France

Il est urgent d’annuler le reste de l’année 2016

Repéré par Vincent Manilève, mis à jour le 16.07.2016 à 16 h 53

Repéré sur Medium, News Thump

«Déconnecter tous les fils, compter six mois, tout reconnecter et remettre tout en marche».

Montage Slate.fr

Montage Slate.fr

À quelques heures du réveillon 2016, les Français n’étaient pas d’humeur à faire la fête. Et pour cause: le pays avait connu deux terribles attentats en janvier et novembre, avec 147 victimes au total. Dans un sondage Odoxa que nous avions alors relayé, 81% des personnes répondaient «mauvaise» quand on leur demandait ce qu’ils avaient pensé de l’année 2015. 31% estimaient même qu’elle avait été «très mauvaise». Titiou Lecoq expliquait que «quand on fait le bilan de 2015, contrairement aux années précédentes, l’individuel s’efface au profit du collectif. “ON” a passé une année de merde.»

Cette année 2016 se devait donc d’être meilleure. Et il y avait de quoi être optimiste: comment imaginer plus tragique que ce que la France a traversé en 2015? Et pourtant, nous voilà à peine arrivés au 16 juillet, et tous les espoirs que l’on avait misés cette année semblent s’être déjà envolés. Quelques heures après la terrible attaque sur la promenade des Anglais à Nice, l’envie de dire au revoir à 2016 est très tentant. Sur internet, le mot «merde» a vite trouvé son nouveau compagnon préféré.

Et c’est vrai que, si l’on s’éloigne quelques instants du drame niçois, les mauvaises nouvelles se sont succédées pendant ces sept premiers mois de l’année. Économie relativement morose, été tardif, conflit social très tendu sur la loi travail, défaite des Bleus en finale de leur propre Euro de football... Rien à voir avec le traumatisme du l'attentat du 14 juillet, mais ces événements participent aussi à la tristesse ambiante. 

Aux Etats-Unis, le constat n’est pas meilleur. Les Américains ont dû affronter la pire fusillade de leur histoire à Orlando et une autre tragédie à Dallas. Le débat autour du port d’armes est plus fort que jamais dans ce pays meurtri par près de 200 fusillades en quelques mois à peine, ce qui a poussé la contributrice Kimberly Harrington à demander l’annulation du reste de l’année 2016 dans un article publié sur Medium: «Voici ce que nous suggérons: couper 2016, déconnecter tous les fils, compter six mois, tout reconnecter, croisez les doigts ou prier ou n’importe quoi, et remettre tout en marche.»

Et si l’on regarde un peu plus loin que notre nombril occidental, on se souvient aussi que l’on a assisté au pire attentat de Daech en Irak, où plus de 200 personnes ont perdu la vie. Au lendemain de la tragédie de Nice, c'était la Turquie qui était le théâtre d'une tentative ratée de putsch, qui a fait au moins 265 morts selon un bilan provisoire... 

À la rubrique nécrologique, le monde culturel aussi a perdu beaucoup de grands artistes et intellectuels français et étrangers, à tel point que l’on s’est demandé en janvier s’il n’existait pas une nouvelle loi des séries. En citant les noms du chanteur Michel Delpech, de l’acteur Michel Galabru, du compositeur et chef d’orchestre Pierre Boulez, du couturier André Courrèges et surtout de David Bowie, le Figaro a parlé «d’année meurtrière». Plus récemment, il a fallu dire au revoir à Johan Cruyff, Mohammed Ali, Harper Lee, Michel Rocard, Elie Wiesel et Michael Cimino.

En reprenant l’exemple du décès de Bowie, le site satirique News Thump expliquait mi-juillet que le chanteur participait scientifiquement à la normalité de notre monde et que son décès avait initié son écroulement:

«Ce que nous percevons comme étant “normal” se révèle être une illusion collective qui s’écroule de plus en plus vite, expliquait un soi-disant scientifique du CERN. Donald Trump en tête des sondages. Hillary Clinton qui est nommée. Boris Johnson qui devient secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères. […] Des choses qui n’arriveraient pas dans un monde sain.»

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