables.» En clair, un produit mignon attire d’abord l’œil et le toucher, et motive plus facilement l’adhésion et l’acte d’achat.

Si vous n’êtes pas convaincu par l’influence de la «mignonnerie» dans nos vies, et l’importance de l’étudier, un dernier petit test: oserez-vous dire que ces joyeuses accolades de Pikachu vous laissent de marbre? oserez-vous nier leur haut niveau de «mignonnerie»?

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