Science & santéDouble X

On a encore découvert des différences entre cerveaux féminins et masculins

Repéré par Peggy Sastre, mis à jour le 18.07.2016 à 18 h 24

Repéré sur Frontiers in neurology, UCLA

Dans le cadre de recherches sur les effets de la pression artérielle sur l’activité cérébrale, des scientifiques ont observé qu’une partie du cortex insulaire ne réagissait pas de la même manière chez les femmes et chez les hommes. Entre autres répercussions, ces travaux pourraient permettre de mieux expliquer les différences sexuelles en matière de maladies cardiovasculaires et, ainsi, de mieux les soigner.

Chez les femmes, la zone du cortex insulaire reste silencieuse malgré l’augmentation de la pression artérielle | Hey Paul Studios via Flickr CC License by

Chez les femmes, la zone du cortex insulaire reste silencieuse malgré l’augmentation de la pression artérielle | Hey Paul Studios via Flickr CC License by

Dans le cerveau, le cortex insulaire est une zone notamment impliquée dans le ressenti des émotions, la conscience et la modulation de la pression artérielle. Des chercheurs travaillant sur les effets de cette dernière sur l’activité cérébrale ont observé que les cerveaux de leurs volontaires manifestaient une réaction inverse à l’augmentation de la pression artérielle selon qu’ils se cachaient dans une boîte crânienne d’homme ou de femme. Chez les hommes, la zone est suractivée, tandis que, chez les femmes, elle reste silencieuse.

«C’est une zone tellement essentielle du cerveau que nous ne nous attendions pas à trouver des différences aussi importantes entre les cerveaux des hommes et ceux des femmes», explique Paul Macey, professeur à l’école d’infirmier de l’UCLA et auteur principal de l’étude parue le 9 juin dans la revue Frontiers in neurology.

Cette étude en suit d’autres, menées par la même équipe pluridisciplinaire de chercheurs de l’UCLA. Elles montraient que les hommes et les femmes atteints d’apnée obstructive du sommeil manifestaient certaines différences significatives en matière de rythme cardiaque et de débit sanguin cérébral lorsque que leur pression artérielle était modifiée par la manœuvre de Valsalva. Le but de l’étude la plus récente était donc de voir si ces différences se manifestaient aussi chez des individus sains –vingt-deux femmes et trente-six hommes d’une moyenne d’âge respective de 50 et 45,3 ans, ayant effectué une série de quatre manœuvres de 18 secondes chacune au beau milieu d’un tube d’IRMf.

Câblage différent

«Cette région, la partie avant droite du cortex insulaire, est impliquée dans le stress et dans l’élévation de la pression artérielle. Il est possible que les femmes aient déjà activé cette région du fait d’un stress psychologique et que, lors du test physique, il ait été impossible de la réactiver. Mais il est aussi possible que cette région soit câblée différemment chez les hommes et chez les femmes», ajoute Macey.

Pour départager ces deux hypothèses, les chercheurs auraient été grandement aidés s’ils avaient pu trouver dans la littérature scientifique davantage d’études menées sur des femelles, de notre espèce et d’autres –ce qui est loin d’être le cas:

«Nous avons toujours pensé que, pendant un exercice qui augmente la pression artérielle, le schéma cérébral “normal” était de voir [cette partie du cerveau] s’activer davantage que d’autres zones, précise Macey. Sauf que, vu que la grande majorité des études antérieures ont été menées sur des hommes ou des animaux mâles, il semblerait que la réponse “normale” ne concerne en réalité que les hommes. Chez les femmes, la réaction saine semble être une moindre activation

Une étude qui permet d’attester encore davantage de l’existence de différences fonctionnelles (rassurez-vous, les structurelles ne sont pas en reste) entre cerveaux féminins et masculins. Et pour ceux qui seraient tentés de voir dans cette étude la justification de clichés sexistes, qu’ils se rassurent aussi (ou se détrompent): la science est le terrain des jugements de fait, pas de valeur et de telles recherches ne pourraient être que totalement vidées de leur sens si elles servaient à légitimer une quelconque hiérarchie entre les sexes. 

Surtout, toujours selon Macey, ce travail «soulève beaucoup de questions». En particulier, en plus de trouver une explication plus précise à ce «schéma cérébral» différent, les chercheurs voudraient savoir s’il «est le reflet de différences dans des problèmes de santé ne touchant pas les hommes et les femmes de la même manière, notamment dans le domaine cardiovasculaire».

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